mercredi 1 avril 2026

VENOM #256 : DEATH SPIRAL #6 (of 9) (Al Ewing / Carlos Gomez)


Torment est à la porte de l'appartement de Paul Rabin et il va tuer Dylan Brock. Paul s'interpose et tente d'atteindre le tueur avec un couteau de cuisine, mais il est vite désarmé et poignardé. Dylan prend la fuite alors que Venom, Spider-Man et Carnage surgissent pour arrêter Torment...


Le deuxième acte de ce crossover s'achève sur un twist qui, bien que prévisible, reste tout de même très efficace. Mais avant cela, l'épisode en lui-même est redoutable tant il est supérieur à ce que font Joe Kelly avec ou sans Charles Soule. Al Ewing domine de la tête et des épaules ses deux confrères comme si c'était lui le vrai chef d'orchestre de cette histoire.


A quoi voit-on ça ? C'est simple : l'épisode défile à toute allure, il se lit donc vite, mais en même temps il a une densité que les autres n'ont pas. Plusieurs événements se succèdent et tiennent le lecteur en haleine, le récit ne sacrifie personne ni aucune situation - au contraire : il les exploite tous avec intensité, de sorte qu'on achève sa lecture repu.


C'est seulement le deuxième épisode de Venom dans ce crossover et pourtant à chaque fois on observe à quel point la série de Al Ewing survole celle de Joe Kelly (Amazing Spider-Man). J'entends bien que ça ne plait pas à tout le monde que Mary Jane Watson soit le nouvel hôte de Venom, et pourtant Ewing réussit à imposer ce fait avec intelligence et à exploiter la spécificité.


Ici, par exemple, Mary Jane n'apparaît pas, seul Venom est à l'image tout du long, mais entre ce qui arrive à Paul Rabin et ce qui arrive à Dylan Brock, le binôme MJ-Venom rend chaque situation plus personnelle, plus puissante. Et on comprend alors pourquoi ce n'est pas une mauvaise idée - une idée curieuse, étrange, improbable : oui. Mais pas mauvaise.

Si on devait minuter l'action de cet épisode, cela tiendrait en quelques minutes à peine. Ewing ne s'arrête pas en route pour que ses personnages bavardent sur ce qui est en train de se passer : il file tout droit, fait avancer l'intrigue, accumule les péripéties. Et c'est imparable : le rythme est haletant, on n'a pas le temps de réfléchir.

La réflexion, la prise de conscience ne surviennent qu'après la lecture. On mesure ce qui vient de se dérouler et on constate la progression narrative hyper compressée de l'épisode. Si tout le crossover avait cette énergie, cette explosivité, non seulement il ne durerait pas 9 numéros, mais surtout il serait bien meilleur car plus prenant.

Et puis si Ed McGuinness produit de superbes planches sur Amazing Spider-Man, Carlos Gomez est lui en état de grâce. Il plie le game avec des scènes spectaculaires, à coup de plans qui ont une patate d'enfer, des compositions impeccables. C'est superbe de voir comment cet excellent artiste qui jusque-là devait se contenter de faire ses preuves est en train d'exploser.

Ce n'était pas gagné parce que Gomez était catalogué comme un dessinateur très à son avantage avec des héroïnes plantureuses (Red Sonja, America Chavez...). Alors qu'allait-il faire avec Venom ? Et puis avec les dix épisodes d'affilée de All-New Venom, il a calmé tout le monde en prouvant qu'il savait faire autre chose, qu'il était un spécialiste insoupçonné de l'action et des monstres.

Sa complicité avec Ewing fait plaisir à voir : on sent que le scénariste a trouvé un partenaire capable de soutenir ses scripts et que l'artiste relève le défi avec panache et talent. Perso, j'adore ce "VenoMJ", et sur ce crossover, encore une fois, ce sont les épisodes de Ewing et Gomez qui survolent les débats. Rendez-vous la semaine prochaine pour le 7ème chapitre de Death Spiral dans Amazing Spider-Man #26...

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