Attention ! La critique qui suit contient des spoilers au sujet de
la saison 1 de la série qu'il faut impérativement avoir vue avant
de regarder ces nouveaux épisodes.
Pip enregistre un podcast où elle revient sur son enquête dans l'affaire Andie Bell-Salil Singh mais elle hésite à le mettre en ligne compte tenu des conséquences terribles que cette histoire a eu pour certaines personnes, en particulier sa meilleur amie Cara. Max Hastings est, lui, jugé pour les viols commis sur Becca Bell, qui hésite toujours à témoigner, et Nat da Silva, soutenue par Jamie Reynolds, le frère ainé de Connor, ami de Pip, qui doit aussi témoigner contre Max. Ravi, le petit ami de Pip, suit un stage dans un prestigieux cabinet d'avocats et Max rencontre la jeune femme pour menacer de le faire renvoyer si elle témoigne contre lui.
Connor demande à Pip de l'aider à retrouver Jamie qui a disparu sans explication. Ne voulant pas s'impliquer dans une nouvelle enquête dont elle craint les retombées, elle s'en remet à l'inspecteur Hawkins, mais celui-ci ne peut rien faire car Jamie est majeur et libre de ses mouvements. Pip se demande si Max n'est pas responsable de cette disparition mais son alibi est vite confirmé par Stanley Forbes, un agent de sécurité du club de golf où il a dit avoir passé la soirée. Connor révèle ensuite à Pip avoir surpris son frère quelques jours plutôt en train de voler de l'argent dans le sac de leur mère et il craint qu'il ait replongé dans la drogue.
Tandis qu'au procès de Max, les témoignages successifs de Becca, Nat et Pip sont invalidés par l'avocat des Hastings, Pip investigue avec Connor et Ravi en abordant Howie Bowers, un dealer ; puis Ruby, une élève que Jamie a prise pour une certaine Layla Mead avec laquelle il était en relation sur un site de rencontres...
Cette saison 2 de A Good Girl's Guide to Murder est la suite directe de la saison 1, il faut donc avoir vu les six premiers épisodes, mis en ligne à partir de 2024, pour ne pas être spoilé avec les six nouveaux mis en ligne depuis Mai 2026. Meurtre Mode d'Emploi est donc bien une trilogie organique dans la mesure où chaque saison dépend de la précédente (la troisième et dernière sera disponible en 2027).
Bon, si vous êtes encore là, c'est que vous savez à quoi vous en tenir. Nous retrouvons donc Pip alors qu'elle enregistre un podcast sur l'affaire Andie Bell-Salil Singh qu'elle a permis de résoudre. Mais la jeune femme, désormais âgée de 18 ans, n'entend pas renouveler l'expérience qui a failli lui coûter la vie et a dévasté l'existence de sa meilleure amie, Cara, dont le père a été condamné pour meurtre.
Même si elle gagné un amoureux en la personne de Ravi Singh, le frère de Salil, Pip est ébranlée par ce qu'elle a accompli et dont elle ne retire aucune satisfaction. Elle se demande même si le jeu en valait la chandelle. Sa seule consolation réside dans le fait que Max Hastings va être jugé pour les viols qu'il a commis sur Becca Bell (la soeur d'Andie) et Nat da Silva.
Mais le procès s'annonce lui aussi pénible et périlleux dans la mesure où les victimes, droguées au Rohypnol, n'ont aucun souvenir précis de l'identité de leur agresseur. Et Pip n'a pas livré à l'avocate des parties civiles un enregistrement compromettant vraiment Max mais facilement invalidable par la défense de ce dernier.
Jamie Reynolds, le frère aîné de Connor, un des amis de Pip, doit aussi témoigner contre Max pour soutenir (et sans doute espérer reconquérir) Nat da Silva. Mais alors où est-il passé quand il ne donne plus signe de vie quelques jours avant de déposer devant la cour de justice ? Connor supplie Pip d'enquêter et elle replonge lorsque la police refuse d'intervenir au prétexte que Jamie est majeur.
Il faut d'entrée noter que sur les six épisodes de cette nouvelle saison, trois ont été directement écrits par Holly Jackson, l'auteur des romans qui ont inspiré la série. Et il semble qu'elle a voulu corriger son texte initial en donnant plus d'importance au procès de Max Hastings. Conséquence immédiate : l'intrigue est coupée en deux parties distinctes, avec Max d'un côté et Jamie de l'autre.
