mercredi 13 mai 2026

BLACK CAT #10 (G. Willow Wilson / Gleb Melnikov)


Black Cat et Venom surprennent J. Jonah Jameson dans la chambre forte de la zone négative et découvrent qu'il y possède une pièce entière contenant des dossiers compromettant sur des super-héros et leur entourage. Pourtant il jure ne pas être le maître-chanteur qui s'en est pris à Mary Jane Watson...
 

Avec cet épisode se conclut l'arc qui a vu Black Cat faire équipe avec Venom, pour aider le nouvel hôte du symbiote, c'est-à-dire Mary Jane Watson. Le dénouement pourra décevoir dans la mesure où la scénariste G. Willow Wilson révèle ce que MJ redoutait qu'on apprenne sur son passé, mais pourra aussi combler ceux qui apprécient la série pour sa légèreté. 


En fait, Black Cat, c'est cela : une série qui refuse obstinément de se prendre au sérieux, qui refuse le drama. Alors, oui, les comics super héroïques se nourrissent de dramas et y tourner le dos, c'est une sorte d'affront, de blasphème. Mais c'est aussi une bouffée d'air frais car cela prouve qu'on peut encore s'amuser des clichés attachés au genre.


C'est en tout cas la raison pour laquelle j'apprécie tant cette série : je ne croyais pas que Marvel soit encore capable de produire ce genre de titres. Marvel, c'est devenu très compliqué depuis quelques années et ça le restera encore tant que C.B. Cebulski restera l'editor-in-chief (ça fera dix ans l'an prochain).


On peut se demander comment celui qui s'est taillé une réputation de dénicheur de talents a pu devenir un patron aussi médiocre, renonçant à toute ambition artistique pour Marvel, et cela donne envie de réévaluer son prédécesseur Axel Alonso. Mais Black Cat montre qu'il laisse une série atypique avoir sa chance, en la confiant à des auteurs qui veulent vraiment faire quelque chose du personnage (en tout cas autre chose qu'un second rôle dans Amazing Spider-Man).

Jed MacKay avait écrit Black Cat comme une série d'aventures mettant l'accent sur le rôle de voleuse de Felicia Hardy. G. Willow Wilson lui a préféré une autre voie en interrogeant ce qui fait l'ambiguïté du personnage, à savoir si elle est une vilaine ou une anti-héroïne. Elle développe cette réflexion sans se prendre au sérieux, en soulignant la difficulté à convaincre qu'on peut changer.

Cet arc avec Venom synthétise le propos de Wilson puisque Black Cat a la possibilité d'aider concrètement une personne qui a toujours douté d'elle, dont elle a toujours été la rivale sentimentale. Est-ce à dire que Black Cat est désormais une héroïne, que tout le monde est persuadé de sa reconversion. Loin s'en faut.

Mais en tout cas, alors que la série a survécu au cap des dix épisodes (limite avant l'annulation), on peut à présent espérer que Marvel laisse Wilson aller encore plus loin. Ce ne sera jamais un best-seller, mais si ça pouvait convaincre l'éditeur qu'il y a encore une place chez lui pour une petite série avec une communauté de fans fidèles, ce serait déjà une grande victoire.

Gleb Melnikov a su saisir la balle au bond et prouver lui aussi qu'il méritait qu'on lui confie un titre mensuel. Pour une fois, on a là un transfuge de DC à qui Marvel accorde sa confiance. Il dessine cette série dans un registre cartoony qui correspond bien à l'humeur des scripts de Wilson, qui fait tout le charme et le sel de ce projet.

Rendez-vous maintenant dans un mois pour une nouvelle aventure - et pour de nombreux autres épisodes !

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