1988. Les élèves de la classe de terminale du lycée de Shadyside prépare le bal de fin d'année scolaire avec ceux de la ville voisine et huppée de Sunnyvale. Lori Granger a décidé de s'inscrire pour le concours de la reine du bal et fait face à Tiffany Falconer et sa bande composée de Melissa Mckendrick, Debbie Winters et Linda Harper, résolues à l'humilier. En effet, la mère de Lori a été accusée d'avoir tué son mari et la rumeur continue de courir alors qu'elle a été blanchie.
Le principal Breckenridge est déterminé à ce que la fête se déroule au mieux. Mais la veille au soir, une autre postulante au titre de reine du bal, Christy Renault, est sauvagement assassinée par un maniaque vêtu d'un imperméable rouge et le visage caché par un masque. Megan Rogers, la meilleure amie de Lori qu'elle aime en secret, l'accompagne au bal. Les élèves se mettent à danser mais Linda Harper et son petit copain Bobby s'isolent dans une salle de classe où ils sont assassinés sans que personne ne le remarque.
Puis c'est au tour de Debbie Winters et son petit ami Judd, descendus au sous-sol pour s'embrasser à l'abri des regards, d'être sauvagement occis par le même tueur, dans l'indifférence générale, leurs cris ayant été étouffés par la musique. Melissa s'excuse auprès de Lori pour la manière dont Tiffany se comporte à son égard, juste avant que les deux rivales attirent tous les regards sur elles en dansant - Lori séduisant tout l'assistance...
Cinq and après le dernier volet de la trilogie Fear Street réalisée par Leigh Janiak, Netflix n'a pas résisté à retourner à Shadyside pour ajouter un quatrième épisode à cette série de longs métrages. Mais cette fois-ci, la réalisatrice n'a pas voulu rempiler, estimant que son oeuvre était complète, et elle a cédé sa place à Matt Palmer.
Prom Queen est adapté du tome 15 de la série de romans de R.L. Stine, donc ce n'est pas une suite complètement gratuite non plus. Toutefois, dans le corpus produit à l'origine par Netflix, ce nouveau chapitre intervient si tardivement après les autres qu'il ressemble à un appendice surnuméraire et superflu.
Bien entendu le script, signé Matt Palmer et Donald McCleary, fait référence au décors principaux de Shadyside et de Sunnyvale, pointent une fois de plus les différences sociales entre les deux communes voisines, et investit l'époque des années 80 qui s'intercale donc entre Fear Street partie 1 : 1994 et partie 2 : 1978.
Mais ces notations semblent forcées, comme s'il suffisait de les mentionner pour justifier que cet épisode existe légitimement. C'était la force du projet initial que de composer une seule et même intrigue en trois parties, se tenant toutes les unes aux autres et résolvant un mystère ancestrale. Ici, rien de ce qui est raconté n'ajoute quoi que ce soit à l'histoire des trois premiers films.
D'ailleurs il n'est pas fait mention des personnages avec qui nous avons sympathisés auparavant, comme Deena et Josh Johnson ou Cindy Berman. Ici, l'héroïne est une certaine Lori Granger dont la mère a été accusée et blanchie pour le meurtre de son mari. Depuis sa fille souffre de cette mauvaise image au sein de son lycée, ce qui lui vaut d'être harcelée par une bande de chipies menée par Tiffany Falconer.
Tout se noue donc autour du bal de promo d'une classe de terminale au cours duquel on élira la reine de la soirée. Lori concourt contre Tiffany et reçoit le soutien du petit ami de celle-ci mais aussi de Megan Rogers. Sans avoir besoin de le surligner, on voit se mettre en place un triangle amoureux car Megan, c'est évident, éprouve des sentiments amoureux pour Lori qu'elle protège de Falconer et ses alliées.
Bien entendu, un tueur rode et c'est là que le film est à la fois le plus divertissant et aussi le plus limité. Les trois premiers Fear Street en remontant le temps s'amusaient à reproduire les codes des slasher movies des époques en question. Prom Queen se contente d'être un slasher movie comme tant d'autres, sans cette distanciation, avec son serial killer qui manie la hache vêtu d'un ciré rouge et d'un masque.
Le scénario s'articule alors comme un whodunnit et le spectateur comme les héroïnes doivent trouver qui se cache derrière la masque de l'assassin. La réponse est assez habile, surtout qu'en vérité il n'y a pas qu'un cinglé qui se balade ainsi costumé et armé... Dommage que tout ceci soit si mécanique, dénué d'invention.
Si on sourit, c'est grâce au sadisme des auteurs pour massacrer ces pauvres prétendantes au titre de reine du bal : entre des cisailles pour massicoter, la hache, et d'autres instruments contondants, c'est à qui mourra dans les pires souffrances. C'est très basique, modérément effrayant, mais on n'a pas le temps de s'ennuyer compte tenu du format raisonnable (90').
Et puis, fidèle à sa recette, ce Fear Street met en avant de jeunes comédiennes talentueuses, parfaitement choisies pour leur rôle : India Fowler est l'archétype de la fausse ingénue, Suzanna Son joue la lesbienne androgyne sans forcer, Fina Strazza est impeccable en peste tyrannique, Ella Rubin est celle qui montre le plus d'empathie pour Lori et donc la plus sympathique des garces.
A leurs côtés, on reconnaîtra Lili Taylor en directrice adjointe pète-sec et surtout Katherine Waterston qui s'est visiblement amusée comme une folle à se créer un look très 80's, avec un brushing invraisemblable et des tenues bien criardes.
Netflix va-t-elle encore exploiter le filon avec un cinquième opus ? Si oui, il serait bon que la plateforme de streaming renoue avec la qualité de sa première trilogie au risque de gâcher les bons romans de R.L. Stine.







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