jeudi 14 mai 2026

IRON MAN #5 (Joshua Williamson / Carmen Carnero, Jan Bazaldua)


Face au Fixer dans une armure améliorée de la sienne, Tony Stark doit d'abord évacuer de l'héliporteur de l'A.I.M. les jeunes scientifiques kidnappés par Madame Masque. Celle-ci confronte son ancien amant en l'éjectant du vaisseau qui se crashe. Tony est accusé d'avoir provoqué l'accident...

    
Je fondais de grands espoirs sur cette reprise d'Iron Man par Joshua Williamson et Carmen Carnero, un des scénaristes les plus en forme du moment chez DC et une artiste que j'adore. Mais il faut bien que j'admette qu'après cinq numéros, et un arc narratif entier, le résultat ne m'a pas convaincu. Pas assez en tout cas pour que je poursuive l'aventure.


Je crois que ce qui n'a pas marché à mes yeux, c'est que jamais je n'ai trouvé Williamson au niveau de ce qu'il écrit chez DC. Ce n'est pas l'auteur si inspiré de Superman qui ose et réussit à embarquer le lecteur avec une énergie contagieuse. Nul doute qu'il aime le personnage d'Iron Man, mais le souci, c'est que l'histoire qu'il raconte n'est pas parvenue  à m'accrocher.


Ce cinquième numéro est à l'image des précédents : l'intensité que le scénariste espère convoquer fait défaut et rien ne vient franchement renouveler les fondamentaux d'Iron Man. Williamson utilise des adversaires vus et revus (Mme Masque, le Fixer, l'AIM), mais cantonne les seconds rôles à de la figuration (Pepper Potts, Melinda May). 


Bien entendu Tony Stark est traité de la façon la plus convenue possible : un type très riche et fanfaron, qui cache ses tourments tout en ayant réponse à tout. Le postulat de Williamson était pourtant prometteur avec l'intention de Mme Masque de trouver non pas un nouvel Iron Man mais un nouveau Tony Stark.

Et dans cet épisode, on comprend fort bien ce qui distingue Stark de quelqu'un qui prétendrait être lui : dès son origine, il n'a pas été seul pour concevoir Iron Man et l'homme avec qui il l'a créé a sacrifié sa vie pour cela. Par la suite, il a côtoyé d'autres génies au contact desquels il s'est amélioré. Mais Williamson fait l'impasse sur le côté obscur de Stark.

Le Stark de Civil War par exemple qui a fracturé la communauté super héroïque, qui a manipulé Spider-Man, et même avant les nombreuses occasions où il a agi seul en se moquant de l'éthique la plus élémentaire, où il a lavé le cerveau de milliers de gens pour préserver son identité secrète, où il a banni Hulk de la Terre (avec les Illuminati), etc. 

Au fond Stark est un héros comme Emma Frost (avec qui, durant l'ère de Krakoa, il s'est marié pour un temps) : il n'est jamais plus intéressant que quand celui qui l'écrit conserve son ambiguïté, voire sa part sombre. Stark est un vilain en puissance qui affronte ses démons pour ne pas sombrer justement et prouver qu'Iron Man est bien un héros.

Mais cela Williamson ne l'a pas du tout abordé, ou alors trop maladroitement. Et la fin de ce numéro utilise même une vieille ficelle pour lui créer un nouvel ennemi qu'on a vu arriver à des km... Tout en en faisant une sorte de professeur pour la nouvelle génération (ce qui rappelle la Future Fondation de Reed Richards dans le run de Hickman sur Fantastic Four). Et qui pousse à s'interroger sur la valeur d'un tel enseignant.

Carmen Carnero dessine 14 pages d'affilée de cet épisode et le résultat est très bon, mais, s'étant récemment blessée à la main, elle ne peut plus dessiner tranquillement et elle ne reviendra qu'au #8. C'est pour cela qu'encore une fois elle est suppléée par Jan Bazaldua, qui conclut l'épisode toujours aussi médiocrement. C'est vraiment dommage.

Mais, si vous voulez mon avis, hé bien, je trouve qu'Iron Man n'est pas le personnage qui permet à Carnero d'exprimer au mieux son fantastique talent. Son style classique et élégant convient bien mieux à des personnages dont le visage n'est pas caché par un casque, et c'est pour cela que son travail était infiniment mieux valorisé dans Captain America : Sentinel of Liberty ou Exceptional X-Men.

Sur ces cinq épisodes donc, c'est moins mauvais que sur les 11 de Captain America (de Zdarsky et compagnie), mais bon, au final, le bilan est le même : j'ai été trop déçu pour persévérer.

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