vendredi 1 mai 2026

RED ROOTS #1 (Lorenzo de Felici)


Sand est un ancien soldat de la force Delta. Il s'introduit dans un bâtiment et tue tous ceux qui se dressent sur son chemin pour parvenir au dernier étage et à l'homme après qui il en a... Kate est une professeur de collège qui, un soir, en rentrant chez elle, trouve dans sa penderie une tête... Quel est le lien entre ces deux individus ?
 

Red Roots est le nouveau projet du dessinateur Lorenzo de Felici et la raison pour laquelle il a quitté las série Void Rivals de Robert Kirkman avec qui il avait précédemment collaboré sur Oblivion Song. Il avait déjà signé seul une mini série, Kroma, en 2023, qui fut une grande réussite. Et cela l'a sans doute motivé à s'engager dans ce qui est annoncé comme une série illimitée ici.


A la fin de ce premier épisode très consistant (plus de quarante pages), l'auteur résume son projet en un mot : "deux". Il avait l'idée de deux histoires sans rapport et le déclic s'est produit quand il a voulu composer une intrigue commune. A partir de là, son histoire a gagné en volume et il s'y est complètement consacré pour produire Red Roots.


On suit donc en parallèle un tueur qui massacre les occupants d'un immeuble, des scientifiques gardés par des hommes lourdement armés, qu'on devine au service d'un quelconque baron de la drogue, avec lequel ce personnage a un contentieux (il lui reproche la mort d'une certaine Sarah, collègue et probablement compagne).


De l'autre côté, il y a Kate, une professeur qui exerce dans un collège, et qui rentre chez elle le soir venu. Elle vit seule dans un pavillon de banlieue avec ses deux chats dont elle remarque qu'ils ne touchent pas à leur gamelle et qu'elle suit dans sa chambre. En ouvrant les portes de sa penderie devant laquelle ils sont, elle découvre, horrifiée, une tête humaine.

Le récit se déploie sur deux temporalités différentes : le tueur, Sand, remplit sa mission en une nuit tandis que la mésaventure de Kate se déroule sur au moins deux jours et une nuit. En effet, on la voit appeler la police, faire sa déposition, aller chez une collègue et amie pour recouvrer ses esprits, et retourner chez elle où l'attendent de nouvelles macabres surprises.

Bien entendu, de Felici ne nous présente pas ces deux personnages sans suggérer qu'il y a un lien entre eux, mais on ignore lequel encore à la fin de cet épisode. L'auteur en revanche introduit des éléments fantastiques très intrigants (des têtes qui parlent, un géant armé d'une hache, Sand qui meurt et disparaît enveloppé par des racines rouge sang - d'où le titre).

Tout cela est très accrocheur, d'autant que la narration, malgré la pagination conséquente, est implacable, menée sur un rythme très soutenu, avec d'un côté donc la fusillade du côté de Sand digne d'un film John Wick, et de l'autre les différentes étapes traversées par Kate. La manière dont de Felici réussit à animer l'une et l'autre de ces pistes narratives est vraiment magistrale.

Si on avait pu être un peu déçu de sa prestation graphique sur Void Rivals, l'artiste prouve qu'il s'amuse davantage ici, dans ce cadre très réaliste et teinté de fantastique. Le plus évident concerne évidemment Sand où le dessinateur fait parler la poudre et son sens du découpage, avec des compositions de plans, un flux de lecture imparable.

Mais quand il suit Kate, il parvient aussi à captiver en entretenant une ambiance de plus en plus angoissante et oppressante après une exposition rassurante. Pour sa seconde oeuvre en solo, de Felici s'affirme déjà comme un auteur complet assez bluffant, maîtrisant parfaitement son affaire, sans aucune influence "kirkmanienne".

Red Roots commence donc très fort et on a hâte de lire la suite. Je ne lis plus guère de comics indés, mais celui-ci, je l'attendais et je ne suis vraiment pas déçu.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire