Deena et Josh Johnson se rendent chez Cindy Berman, survivante du massacre au camp Nightwing en 1978, pour leur demander de les aider avec Samantha, possédée par la sorcière Sarah Fier. Elle leur raconte son expérience traumatisante au cours de laquelle sa soeur Ziggy et elle ont assistée 16 ans plus tôt dans cette colonie de vacances sur le terrain de laquelle a depuis été construit le Shadyside Mall.
Tout opposait Cindy et Ziggy : la première rêvait d'appartenir à la bonne société de Sunnyvale et fréquentait Tommy qui était prêt à attendre qu'elle décide quand elle perdrait sa virginité avec lui ; la seconde ne croyait déjà plus à la possibilité de s'extraire de leur milieu social et était harcelée par les riches enfants de Sunnyvale qui la traitait de sorcière et l'accusait de voler leur argent de poche. Pourtant Ziggy avait un allié en la personne du jeune Nick Goode.
Le soir venu, Alice, l'amie de soeurs Berman, et son petit copain Arnie décidaient de fausser compagnie aux autres campeurs pour trouver la tombe de Sarah Fier. Juste avant cela, l'infirmière du camp, Mrs. Lane, avait agressé Tommy et Cindy en voulant les tuer pour rompre la malédiction de la sorcière. Blessé à la tête, Tommy qui suivait Alice et Arnie avec Cindy devenait de plus en plus bizarre...
Ce deuxième volet du triptyque Fear Street adapté des romans de R. L. Stine par Leigh Janiak et son co-scénariste Zak Olkiewicz remonte donc le temps 16 ans avant les événements relatés dans le premier film situé en 1994. Il revient sur le massacre du camp Nightwing auquel à survécu Cindy Berman à qui Deena et Josh Johnson rendaient visite à la fin du premier long métrage pour qu'elle les aide à sauver Samantha.
Ce qui est étonnant avec ce deuxième chapitre, c'est à quel point il est à la fois convenu, référencé (Vendredi 13) et malgré tout entraînant. Janiak fait tout pour que le spectateur se sente en territoire connu mais s'emploie à brouiller les pistes, pour arriver, lors du dénouement, à un double twist concernant Cindy Berman mais aussi Deena Johnson.
Ce qui est familier et même revu, c'est à quel point Fear Street : 1978 reprend les codes du slasher movie. Cette fois, on a droit à un tueur complètement fou qui trucide une quantité impressionnante de victimes avec une hache. L'effet est d'autant plus choquant que ses cibles sont des enfants ou des adolescents et qu'il agit avec une précision et une brutalité absolues.
Le premier film détournait ces codes-là en resserrant l'intrigue autour des cinq protagonistes alors qu'ici tout est mis en place pour un véritable carnage dans ce camp de vacances où les enfants de Shadyside et Sunnyvale pensent passer un bon moment loin de leurs parents, et des adultes en général. On se demande même un peu comment cette intrigue va se lier à celle de la sorcière Sarah Fier.
Le récit met un certain temps à démarrer comme si Janiak ne savait pas trop comment s'y prendre pour à la fois exposer les personnages principaux, le cadre de l'action et le début des tueries. Il faut le dire : c'est laborieux. D'autant qu'il n'y avait pas besoin de s'attarder autant sur les différends entre les deux soeurs Berman, la haine entre les gosses de riches et les plus pauvres, le gouffre social entre leurs deux villes.
Mais une fois que c'est parti, la film prend son envol et l'histoire ne vous lâche plus. On a une grotte dans laquelle Cindy et Alice tournent en rond avant de comprendre comment atteindre à nouveau le coeur du campement, les recherches affolées des moniteurs et de Ziggy pour mettre à l'abri les enfants restés dehors, les meurtres sauvages du tueur...
Le souci, c'est que l'ensemble, s'il demeure efficace, est nettement plus classique. Le spectateur attend surtout de savoir ce que les souvenirs de Cindy vont apporter à cette affaire de malédiction ancestrale et si/et comment cela pourra aider Deena et Josh vis-à-vis de Samantha. En fin de compte, Fear Street : 1978 souffre du mal récurrent des deuxièmes épisodes : il est moins bon que le premier et se justifie surtout comme passage transitoire vers le troisième.
Malgré tout, s'il y a un bon point incontestable à retenir ici, c'est la qualité de l'interprétation que, pour ma part, j'ai trouvée supérieure au premier volet. Les deux soeurs jouées par Emily Rudd (vue depuis dans l'adaptation du manga One Piece sur Netflix) et Sadie Sink (révélée par Stranger Things, actuellement visible dans Spider-Man : Brand New Day, et en 2028 dans X-Men) sont excellentes.
Sink hérite du rôle le plus "payant" avec son personnage de frangine rebelle et énergique, alors que Rudd a davantage tendance à jouer en réaction. Le tueur incarné par McCabe Slye manque de charisme. Contrairement à Ryan Simpkins qui campe de façon touchante Alice, cette jeune junkie. Le futur shérif Nick Goode (vu dans 1994) est ici incarné par Ted Sutherland.
On retrouve au début et à la fin Kiana Madeira et Benjamin Flores Jr. ainsi que Gillian Jacobs. Le prochain chapitre, 1666, verra tout ce beau monde réuni dans le passé lointain, à l'origine de la malédiction. On en reparle, sauf imprévu, demain...







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