Asia Reaves sort de prison après y avoir purgé une peine de dix ans. Sous une fausse identité, elle se présente au "Virgil", un hôtel particulier, où la reçoit Lilith Woodhouse, la gestionnaire, qui la prend pour la nouvelle femme de ménage et qui lui explique qu'habite là l'élite de la société new-yorkaise. Asia remarque qu'après son entrée tout est bouclé. Elle prend possession de sa chambre et s'endort.
Elle est réveillée brusquement quand quatre individus armés l'agressent et tentent de la chloroformer. Elle se rebelle et s'enferme dans sa penderie. Lorsqu'on l'en déloge, elle est armée d'une machette et tue ses quatre assaillants puis sort dans le couloir où l'attend Lilith qui se demande qui elle est vraiment. Asia lui répond être là pour retrouver sa soeur.
Car, dix ans auparavant, Asia et Maria furent séparées après que la première ait tiré sur leur père, un homme violent, qui les poursuivait. Asia fut arrêtée et Maria laissée à la garde de leur paternel. Les quatre agresseurs d'Asia resurgissent derrière elle et elle découvre qu'ils sont immortels comme tous les locataires et le personnel après avoir passé un pacte avec Satan...
They Will Kill You est le deuxième long métrage de Kirill Sokolov, qui en a co-écrit le scénario avec Alex Litvak. Et, pour vous situer la chose, je pourrai dire que si vous avez aimé Wedding Nightmare (Ready or Not en vo) avec Samara Weaving, alors vous allez adorer ce film qui s'inscrit dans même veine. C'est-à-dire une série B bien sanglante, violente et très drôle surtout.
Jusque dans les années 70 le cinéma américain a produit ce genre de projets pour les séances dans les drive-in. C'étaient des spectacles régressifs qu'on pouvait suivre distraitement au début puis qui réussissaient à vous happer parce que c'était très divertissant. Puis progressivement ils ont disparu, pour devenir des direct-to-dvd qu'on trouvait en promo dans les bacs des supermarchés.
Mais il semble que la mode revient et on peut s'en réjouir car ce sont des films dont ls auteurs ont désormais intégré les codes narratifs et visuels mais qui soignent leur ouvrage de manière à ce qu'ils ne soient plus considérés comme des rebuts du 7ème Art mais une forme à part, des plaisirs coupables certes mais dont on n'a plus honte.
L'argument initial n'a rien de renversant : une jeune femme veut retrouver sa soeur et s'infiltre dans un milieu louche. C'est évidemment à ce moment-là que les choses se compliquent. Ici, comme dans Wedding Nightmare, il y a un élément surnaturel (un pacte satanique conférant l'immortalité à une communauté en échange d'offrandes - des sacrifices humains).
L'héroïne voit sa mission dégénérer quand il lui faut, en plus de tirer sa soeur de cet endroit, sauver leur peau à elles deux. Problème : comment tuer des immortels ? Réponse : en les exterminant de telle manière qu'il ne reste plus rien d'eux qui puisse se régénérer. Pas simple. Encore moins quand il faut se battre contre les résidents d'un immeuble entier et le personnel de maison.
On a donc droit à des combats en rafale à coups de machette, de hache, de fusil, de couteau, de feuille de boucher, de croc de boucher, et même de tête de cochon. L'énormité des affrontements fait tout le sel de l'affaire, comme par exemple quand Asia a l'idée d'enrouler un chiffon autour de la lame de sa hache et de l'enflammer afin de zigouiller plus efficacement ses ennemis.
Quand on lui demande où a-t-elle appris à se battre avec une telle férocité et une telle maîtrise, elle répond naturellement : "en prison". Et un bref flashback nous la montre en train de rosser des co-détenues dans les douches. Cette fille est suprêmement badass, à côté d'elle Samara Weaving est juste une nana qui tente de survivre alors qu'ici elle résiste à tout (couteau planté dans le dos, coup de crosse à la mâchoire, etc.).
Vous pouvez trouver ça absolument débile et vous aurez le droit, mais c'est quand même jubilatoire parce que c'est très bien filmé. Sokolov manie la caméra et le cadre comme un maboul, tournant autour de son héroïne pour mieux nous faire ressentir le vertige qu'elle ressent, le tourbillon qui l'entoure. C'est juste dommage qu'il ne nous gratifie pas de davantage de plans-séquence, car, là, son film s'élèverait vers de cimes ahurissantes.
Mais pour cela le cinéaste peut compter sur une carte maîtresse : Zazie Beetz. La comédienne, qui s'était déjà fait remarquer pour ses prédispositions physiques dans Deadpool 2 (où elle incarnait la mutante Domino), est sensationnelle. Elle prouve qu'elle est capable de porter un film sur ses épaules et d'incarner une action star comme il n'y en a plus guère.
Ce qui est appréciable, c'est que jamais le film ne cherche à sexualiser Asia : c'est une guerrière, même quand elle charcute quatre adversaires en petite culotte dans sa chambre. L'énergie affolante qu'elle déploie emporte tout sur son passage. Elle donne la réplique à Myha'la, qu'on peut voir dans l'excellente série Industry, ici dans un rôle de fausse innocente.
Plus surprenant, on trouve face à elles deux icones des 90's : d'un côté Patricia Arquette en propriétaire possédée et, de l'autre, Heather Graham, en locataire increvable. Elles ont l'air de s'amuser follement et ça fait plaisir de les voir dans un truc aussi foutraque.
They Will Kill You, c'est un joyeux jeu de massacre, qui pourrait facilement devenir le premier volet d'une franchise. Au moment où Tarantino sort sa version uncut de Kill Bill (The Whole Bloody Affair), la relève est assurée.







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