vendredi 3 avril 2026

CAPTAIN MARVEL : DARK PAST #1 (of 5) (Paul Jenkins / Lucas Werneck)


Après avoir affronté le gang de démolisseurs avec Iron Man, Carol Danvers se confie à Tony Stark à propos d'éléments de son passé dont elle a des flashs. Il lui conseille de consulter un psychothérapeute et en se recueillant sur la tombe de sa mère, elle se souvient d'une dispute avec son père puis de la découverte d'un dossier. Elle demande à Spider-Woman de l'aider à tirer ça au clair...


Paul Jenkins fait actuellement son retour chez Marvel avec deux mini séries, celle-ci et une autre sur The Sentry, une de ses créations (né d'un canular sur un héros prétendument créé par Stan Lee et oublié ensuite). L'éditeur lui confie donc des projets hors continuité comme souvent avec les vétérans, une manière somme toute peu élégante de les cantonner au rang de has-been.


Si je n'ai pas voulu lire la nouvelle mini The Sentry, j'étais curieux de ce que Jenkins avait à dire sur Captain Marvel : Dark Past. L'héroïne n'a plus de série régulière même si elle a été le leader des Avengers de Jed MacKay. Là aussi, c'est symptomatique de ce que fait (ou plutôt ne fait pas) Marvel avec ses personnages féminins, quand DC a plusieurs mensuels avec ses vedettes du beau sexe.


Jenkins n'a pas de temps à perdre puisqu'il ne dispose que de cinq épisodes pour raconter ce qu'il a à dire. Il revient donc sur un moment clé dans la carrière de Carol Danvers lorsqu'elle affronta Malicia qui absorba ses pouvoirs et une bonne partie de sa mémoire. Si elle a récupéré depuis tout cela, elle sent quand même que des choses manquent.


Ou plus exactement des flashs surgissent et lui montrent des moments du passé qu'elle semble avoir profondément enfouis. Une scène revient où elle se dispute violemment avec son père et il finit par lui avouer qu'il aurait préféré qu'elle meurt à la place de son frère. De quoi ébranler la jeune femme. Mais ce n'est pas tout.

Elle se souvient ensuite qu'à l'époque où elle était reporter (et où elle officiait en tant que Ms. Marvel), elle avait mis la main sur un dossier sur lequel était inscrit "DNVR" (= Danvers). Qu'est-ce que tout cela signifie ? Pourquoi le gang des démolisseurs possède-t-il des armes dopées à la technologie kree ? Autant de pistes à creuser.

Jenkins sait mettre l'eau à la bouche du lecteur qui ne peut qu'être intrigué par le début de ce récit. Bien entendu, cela ne prétend rien révolutionner : des histoires d'amnésie, ça n'a rien de nouveau, et le statut même du projet implique que ce qui sera révélé se cantonnera certainement aux pages de cinq épisodes, sans que personne ne l'exploite ensuite. Mais ça demeure efficace et accrocheur.

Ce qui distingue cependant cette mini d'autres du même tonneau, c'est que généralement Marvel ne confie pas les dessins à un de leurs artistes en vue (voyez ce à quoi Chris Claremont a droit et vous comprendrez à quel point Marvel lui témoigne peu de respect). Jenkins a donc de la chance puisqu'il travaille avec Lucas Werneck, un des "stormbreakers" de la maison des idées.

Werneck a été en vue lors de la période Krakoa des X-Men (il dessinait alors Immortal X-Men, écrit par Kieron Gillen). Si parfois il s'est montré maladroit dans sa narration graphique, il a un trait élégant, notamment quand il s'agit de dessiner des personnages féminins qu'il sait ne pas hypersexualiser. C'est donc un plaisir de le voir s'occuper de Captain Marvel.

Il signe de fort belles planches, superbement colorisées par Rod Fernandes. La bagarre contre le gang des démolisseurs est percutante, mais c'est dans les moments plus calmes que Werneck est le plus à son avantage. Sobre mais toujours juste, il anime ses personnages de telle sorte qu'on ressent leurs émotions et qu'on saisit l'intensité de leurs relations.

En outre, l'histoire permet de revoir Carol Danvers dans son costume de Ms. Marvel, merveille de design de Dave Cockrum, et qui était sexy et classe à la fois, bien meilleur que son look actuel. Comme Kurt Busiek, si j'étais scénariste, la première chose que je ferai serait de la rhabiller comme elle était alors.

Alors, certes, c'est une énième mini série Marvel (là où quelqu'un d'aussi compétent que Jenkins pourrait aisément écrire une ongoing), mais elle démarre bien car elle donne envie de lire la suite.

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