vendredi 29 mai 2026

SUPERMAN #38 (Joshua Williamson / Dan Mora)


Witchfire, la jolie fille remarquée par Superboy Prime dans le comics shop où il travaille, lui tend un piège en espérant le sacrifier pour repousser un démon. Lorsqu'elle se rend compte de son erreur, elle accepte l'aide de Prime contre Lady Blaze et Lord Satanus...


Vous savez quoi ? Je l'aime vraiment bien, ce Superboy Prime. C'est pourtant un jeune qui a du sang sur les mains, mais grâce à lui, la série Superman profite d'un extraordinaire vent de fraîcheur, au point que je ne suis plus pressé de revoir Clark Kent. Bon, entendons-nous bien, il reviendra et ce sera cool, mais j'espère que DC et Joshua Williamson n'oublieront pas Prime ensuite.


Comme la couverture l'indique, il y a de la romance dans l'air entre Superboy Prime et Witchfire, dont le résumé des origines montrent qu'ils ont des points communs assez amusants et dramatiques à la fois. Et la nuit qu'ils vont passer ensemble va être mouvementée à souhait avant de s'achever sur un fameux coup de théâtre qui voit revenir un adversaire bien connu de Superman...


Ce qui est passionnant, outre la qualité du divertissement, c'est d'examiner les écritures des scénaristes : cette semaine, on a affaire à trois auteurs chez DC qui ont tous un style particulier. Tom Taylor dans Detective Comics s'appuie sur le passé pour rajouter des éléments au passé de Batman. Jamal Campbell dans Zatanna invite le lecteur à une expérience immersive.


Joshua Williamson reste cependant celui qui concilie le mieux le classicisme affiché de Taylor et les audaces narratives de Campbell dans Superman. C'est surtout celui qui, aux commandes d'une série, ose le plus tout en s'amusant et en nous distrayant. On se demande bien pourquoi il a été si réservé chez Marvel avec Iron Man...

Les clins d'oeil fusent dans la série depuis que Superboy Prime en est la vedette puisque, se sachant un personnage de BD, ses interactions avec les autres personnages ont toujours un côté bizarre, cocasse. Il est par exemple conscient qu'il traverse actuellement un redemption arc, une histoire qui doit raconter sa rédemption, comment il se rachète de ce qu'il a commis autrefois.

Evidemment, Witchfire ne comprend pas ce qu'il entend par là sauf quand elle lui raconte qu'elle aussi a connu un parcours compliqué, entre le Bien et le Mal, la vie et la mort et le retour à la vie. Le plus ironique, c'est qu'elle se conduit comme un guide auprès de Superboy Prime alors qu'il est immunisé contre la magie (contrairement au "vrai" Superman dont c'est une des faiblesses).

L'affrontement contre Lady Blaze et Lord Satanus n'est qu'un prétexte, car c'est ce qui se passe avant et juste après qui importe. Avant c'est donc la prise de conscience que le fameux CK qu'elle a repéré dans le comics shop qu'elle fréquente et qu'elle pensait sacrifier pour repousser les démons est un super héros;

Après, c'est l'attirance qu'elle éprouve pour ce garçon étrange mais qui lui a prêtée main forte et qui est, ma foi, si curieusement séduisant. Alors qu'ils vont s'embrasser (et qu'au début de l'épisode Prime ne pensait pas judicieux de développer une vie sociale, accaparé qu'il est par sa double vie de libraire-super héros), une surprise attend Prime...

Oui, c'est vraiment charmant et captivant, très inventif sur le fond comme sur la forme, comme en témoignent les planches de Dan Mora, dont le talent est ici sollicité plus intensément que quand il collabore avec Mark Waid (puisque le garçon n'a pas tenu sa promesse de ne dessiner qu'une série en 2026, il continue à travailler sur Justice League Unlimited et signe des tonnes de couvertures).

Mora s'amuse lui aussi énormément sur ces épisodes qu'il s'emploie à dessiner avec la folie nécessaire mais aussi plus de discipline. Williamson, on le sent, canalise mieux l'énergie de l'artiste avec sûrement des scripts plus précis. Et puis sa Witchfire est tout simplement canon - et son couple avec Prime est un régal.

Jubilatoire.

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