samedi 22 août 2026

LOBO #6 (Skottie Young / Riley Rossmo, Jorge Corona)


Lobo a été missionné par le président de l'Omni Omega+ Entertainment Corp. de rappeler à la fée des dents qu'elle doit de l'argent à la compagnie. Le mercenaire se pointe donc en enfer (après avoir obtenu un droit de passage dans les limbes) et s'acquitte de son job, non sans perdre quelques ratiches...


On reprend là où on s'était arrêté le mois dernier et voici le Main Man qui se pointe en enfer. D'abord il passe au bureau d'un certain Verek Dood (qui ressemble fort à Trump) puis croise John Constantine et vient réclamer de l'argent à la fée des dents car elle a bâti son business grâce au fric prêté par l'employer de Lobo.
 

Skottie Young semble presque s'autociter dans cet épisode qui fait penser à sa propre série I Hate Fairyland. La fée des dents chez les anglo-saxons est l'équivalent, chez nous, de la petite souris qui vient collecter les dents des enfants quand elle tombe. Mais la version qui en est ici donnée, mieux vaut ne pas la montrer aux chérubins, ils en feraient des cauchemars.


Elle n'est en effet pas commode et surtout on découvre ce qu'elle fait des fameuses dents - un modèle d'économie circulaire ! Young ne respecte décidément rien et situe l'action en enfer, peuplé évidemment de créatures abominables, comme ces gardiens ailés qui veillent à ce qu'on ne dérange pas la fée, surtout si on n'a pas rendez-vous. Mais est-ce que ça va arrêter Lobo ?


Bien sûr que non ! Et l'échange qui va suivre ne sera guère plus aimable. Mais, même en y perdant sa denture, Lobo a de la ressource - et du mordant ! C'est affreusement drôle, même si la construction de la série à coup d'épisodes done-in-one ou d'histoires en deux parties peut frustrer. Toutefois, dans les deux dernières pages, le scénariste suggère qu'un vilain a un plan pour s'en prendre efficacement au mercenaire...

Même si, donc, on peut émettre de légères réserves après six mois de publication, Lobo reste un véritable ovni dans le monde des comics mainstream actuels. Son mauvais esprit, sa brutalité bourrine, son humour trash, son héros à la fois abruti et coriace, son chien hilarant, tout ça forme un ensemble savoureux, qui vous redonne du pep's pour le reste du mois.

C'est vraiment chouette que DC ose ainsi, et ce n'est pas fini puisque dans les prochains mois on verra les retours du Démon (Etrigan, par James Harren), de Jonah Hex (par Michael Walsh)... Autant d'anti-héros qui défrisent mais séduisent parce que le lecteur sent que l'éditeur laisse carte blanche aux auteurs. Une telle confiance, à la fois dans le talent des artistes et l'intelligence du fan, ne peut que payer.

Pour cet épisode, la série reçoit un invité au dessin en la personne du génial Riley Rossmo : son goût pour les gueules, les décors bizarres, l'action est parfait pour Lobo. Il le représente avec d'énormes bottes, des jambes minces, et le haut du corps disproportionné, avec une chevelure encore plus ébouriffée que d'habitude. C'est différent de Jorge Corona, mais tout aussi abouti.

Corona n'est pas complètement absent puisqu'il dessine les deux dernières pages, une sorte de teaser pour ce qui va suivre et qui semble, si on se fie aux sollicitations de Novembre qui viennent de tomber, parti pour trouver sa culmination au #9. Cela vient à point pour prouver que Young a un vrai plan et ne va pas se contenter de déconner (même si ça suffirait à me combler).

Il faut vraiment espérer que Urban Comics traduise cette série parce que ce serait priver les fans français d'une pépite.

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