Tony Stark a été capturé par Madame Masque qui lui propose de l'aider à prendre le contrôle de l'A.I.M. en échange de la libération des jeunes scientifiques qu'elle a pris en otage. Cependant Pepper Potts et Melinda May se rendent dans le laboratoire de Tony et tombe sur Citizen V venu y récupérer quelque chose...
Iron Man par Joshua Williamson est une drôle de bestiole : depuis quatre épisodes, on ne peut pas dire que le scénariste ne raconte rien, n'avance pas, mais bizarrement c'est quand même un sentiment de surplace qui domine, comme si son histoire n'avait pas encore décollé. Et ça commence à être un peu laborieux.
De la part d'un auteur qui, chez DC, fait des merveilles avec Superman, personnage encore plus iconique qu'il n'hésite pas à remettre en question (jusqu'à s'en passer actuellement), c'est troublant de voir à quel point il paraît ici plus timoré. Comme s'il en gardait sous le pied, au risque que le lecteur s'impatiente.
On a compris le pitch : Madame Masque veut non pas recréer Iron Man mais Tony Stark pour avoir une arme aussi, sinon plus efficace qu'Iron Man. C'est astucieux, mais Williamson semble ne pas savoir quoi faire de ce point de départ. Ou plus exactement il a un plan mais qui se déploie très lentement. D'où ce sentiment de frustration à la lecture.
Dans cet épisode, c'est flagrant car Tony Stark a été capturé par Mme Masque qui lui révèle son plan (une alliance pour contrôler l'A.I.M.), sauf qu'évidemment Tony ne veut rien avoir à faire avec l'A.I.M.. Par ailleurs, en entrant en contact avec Adam Ware, ce jeune scientifique qu'il a récompensé d'un prix, il culpabilise de l'avoir entraîné dans ce complot.
Williamson glisse une allusion à Mysterio dont Tony réussit à reproduire les illusions, mais on ne comprend pas bien en quoi ça fait progresser l'intrigue, ça tient plus du clin d'oeil superflu (surtout quand l'astuce se retourne contre lui en faisant apparaître Spider-Man). Et en définitive, le récit prend une direction inattendue avec le rôle attribué au Fixer, complice de Mme Masque.
Je ne sais franchement pas quoi penser de tout ça : ça fait quatre mois que le scénariste a relancé la série et s'il présente une histoire séduisante, en même temps quelque chose semble... Je ne sais... Grippé, maladroit, emprunté. Normalement, arrivé à ce stade, on devrait en savoir plus, le récit devrait avoir atteint un cap, un tournant.
Si la dernière page révèle effectivement un cliffhanger accrocheur, l'intérêt se déporte de Mme Masque au Fixer et dans la manoeuvre un personnage meurt de manière expéditive - et du coup on peine à ressentir l'injustice de cette mort parce qu'on n'avait pas eu le temps de bien connaître ce personnage, parce qu'aussitôt après on passe déjà à autre chose.
C'est vraiment comme si le Williamson si dynamique de Superman était éteint, plus décompressé sur Iron Man. Comme j'ai cru comprendre que son intrigue était prévue pour au moins dix épisodes, on va voir ce que ça donne le mois prochain avec le 5ème numéro, donc une fois qu'on sera à la moitié du plan. Mais j'espère que ça va bouger et surtout s'éclaircir.
Carmen Carnero signe de superbes planches, sans surprise. Toutefois, d'une part, elle semble un peu bridée par le script de Williamson, elle qui excelle dans des découpages où elle se montre plus inventive (plus libre ?). Et d'autre part, elle n'a pas eu le temps de boucler l'intégralité de l'épisode et Marvel n'a rien trouvé de mieux que Jan Bazaldua pour lui prêter assistance.
Bazaldua dessine les pages 8 à 11, ce n'est pas énorme, mais ça jure avec le reste, du fait de la faiblesse du résultat. Comme je l'ai déjà dit concernant son passage sur Captain America, Bazaldua est un piètre artiste dont je ne comprends pas que Marvel lui confie du taf sur des titres tels que ceux-ci. Il me paraîtrait plus intelligent de décaler un peu la sortie de l'épisode pour donner à Carnero le temps de tout faire (mais apparemment, c'est inconcevable pour Marvel).
Le souci, c'est que ça va être le même programme le mois prochain et en Juin, à partir du #6, Carnero laisse carrément sa place à Juann Cabal. Cabal est très bon et ça me fait plaisir de le revoir, mais ça ne ressemble pas à Carnero de s'éclipser aussi vite d'une série. Et ça aussi ça rappelle ce qui se passe sur Captain America avec Valerio Schiti qui démarre, s'en va, revient, et repart à nouveau. Il y a un gros problème de gestion des effectifs et ça n'aide pas les séries (Chip Zdarsky a reconnu d'ailleurs récemment que ça ne l'arrangeait pas).
Bref, Iron Man laisse le lecteur dans l'expectative. Je continue d'y croire, mais il ne faudrait pas non plus que Williamson s'endorme sur ses lauriers. Ou que Marvel ait survendu cette relance en ayant laissé carte blanche à ce scénariste.





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