dimanche 3 mai 2026

PIROUETTE FATALE (Vicky Jewson, 2026)


Une troupe de cinq jeunes danseuses de Los Angeles et leur professeur partent pour Budapest où elles ont été invitées à un prestigieux concours. A leur descente d'avion, elles montent dans un bus qui tombe en passe en rase campagne. Le chauffeur tente de réparer, mais elles préfèrent aller chercher un taxi alors que la pluie commence à tomber.


Elles trouvent une auberge dans laquelle elles se réfugient et qui est tenue par une ex-ballerine, Devora Kasimer, aujourd'hui à la tête d'une famille criminelle et qui reçoit la visite de Pasha Markovic à qui elle paie le prix de sa protection. Les filles sont invitées à se changer et elles enfilent leurs tutus. Leur professeur conduit l'une d'elles, qui est sourde, aux toilettes et surprend Devora en train de torturer un homme dans son bureau.


Pasha fait des avances à la professeur qui le repousse. Vexé, il l'abat d'une balle en pleine tête. Devora tente de rassurer les filles en leur disant qu'elle va appeler la police. Osip, son fils aîné, les conduit au sous-sol tandis que l'une des danseuses s'enfuit mais se fait rattraper, assommer et ligoter. Quand elle revient à elle, elle convainc ses partenaires de s'échapper à tout prix...


Emporté par mon élan, après avoir vu They Will Kill You, j'ai voulu trouver un film similaire et j'ai jeté mon dévolu sur Pirouette Fatale sur Prime Vidéo. Arrêtons un instant sur ce titre qui me fait m'interroger sur la possibilité que les traducteurs sont drogués ou ont pensé être drôles en trouvant quelque chose qui ressemblerait en français à Pretty Lethal.


Maintenant, disons-le tout de suite : le long métrage n'est pas loin d'être aussi mauvais que son titre français. Enfin... Ce n'est pas affreusement mauvais. D'abord parce que ça ne dure pas longtemps (80', générique de fin non compris), mais ça dure quand même trop longtemps pour ce que ça raconte. C'est typiquement un scénario qui aurait fait un excellent court ou moyen métrage, mais pas un long.


L'idée de départ est pourtant marrante et on la doit à Kate Freund : imaginez cinq demoiselles, qui, évidemment, ne peuvent pas se blairer (car la danse exacerbe l'esprit de compétition) obligées pour survivre de se transformer en machines à tuer en combinant la chorégraphie de ballet aux arts martiaux. C'est débile, je sais, mais c'est amusant, je vous promets.


Et bon il faut reconnaître que le casting est parfait, même s'il a beaucoup bougé entre le projet initial et le résultat final. Les cinq actrices sont formidables, très crédibles lorsqu'elles font des pointes et des entrechats comme quand elles zigouillent des malfrats hongrois. Et c'est déjà énorme parce que, quand on se rappelle que Marvel a essayé de nous faire croire que Scarlett Johansson et Florence Pugh avaient le physique de danseuses, on revient de loin...

Au deux tiers du film il y a une séquence de baston extraordinaire où les cinq filles massacrent une horde de mafieux dans la salle principale de l'auberge et Vicky Jewson, à ce moment-là, donne tout ce qu'elle a pour rendre ce moment mémorable. En reproduisant la chorégraphie de Casse-Noisette, on assiste à un carnage jubilatoire.

Mais c'est aussi le problème du film qui apparaît ainsi : un morceau de bravoure comme celui-ci devrait se situer à la fin, c'est idéal pour illustrer le climax de l'histoire. Au lieu de ça, on a droit à une explosion misérable alors qu'on a vu des explosifs posés partout auparavant, en quantité suffisante pour raser tout le bâtiment où s'est déroulé le film.

On se plaint souvent (et à raison) de films trop longs mais rarement de films trop courts. Pourtant même un film court peut être encore trop long et Pretty Lethal le prouve. L'action met trop de temps à arriver, après un prologue à Los Angeles inutile. Puis ensuite il y a des moments gênants comme celui où le personnage de Zoe oublie longuement sa soeur sourde Chloe alors que toutes les filles ont compris qu'elles étaient en danger de mort.

Une autre a consommé, sans le savoir, de la drogue et manque d'être violée. Mais alors que son trip aurait pu être exploité pour souligner le délire gore qui suit, ce n'est pas le cas. Les prises de bec entre les deux rivales du groupe sont répétées de manière trop insistante pour ne pas freiner le récit. C'est dommage.

Du côté des méchants, le scénario veut trop en faire, notamment avec le père de Pasha, Lothar, et et Devora, la tenancière de l'auberge, elle-même ancienne ballerine, qui, logiquement, devrait vouloir protéger les jeunes filles mais ne pense qu'à s'en débarrasser - pourquoi ? Puisqu'il est évident que la police ne va venir enquêter sur la disparition de cinq américaines dans la campagne hongroise.

Il y a trop d'incohérences dans cette affaire pour qu'on ne les remarque pas et comme il y a aussi trop de digressions au détriment de l'action, le rythme en pâtit. Lors de la grande bataille que j'ai évoquée, on remarque par exemple que tous les gangsters dans l'auberge n'ont pas d'armes, c'est inconcevable. Tout juste voit-on l'un d'eux dégainer un pistolet mitrailleur mais le gars est tellement naze qu'il vise à côté et se fait dessouder par un cocktail molotov !

Au lieu de s'amuser, comme ce devrait être le cas, de ce gros délire, on ne voit que les failles dans le script et cela coule le film. C'est un gâchis phénoménal, surtout pour Uma Thurman (qui a remplacé Lena Hadey). Enfin, quoi, on n'engage pas une telle actrice pour lui donner si peu à jouer !

Maddie Ziegler (la gamine, qui a bien grandi, des clips de Sia, et qui a remplacé Isabel Merced), Avantika (qui a remplacé Yara Shahidi), Iris Apatow, Millicent Simmonds et Lana Condor sont épatantes, mais elles ne peuvent sauver que les meubles.

Dommage donc, ça aurait pu être tellement mieux.

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