Les deux affaires n'ont rien à voir même si Pip le pense au début, croyant encore une fois à l'implication de Max Hastings. Il a un alibi en béton (enfin... presque, mais ça ne changera rien finalement). Toutefois cette réaction de la jeune femme apparaît comme un symptôme plus profond de son état psychologique comme tout le reste de la saison va s'employer à le montrer.
Pip ne va pas bien : elle a certes résolu une affaire mais cela a bouleversé ses proches, en particulier sa meilleure amie Cara, dont le père est désormais en prison. Cara se met à sécher les cours, à picoler et se droguer, et, ivre morte et défoncée, elle balance à Pip qu'elle a tout gâché en lui enlevant son père, qu'elle a solutionné l'affaire Bell-Singh d'abord pour être reconnue comme détective.
La possibilité que Max s'en sorte par ailleurs provoque chez Pip des crises d'anxiété où elle ne peut plus respirer. Ravi a beau être là pour elle comme ses parents, elle les repousse, culpabilisant de les entraîner dans son malaise. Pour ne rien arranger, enfin, son autre meilleure amie, Lauren, se met à fréquenter Robin Hastings, le cousin de Max, apparemment moins pourri mais qu'elle n'arrive pas à supporter.
Les scènes de procès sont excellentes, d'une intensité remarquable, soulignant l'impunité dont profite Max mais aussi la difficulté pour les victimes de viols à être reconnues, à faire entendre leur voix, à être crues. La révolte de Pip face à cela renforce l'empathie du spectateur à son égard tout en montrant l'ambivalence de son attitude quand elle songe moins à investiguer qu'à se venger.
Ce qui est sûr, c'est que la troisième et dernière saison verra certainement un affrontement final au sommet entre Pip et Max. Sera-t-elle accompagnée d'une enquête parallèle comme les saisons 1 et 2 ? Je ne dirais pas que c'est à craindre, mais il serait tout de même préférable que la série veille à ne pas trop se disperser.
En effet, les recherches pour retrouver Jamie sont tortueuses à souhait, ménageant leur lot de fausses pistes et de rebondissements dramatiques, pour aboutir à un dénouement efficace. Toutefois, sans trop en dire non plus, j'ai eu très vite des soupçons par rapport à un nouveau personnage introduit dès le début de manière trop insistante pour qu'on ne devine pas qu'il allait jouer un rôle décisif.
D'une certaine manière, le cas Max Hastings vole la vedette à celui de Jamie Reynolds. Pourtant les deux hommes sont liés (Jamie devant témoigner lors du procès de Max), mais ensuite, c'est comme si les scénaristes, Holly Jackson la première, l'avaient oublié. C'est dommage, même si l'histoire reste accrocheuse et qu'on ne s'ennuie jamais (on n'a pas le temps avec 6 épisodes de 40' chacun).
Cette saison est en tout cas plus sombre et encore plus traumatisante pour Pip. On la quitte dans un sale état, même si Ravi est toujours là et que Cara, autre personnage trop négligé sur ces six chapitres, est revenue auprès d'elle. Pip a du ressort et nul doute qu'elle saura se remettre en selle pour la saison 3, mais il est impossible que les auteurs ne tiennent pas compte de ce qu'elle a traversé.
Malgré encore une fois une réalisation assez plate, la série peut compter sur un casting impeccable et plus resserré. Asha Banks a donc moins à jouer mais à chaque fois qu'elle en a l'occasion, elle prouve son talent. Zain Iqbal est un peu en-dessous, à cause d'une écriture un peu effacée qui n'exploite pas assez l'évolution de sa relation avec Pip. Henry Ashton est magistral en fils à papa friqué et odieux.
Encore une fois Emma Myers est fabuleuse : américaine, elle réussit à prendre l'accent britannique de manière confondante. Sa partition est exigeante et jamais elle n'en rajoute : on peut évidemment sourire du fait qu'une fille de 18 ans (Myers en a 24) résolve de pareils mystères de façon aussi intrépide, mais l'actrice fait tout passer avec une aisance redoutable.
Il va falloir maintenant être patient pour voir la saison 3 mais Meurtre mode d'emploi contredit la règle de Netflix qui veut que les séries de la plateforme faiblissent à mesure qu'elles se développent.







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