jeudi 21 mai 2026

VENOM #258 (Al Ewing / Carlos Gomez)


Après les obsèques de Paul Rabin, qui s'est sacrifié pour sauver Dylan Brock de Torment, Flash Thompson prend le garçon sous son aile et Mary Jane Watson et Peter Parker conviennent d'un rendez-vous pour faire le point sur leur relation, qui a sensiblement évolué depuis que la jeune femme est le nouvel hôte de Venom...


Bon, tout d'abord, avant de parler du contenu de l'épisode, il faut quand même que je vous parle de Carlos Gomez, et plus spécialement de la manière dont il dessine Mary Jane Watson. Celle qui fut créée visuellement par John Romita Sr. a donc eu de la chance à la "naissance", entendu que Romita Sr. était suprêmement doué pour croquer les (belles) femmes.
 

Mais je dois dire que Carlos Gomez gâte tous ceux qui ont déjà eu le béguin pour MJ. Non, mais regardez les planches qui accompagnent cet article ! En choisir deux a été très difficile tant cet épisode est un festival. Gomez est lui aussi un artiste très doué pour croquer les belles femmes, mais sa MJ est tout bonnement fabuleusement belle.


Et, il ne faut pas se le cacher, c'est une des raisons pour laquelle Venom est devenue une série agréable. Je lis beaucoup de choses négatives sur le fait que le symbiote a maintenant MJ pour hôte, mais souvent j'ai l'impression que ceux qui s'en plaignent ne lisent pas cette série, et croyez-moi, ce n'est pas si incongru que ça en a l'air.


Et après le crossover Death Spiral, MJ et Venom, leur relation, la manière dont elle est appréciée par Peter Parker ou Flash Thompson, ont pris une dimension très intéressante. Je ne veux pas spoiler, mais il s'est passé quelque chose de grave, de troublant, et tout est fait pour que le lecteur ne sache pas qui en est le véritable responsable - MJ ou Venom ou les deux qui se sont entendus.

Bref, moi, je défends cette série, particulièrement depuis que Venom et MJ sont liés. Je n'avais jamais vraiment suivi les aventures du symbiote, même si j'avais bien aimé la période où Flash Thompson avait endossé le rôle de l'Agent Venom (écrite par Rick Remender). Et là, je trouve que c'est une idée au moins aussi riche et originale.

Dans cet épisode, ne vous attendez pas à de l'action. Al Ewing fait le point après Death Spiral. C'était nécessaire, et de toute manière, ça va bientôt à nouveau castagner comme dirait Ben Grimm puisque l'event Queen in Black démarre en Juillet. Mais c'était important de marquer une pause entre Death Spiral et Queen in Black.

D'autant que Ewing ne se contente pas de ça : il revient, le bougre, sur le run, contesté, de Zeb Wells au cours duquel MJ était en couple avec Paul Rabin et qu'ils étaient prisonniers sur la Terre 23321 en ruines à cause du père de Paul (un super vilain nommé l'Emissaire). Paul a ensuite fait de MJ la super héroïne Jackpot grâce à un dispositif de son invention.

Il faut quand même une certaine dose d'audace pour dresser le bilan d'une des idées les plus grotesques qu'a endurée MJ. Mais Ewing a (parfois) le génie pour changer le plomb en or et il utilise donc ce qu'avait imaginé Wells pour alimenter un dialogue très fin, touchant entre MJ et Peter, sur leur relation, et leur avenir.

Séparés durant cette période, ils constatent qu'ils ne sont tout simplement plus les mêmes et qu'il n'est pas question de se remettre en couple. Ce serait déplacé alors que Paul Rabin vient tout juste de mourir et d'être inhumé après s'être sacrifié pour sauver Dylan Brock du tueur en série Torment. Et en vérité, ce n'est pas plus mal.

Parce que, entendons-nous bien, je n'ai rien contre le coupe Peter-MJ et je considère que Marvel abuse d'astuces débiles pour ne pas les remettre ensemble. Mais MJ a souvent été uniquement le love interest de Peter et finalement, maintenant, elle est plus que ça et n'a plus besoin de lui pour exister en tant que personnage.

Si MJ a besoin de Peter pour exister, alors c'est limite insultant pour justifier qu'elle figure dans une série. Evidemment, si Marvel avait pu expliquer ça sans recourir à un personnage dont tout le monde s'est fichu, voire que tout le monde a détesté, comme Paul Rabin, ça aurait été mieux. Mais bon, ce qui a été fait a été fait et il faut à présent en apprécier les conséquences.

Vu la médiocrité de la série Amazing Spider-Man depuis la fin du run de Dan Slott, je me dis que Peter Parker peut bien continuer à endurer des scénaristes mal inspirés et que MJ a de la chance d'avoir été récupérée par Al Ewing. Et celui-ci, en en faisant le nouvel hôte de Venom, lui a donnée une importance qui lui manquait.

Plutôt que d'en faire une héroïne sans avenir comme Jackpot, en faire la nouvelle Venom resitue MJ : elle ne dépend plus de sa relation avec Peter. Et c'est ce que cet épisode assume et impose. Plutôt que de persister à ne voir dans MJ que la moitié amoureuse de Peter, elle est à présent l'héroïne d'une série qui n'a plus besoin ni de Peter ni de Spider-Man.

Je trouve que c'est au moins aussi méritoire que lorsque Jason Aaron avait fait de Jane Foster la puissante Thor. Sauf que tout le monde savait que Odinson allait récupérer Mjolnir et la tête d'affiche de la série. Alors qu'avec Venom, on peut espérer que MJ reste dans l'hôte du symbiote plus longtemps. Et c'est largement aussi bien que Eddie Brick ou Flash Thompson.

L'épisode présente aussi le nouveau look de Venom et c'est justifié de manière assez maline. Bon, je regrette quand même un peu le Venom massif et le contraste avec le physique si avenant de MJ, qui créait un contraste intéressant. Mais Ewing et Gomez font passer la pilule intelligemment.

Lisez Venom, et après vous verrez que ce qui se passe actuellement est loin d'être aussi mauvais que ça peut en avoir l'air. Au contraire même, c'est sans doute une des meilleures séries Marvel actuelles.

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