Attention ! Cet épisode et sa critique contiennent
des spoilers au sujet de Queen In Black #2.
Piégé en affrontant Marvel Boy, Dylan Brock est prisonnier à l'intérieur de l'Intelligence Suprême Kree, qui veut accéder à son ADN pour renforcer l'esprit de ruche des symbiotes. Mais Dylan résiste et réussit à entrer en contact avec le roi des symbiotes, Meridius, qui lui apparaît sous les traits de son père, Eddie...
Les épisodes rattachés à un event sont rarement passionnants car le scénariste se contente souvent de montrer des actions sous un nouvel angle. Le début de Venom #260 (l'antépénultième épisode de la série dans son volume actuel) démarre d'ailleurs ainsi en montrant Dylan Brock prisonnier de l'Intelligence Suprême Kree, possédée par un symbiote, après avoir affronté Marvel Boy dans Queen in Black #2.
Mais Ewing nous entraîne dans un récit introspectif inattendu, entièrement centré sur Dylan Brock. Je n'aime pas beaucoup ce personnage et ses jérémiades, aussi ce n'était pas gagné. Sauf que Ewing est quand même un sacré auteur qui réussit souvent l'impossible, comme rendre attachant ce gamin et surprenant le cours de cet event en allant creuser dans le passé et en teasant l'avenir.
Cela dit, n'ayez pas trop peur d'être perdu si vous n'avez pas lu tout le run de Ewing sur Venom : il y a des choses qui vont vous échapper (comme moi) mais l'essentiel reste accessible. Les renvois en bas de page indiquent que le scénariste s'appuie sur Venom #31/#33 dans lequel Dylan Brock fut tué par Toxin mais fut sauvé grâce à l'ADN qu'il partage avec Venom.
Il eut alors quelques visions confuses qui sont éclaircies à présent lorsqu'à lui se manifeste le roi des symbiotes, Meridius, qui lui apparaît, dans une imagerie très freudienne, sous les traits de son père, Eddie Brock. Et à la fin de cet épisode, on comprend pourquoi dans Queen in Black #2 Hela tenait tant à capturer le garçon.
Pour saisir le noeud de l'intrigue, les symbiotes sont animés par un esprit de ruche et donc ceux qu'ils possèdent agissent de concert pour plus d'efficacité. C'est pour cela que Hela a utilisé les symbiotes pour posséder plusieurs races aliens et en faire son armée : leurs différences sont annulées par l'esprit de ruche des symbiotes.
Mais pour que cela fonctionne parfaitement, il faut quelqu'un qui partage son ADN avec Venom et ce fut le cas de Dylan Brock. En capturant Dylan, elle aurait à sa disposition un atout fondamental. Sauf que Dylan résiste à l'emprise de l'Intelligence Suprême Kree (ce garçon a du caractère...) et accède à Meridius.
Ewing établit dans leur dialogue un groupe de réponses aux questions que se pose le garçon depuis que Toxin a failli le tuer et un ensemble de visions sur le futur. Ce dernier n'est pas reluisant et Marvel comme Ewing révèle, sans surprise, que Eddie Brock va redevenir l'hôte de Venom au terme de l'event (que deviendra MJ alors ? Son sort est déjà réglé puisqu'elle aura sa propre série, mais sans symbiote).
En gros, on peut dire que ce que Meridius apprend à Dylan, c'est que Eddie Brock est l'hôte privilégié de Venom mais qu'il fait des choix désastreux et que son fils sera son garde-fou, et par conséquent le sauveur de l'humanité si les choses tournent vraiment mal. Ce qu'on peut se demander, c'est ce qu'il restera de tout ça une fois que Al Ewing aura quitté la série Venom,remplacé par Charles Soule.
Soule conservera-t-il ce plan sur le long terme ? Ou Marvel imposera-t-il ce plan de toute façon ? L'option 2 est la plus vraisemblable. Ce qui est certain, c'est que l'éditeur annonce, sans le dire tout en le suggérant fortement, que dans quelques mois, en 2027, il y aura un nouvel event lié au symbiote. Quelle surprise...
Ewing en tout cas donne une dimension mythologique à Venom et à Dylan Brock et à la relation d'Eddie avec son fils. Ce qui est le plus étonnant, c'est à quel point cela fonctionne presque sans Queen in Black : même en ne l'intégrant pas à un event, ça aurait pu fournir un épilogue au run de Ewing, laissant la porte ouverte à son remplaçant, un peu comme ce qui se faisait avec Daredevil il y a quelques années (quand Bendis passait le flambeau à Brubaker qui le passait à Diggle qui le passait à Waid, etc.).
Carlos Gomez dessine cela avec beaucoup d'intensité. Mais qu'on m'excuse si je me demande davantage où sera cet excellent dessinateur après Venom #262 (fin Septembre) car c'est avec cette série qu'il a vraiment prouvé ce qu'il valait, très régulier, ponctuel et efficace. J'espère vivement que Marvel saura l'employer à sa juste valeur.
La suite dans Queen in Black #3 mercredi prochain...






Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire