Black Mask a enlevé Holly Robinsonqu'il a enfermée dans une cellule capitonnée avec une réserve d'une heure d'oxygène. Ou, si elle préfère en finir avant, une seringue et de la drogue. En parallèle, il envoie en ville une femme avec le visage de Selina Kyle qui alerte la police anonymement qu'une bombe se trouve à la gare de Burnley...
Même si Catwoman est très présente dans cet épisode, ce qui est logique puisqu'elle est l'héroïne, on termine sa lecture avec le sentiment que c'est bel et bien Black Mask qui est la vedette. La couverture ne ment donc pas sur le contenu - et on peut d'ailleurs être légitimement ébloui par la maestria de l'image peinte par Sebastian Fiumara.
On dit souvent, pour paraphraser Hitchcock, que "meilleur est le méchant, meilleure est l'histoire", et Black Mask est un excellent méchant. Torunn Gronbekk l'a bien compris et livre un script à la hauteur de ce génie du mal, dont le sadisme est proprement effrayant et le machiavélisme implacable. Il a plusieurs coups d'avance sur Catwoman qui est obligée de courir dans tous les sens.
Si ma scénariste est très bien inspirée, on aurait quand même souhaité savoir ce qu'il est était advenu de Slam Bradley qu'on a laissé dans une situation très compromise. Mais elle se rattrape ave deux scènes fulgurantes mettant en scène Maggie, la soeur de Selina, dont le handicap est parfaitement exploité et qui s'enferme dans une panic room pour échapper à des sbires de Roman Sionis.
Que ce soit un artiste italien comme Davide Gianfelice qui dessine désormais la série souligne encore davantage l'influence très giallo de cette histoire. Tout ici concourt à faire partager au lecteur une expérience limite, à la fois grotesque et éprouvante. C'est tout à fait épatant et cette ambiance d'épouvante sied bien à l'ensemble.
Gianfelice est très à son aise pour découper ce récit de la manière la plus vibrante possible, montrant avec expertise comment Black Mask entraîne Catwoman là où il le désire, la faisant souffrir mille maux, et les efforts désespérés qu'elle déploie pour tenter de rattraper son retard. Le rythme est très soutenu, le suspense élaboré.
Torunn Gronbekk a rarement été saluée pour son travail, notamment quand elle a dû remplacer au pied levé Donny Cates sur Thor, mais il se pourrait bien qu'elle redore son blason avec Catwoman où elle s'est installée depuis maintenant quelque temps et plus spécialement avec cet arc qui ose répondre à un classique de l'ère Brubaker avec aplomb et maîtrise.
Quant à Gianfelice, il montre lui aussi qu'il mérite sa place après une carrière en dents de scie et où ses talents de narrateur graphique prouvent qu'il a faim, digne représentant de cette "invasion" italienne dans les comics, riche de bien des talents dont il n'est pas le plus connu mais qui gagne à l'être incontestablement.





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