vendredi 24 avril 2026

DETECTIVE COMICS #1108 (Tom Taylor / Pete Woods, Bruno Abdias)


Autrefois. Alors qu'ils appréhendent une bande de voleurs, Batman, Black Canary et Green Arrow reçoivent le renfort d'un jeune héros masqué qui se présente à eux sous le nom de Prion... Aujourd'hui. Oracle avertit Batman qu'un nouveau témoin contre Richard Kelp escorté par la police est en danger...


Comme tous les lecteurs de comics, je n'aime pas beaucoup quand un épisode est mal produit, mal édité. Comment cela se traduit-il ? Par exemple quand le dessinateur a besoin d'aide et que la présence de deux artistes aboutit à un résultat juste moyen. C'est le boulot d'un editor de s'assurer que le dessinateur attitré aura ou non le temps de livrer sa vingtaine de pages, et si ce n'est pas le cas, à mon avis, mieux vaut que son remplaçant réalise l'épisode entier.


C'est ce qui se produit ici puisque Pete Woods ne signe que le début et la fin du numéro, alors que le centre est produit par Bruno Abdias, un inconnu non dénué de talent mais encore un peu vert à mon goût et dont le style tranche avec celui de son confrère. Le résultat donne l'impression qu'on lit quelque chose de mal raccommodé et ce n'est donc pas très agréable.
  

Ensuite, il faut parler de ce qui devient pour moi quand même très problématique dans le run de Tom Taylor sur Detective Comics. A chaque nouvel arc, c'est la même chose : le début n'est franchement pas terrible parce qu'il est très répétitif. Ensuite ça s'arrange plus ou moins, mais c'est le dispositif qui se répète qui créé le problème.
 

Ce dispositif, c'est que Taylor a depuis son arrivée sur la série décidé de jouer la carte de la retcon. On peut apprécier cela de deux manières différentes : soit il s'agit de modifications profondes dans l'historique du héros (par exemple une révélation sur ses origines), soit il s'agit de l'introduction d'un élément nouveau mais plus mineur en importance.

Après avoir donc imaginé que Thomas Wayne avait soigné Joe Chill et caché la compagne de ce dernier, après avoir raconté que le Lion avait été le bénéficiaire d'une bourse donnée par Bruce Wayne mais que Batman avait arrêté son père, une nouvelle fois Taylor s'amuse à glisser un élément inconnu dans le passé de son héros et de ses comparses.

Ici, il s'agit d'un jeune héros masqué, Prion, rencontré lors de l'arrestation d'une bande de voleurs et dont on devine qu'il a ensuite reçu les enseignements de Batman, Black Canary et Green Arrow avant de connaître un destin funeste (puisqu'on a vu les trois justiciers se recueillir sur sa tombe dans l'épisode précédent et sur la couverture de ce n°).

Alors, oui, pourquoi pas ? Au fond, ça ne change pas grand-chose, qu'il s'agisse de Thomas Wayne et Joe Chill, du Lion ou de ce Prion. Ce sont de petites retcons qui ne mangent pas de pain. Mais le systématisme du procédé devient lassant. Si encore Taylor ne faisait pas ça à chaque fois... Mais on a l'impression qu'il a choisi à chaque arc de partir sur cette idée.

Cette manière de louvoyer n'a rien de spécialement créatif. Il peut encore en inventer des paquets de personnages inconnus, inédits, pour justifier des intrigues au présent pour Batman. Mais c'est tout de même très artificiels. Et le pire, c'est que Taylor est coutumier du fait : déjà dans Nightwing, dès son premier arc, il introduisait une demi soeur cachée à Dick Grayson.

Cependant il avait ensuite construit la série sur des ressorts plus imaginatifs et entraînants et finalement l'addition de Melinda Zucco n'était pas qu'une béquille narrative. En revanche sur Detective Comics, on ne voit pas ce que ça ajoute à la mythologie déjà tellement riche de Batman. Et surtout on n'a plus le sentiment que Taylor cherche à construire une saga sur le long terme mais plutôt qu'il enchaîne les arcs mécaniquement.

Je vais quand même achever cet arc (qui prend fin en Juillet). Mais là, vraiment, si après il continue avec ce procédé, j'arrête parce que ça me gonfle.

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