Catwoman est en fuite à Gotham. Black Mask a offert à Katarina Belov, une femme qu'a défigurée Selina Kyle, ses services pour faire souffrir cette dernière avant de la tuer. Tandis qu'elle découvre qu'Holly Robinson a été capturée, Catwoman appelle Slam Bradley en renfort...
Il faut reconnaître à Torunn Gronbekk une réelle volonté de ne pas égarer le lecteur qui n'aurait pas lu son run depuis le début : dans cet épisode en effet on découvre l'identité de la mystérieuse femme à laquelle Roman Sionis/Black Mask s'est allié et il s'agit d'une antagoniste que Catwoman a déjà affronté il y a quelques mois.
Gronbekk réintroduit Katarina Belov de manière succincte mais suffisante pour qu'on comprenne ce qu'elle reproche à Catwoman. Une recherche facile sur le Net permet de savoir de quand date leur contentieux - c'était dans l'épisode 78 - et effectivement on saisit toute l'intensité de la haine que porte Belov à Selina Kyle.
L'intrigue présente la particularité de ne pas associer deux vilains pour éliminer l'héroïne (même si, in fine, c'est leur objectif commun) mais pour la faire souffrir car Belov a été marquée dans sa chair à cause de Catwoman. Et c'est évidemment quelque chose que peut appréhender Sionis, lui-même défiguré et mentalement très perturbé.
En convoquant Black Mask et en lui ajoutant Belov, Gronbekk convoque la meilleure histoire de Catwoman écrite par Ed Brubaker. C'est un signe d'audace - ou d'inconscience diront certains. En tout cas, je trouve que ça ne manque pas de panache et d'ambition car elle a tout à perdre à marcher dans les pas d'un tel scénariste.
Pour l'instant, en tout cas, c'est très efficace. Le rythme est très soutenu et les péripéties du récit sont excellentes. Comme souvent, il s'avère plus éprouvant pour l'héroïne de s'en prendre à ceux qu'elle aime qu'à elle directement. Mais le jeu de pistes macabre que Black Mask met en scène ne manque pas d'ingéniosité et de sadisme. Et si Catwoman est prête au combat, elle comprend que son adversaire est tout aussi résolu.
L'autre point fort, c'est évidemment le dessin de Davide Gianfelice. Comme je le disais le mois dernier, depuis le début du run actuel, la série a souffert de ne pas avoir un bon artiste régulier (alors qu'auparavant, entre Joelle Jones, Fernando Blanco et même Nico Leon, elle était mieux lotie). L'italien apporte une stabilité réelle.
En outre, Gianfelice est un narrateur formé à l'école transalpine : il va à l'essentiel, tout est très dynamique, sans fioritures. Les personnages sont expressifs, mais le plus important passe par le découpage, le choix des angles de vue, la composition des plans. Tout est bon pour ne jamais se répéter et établir une ambiance angoissante.
Et Patricio Delpeche, qui a un temps officié comme dessinateur sur ce run, accompagne, à la couleur, des planches ainsi savamment dotées. Sa palette joue sur des teintes, des tons parfois très marqués, mais que l'encrage soutenu de Gianfelice contrebalance. On retrouve ce qui a fait la qualité du titre dans les meilleurs moments lorsque Jones, Ram V, Tini Howard l'écrivaient.
Certes, c'est classique, mais c'est bien foutu, haletant, et en prime on va revoir ensemble Selina Kyle et Slam Bradley !





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