Captain America découvre que la véritable arme secrète du Dr. Fatalis est son clone enfant, confié à une femme qui veut l'élever pour qu'il ne devienne pas un tyran. Au même moment le général Thaddeus "Thunderbolt" Ross et ses hommes sont parachutés sur Doomstadt et Red Hulk a bien l'intention de faire payer à cet enfant les tortures que Fatalis adulte lui a fait subir...
Ce sera donc ma dernière critique du Captain America de Chip Zdarsky puisque j'ai décidé d'arrêter les frais. Je n'ai toujours pas décidé si j'allais lire Armageddon, l'event que le scénariste a préparé via cette série et qui démarre le mois prochain. J'hésite encore, même si j'avoue que c'est tentant vu la promesse faite d'un changement de taille à l'issue de cette saga (en même temps, c'est une promesse faite à chaque event).
J'arrête donc Captain America mais sur une plutôt bonne note car l'épisode n'est pas trop mauvais. Il y a beaucoup d'action et Zdarsky aboutit à un climax très intense qu'il a su bien mettre en place avec d'un côté cette traque d'armes de destruction massive en Latvérie et le projet du Red Hulk (le général Ross) qui veut s'emparer du pays pour se venger des tortures qu'il y a subies.
Malheureusement, c'est un peu tout. C'est déjà pas mal, me direz-vous, et vous n'aurez pas tort. Mais ç'a pas pris pour moi. Je vais me répéter, mais Zdarsky s'est trop servi de la série comme d'une rampe de lancement pour Armageddon, d'où ce sentiment qu'il n'a pas grand-chose à raconter avec Captain America lui-même.
C'est une stratégie narrative et éditoriale que je peux comprendre, qui consiste à tout lier, mais je préfère quand on le voit moins venir qu'ici. Idéalement, un event doit surgir des pages d'une série sans que le lecteur ne le devine trop longtemps à l'avance, comme un subplot qui finit par prendre toute la lumière. Ici, c'est le contraire : depuis plus 11 épisodes, tout n'est là que pour annoncer l'event.
Cela aboutit à ce que Captain America n'est qu'un acteur parmi d'autres dans sa propre série. A vrai dire, la star du show, c'est bien le général Ross/Red Hulk dont l'apparition s'impose comme le pic d'une intrigue déroulée sur presque un an. Et c'est étrange de lire une série où le héros est à la fois le vilain mais où le personnage-titre est relégué quasiment au second plan.
De fait, Captain America est bien trop témoin, passif, des événements. Surtout, et c'est notable dans cet épisode, il est impuissant, dépassé par ce qu'il doit affronter, empêcher, protéger. La volonté de fer de Steve Rogers est insuffisante. Cela rappelle la situation de Daredevil au début du run de Zdarsky, empêtré dans une affaire de meurtre et qui décide, un temps, de cesser ses activités de justicier.
La toute dernière page entraîne Rogers dans une direction fantastique qui pourrait être intéressante et qui peut, éventuellement, bouleverser profondément le personnage. Mais c'est aussi un rebondissement tardif et improbable, qui ne suffit pas à me retenir. Tout cela laisse un sentiment de frustration, d'incompréhension face à ce que Zdarsky a voulu raconter.
De manière générale, le bilan concernant les séries sur la "trinité" Marvel (Captain America - Iron Man - Thor) n'a rien d'engageant. Iron Man, j'en parlerai vite, achève son premier arc sous la direction de Joshua Williamson sans éclat. Peut-être vais-je finir par jeter un oeil sur The Mortal Thor d'Al Ewing, dont on dit grand bien, pour vérifier si c'est mieux.
Valerio Schiti semble avoir signé son dernier épisode (puisqu'il ne figure plus dans les sollicitations des prochains mois comme artiste de la série, même s'il demeure le cover artist). Jamais l'artiste italien n'a paru inspiré, comme si les scripts de Zdarsky ne le motivaient pas. Sa prestation s'achève donc comme elle a commencé, en demi-teinte.
Il réalise des planches très en deçà de ce qu'on a l'habitude de la voir faire. Les modifications qu'il a apportées à son trait, notamment dans l'encrage, ne me paraissent pas des plus concluantes. Les finitions sont décevantes. Surtout il ne paraît pas à l'aise avec le personnage de Captain America, dont il a mal redesigné le costume, et les seconds rôles sont tout aussi mal fichus, sans charisme. Son Red Hulk est néanmoins assez flippant.
J'espère qu'il va se ressaisir et rebondir ailleurs (j'espérai qu'il serait du projet Midnight avec Jonatahn Hickman, mais non). Schiti en a encore sous le capot, simplement là, ça n'a pas fonctionné. Et ce qu'il a produit n'a rien pu sauver.
Dommage. Mais comme quoi, ça peut arriver que, même avec une équipe aussi prometteuse, ça ne marche pas.





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