Batman et Robin sauvent une jeune femme d'une cérémonie sacrificielle. De retour à la Batcave, Bruce part pour un rendez-vous. A la sortie du cinéma, lui et son date se font agresser par une bande de très jeunes voleurs...
Il n'aura pas fallu beaucoup de temps à Mark Waid et Chris Samnee pour nous livrer la suite de leur excellent Batman and Robin : Year One, qui s'était achevé en Octobre 2025. C'est donc reparti pour une nouvelle mini série de 12 épisodes sous-titrée Dynamic Duos - et vous n'aurez pas manqué de remarquer le pluriel à "duos"...
Nous sommes toujours dans la première année d'exercice du tandem Batman-Robin, mais Waid fait allusion à plusieurs méchants iconiques qu'ont affronté les deux justiciers depuis leur première grande aventure commune - on voit dans une case les visages du Joker, du Pingouin, de l'Epouvantail, du Sphinx.
L'épisode s'ouvre sur scène saisissante où une jeune femme est sur le point d'être sacrifiée par un évêque convoquant le démon Barbatos au-dessus d'un puits rempli d'ossements. C'est sinistre à soin mais heureusement Batman et Robin sont déjà dans la place et mettent fin au cauchemar de la captive avec diligence.
Heureusement Waid ne sacrifie pas à la mode des comics horrifiques puisque, de retour à la Batcave, Bruce et Alfred renvoient Dick à ses devoirs d'école tandis que Wayne part pour un rendez-vous romantique. L'occasion de souligner que ce dernier, désormais père et super héros, n'a plus de temps pour les frivolités...
Et c'est ainsi qu'on renoue avec ce qui faisait tout le charme irrésistible de la première mini série : le soin apporté à la caractérisation, une pointe d'humour rafraîchissante, l'efficacité de chaque situation, les transitions d'une fluidité incomparable. C'est vraiment, disons-le, magique de lire une BD si bien écrite, si bien pensée.
Si le script est signé Waid, cette fois comme la précédente, l'intrigue a été imaginée conjointement avec Chris Samnee et on sent chez les deux hommes cette complicité exceptionnelle et cette envie de (se) faire plaisir. Leur récit plonge dans le passé pour ne pas dépendre des événements actuels qui se déroulent dans les diverses Bat-séries publiées par DC.
On peut même à peu près dater les événements de cette nouvelle mini puisque lorsque Bruce et Janet sortent du cinéma, on voit qu'il y a à l'affiche La Rue Rouge (Fritz Lang, 1945) et La Griffe du passé (Jacques Tourneur, 1947), ce qui situe l'histoire après-guerre. Donc pas de portable, d'internet... A moins évidemment que le cinéma ne joue des reprises de ces deux classiques à une époque ultérieure.
Très vite, sans perdre de temps, car le rythme est essentiel, un groupe de jeunes voleurs est au centre de l'épisode et Bruce, Alfred et Dick se demandent s'ils opèrent pour le compte d'un vilain qu'ils ont déjà croisé. Je spoile un peu la dernière partie mais j'espère que vous ne m'en voudrez pas : Catwoman apparaît et, surprise, ce n'est pas elle non plus qui commande ces gamins (bien qu'elle veuille les protéger).
Samnee réalise des planches qui sont évidemment à tomber par terre : c'est sans surprise que je vais répéter qu'il est au sommet de son art et que sans doute personne (en tout cas, pas tant que Stuart Immonen ne sorte de sa retraite) ne lui arrive à la cheville en termes de narration graphique. Tout y est : les jeux d'ombres et de lumières, la composition des plans, le découpage virtuose, l'expressivité des personnages...
Ce pourrait être presque banal, le lecteur pourrait presque être blasé devant une telle maîtrise, une telle régularité. Mais en vérité on lit Samnee comme on lit un maître : c'est inspirant, c'est excitant, c'est cool. Les apprentis dessinateurs apprendront beaucoup en tournant les pages, et les simples lecteurs se régaleront devant ce spectacle où on ne sent jamais l'effort, où tout paraît si simple, si facile.
Pour ne rien gâcher, le duo Waid-Samnee est toujours accompagné par le coloriste Matheus Lopes et ça aussi, c'est une merveille. Sa palette est somptueuse, avec une richesse dans les nuances, une intensité dans les ambiances, un respect absolu du trait du dessin. Exemplaire là aussi. C'est réellement un plat de gourmet, du trois étoiles, de la grande cuisine.
Je ne m'attendais certes pas à être déçu, mais c'est tout de même un ravissement que de retrouver ces auteurs avec ces personnages à un tel niveau. L'année qui va suivre sera ponctuée chaque mois par ce joyau et ça, c'est inestimable.





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