THE NEW AVENGERS, VOL. 2 : THE OTHER WOMAN
(The new Avengers #6-10)
Bucky a découvert que Black Widow étaient à l'origine de la création des Killuminati, mais il pense que la femme qu'il côtoie est peut-être elle-même un clone. Pour s'en assurer, il lui coupe une mèche de cheveux quand elle dort et demande à Reed Richards de l'analyser (sans lui dire à qui appartient l'échantillon). Puis l'équipe des New Avengers décident de capturer Guru Strange...
... Mais ce dernier est sauvé par Luke Charles avec le renfort de Raiponce (clone de Medusa) et Lord Britain (clone de Captain Britain). Durant leur affrontement, Wolverine (Laura Kinney) réussit à poser un traceur sur Luke Charles. Les New Avengers localisent la planque des Killuminati dont Iron Apex a découvert l'identité du commanditaire de Black Widow pour créer le groupe de clones.
Avant que les New Avengers aillent débusquer leurs ennemis, Black Widow avoue à Bucky comment elle a été mêlée à la création des Killuminati - et ses révélations vont sérieusement troubler le Soldat de l'Hiver et compliquer la mission de l'équipe...
Le recueil de ces cinq derniers épisodes de The New Avengers sera disponible en vo en Août prochain mais je vous en fais profiter dès maintenant puisque le dixième numéro est sorti la semaine dernière. Sam Humphries conclut donc son histoire et baisse le rideau sur la série du même coup, annulée comme tant d'autres actuellement chez Marvel.
Ce fut une lecture divertissante et enlevée que celle de ce projet improbable, conçu pour accompagner le film Thunderbolts* (aka The New Avengers) sorti l'an dernier, quand bien même le casting et l'intrigue du comic book n'avait rien à voir avec celui du long métrage. Son côté atypique a fait son charme mais l'a aussi sûrement condamné à ne pas trouver son public.
Qu'il s'agisse de réanimer le titre Thunderbolts ou New Avengers, de toute façon, ce n'est certainement pas ainsi qu'il faut s'y prendre. Les fans de comics ont de la mémoire et ils détestent qu'on se paie leur tête avec des réinterprétations qui n'ont rien à voir avec les originaux. Je n'avais déjà pas aimé quand Hickman s'était servi du titre New Avengers, mais ça pouvait se justifier dans le projet qu'il avait alors avec la série Avengers simultanément.
Quant à Thunderbolts, le nom n'a plus rien à voir avec ce qu'il signifiait à sa création et je me demande toujours pourquoi chez Marvel aucun editor et/ou scénariste ne cherche pas à reproduire le coup d'éclat de Kurt Busiek (qui consistait à tromper tout le monde avec de nouveaux personnages héroïques qui étaient en vérité des super vilains sous de nouveaux alias et costumes).
Concernant ces six derniers épisodes, Sam Humphries en fait quasiment une histoire de Black Widow tant elle est au centre du récit. Une fois que Bucky apprend qu'elle est liée à la création des Killuminati, il cherche à savoir si elle-même n'est pas un de ces clones dégénérés et, sinon, pour qui elle travaille. La résolution du mystère est brillante.
Si le scénario est inutilement déconstruit avec des actions avant et après un attentat spectaculaire à Osaka, et alourdi par le personnage de Carnage (qui veut que Eddie Brock lui permette de tuer les New Avengers pour satisfaire ses instincts criminels), il faut reconnaître qu'on est pris dans le feu de l'action et dans l'attente du dénouement.
Humphries soigne ses effets (l'attentat est à la fois effrayant et étonnant, l'arme utilisée étant exploitée de manière inédite), et quand vient l'explication de Black Widow sur son rôle, on est positivement étonné par ce que l'auteur a su imaginer et comment il rend tout ça sinon crédible en tout cas plausible (il est question de manipulation mentale, d'agent dormant, ce qui est raccord avec Black Widow).
Les personnages sont bien employés, même si on se rend définitivement compte que Hulk n'aura jamais fait partie de l'équipe (contrairement à ce que promettait la couverture du #1). Il y a des échanges intenses et fréquents et le fait que chacun est prêt à sauter à la gorge de son voisin pimente savoureusement la partie.
Les méchants eux sont moins développés, en dehors de Iron Apex, qui cherche vraiment à en savoir plus sur sa création et pousse ses compères à agir intelligemment. Quant à celui qui a organisé toute cette affaire, c'est un rebondissement efficace par rapport à un élément de One World Under Doom - même si Humphries se garde de détricoter ce que Ryan North a établi.
Ton Lima, cette fois, assure le dessin des cinq numéros et il rend une copie très concluante. A mon avis, Marvel peut miser sur lui pour le futur, il a du potentiel (et il le fera parler sur le prochain épisode de Captain America d'ailleurs). C'est une vraie révélation qui mérite de briller sur un projet plus durable - si tant est que Marvel en soit capable.
Car, et c'est là-dessus que je finirai, The New Avengers est encore une série annulée. Certes Marvel prévient tout le monde que désormais si les chiffres ne sont pas bons, le couperet tombera au bout de dix épisodes. Mais comment l'éditeur compte-t-il vraiment motiver les lecteurs d'investir quand une telle limite est posée ? Avez-vous, vous qui me lisez, envie d'acheter des floppies à 4,99 $/mois si c'est pour n'avoir que dix numéros ?
Et puis cela pose une autre question, peut-être encore plus vertigineuse : Marvel, en dehors de Spider-Man, Avengers, X-Men, est-il encore une maison d'édition qui publie des ongoing ? Ou simplement quelques titres illimités (mais fréquemment relancés au #1) et une multitude de mini séries ? On peut se poser la question quand en dehors des grandes marques précitées, tout le reste doit se contenter de dix épisodes.
A partir d'ailleurs de combien d'exemplaires vendus Marvel décide-t-il d'annuler une série ? Je ne m'intéresse guère aux chiffres, mais j'ai l'impression qu'à force ça devient une excuse pour publier des titres dont la seule et véritable fonction est d'inonder les bacs, sans se soucier de leur qualité, de leur intérêt, de leur pérennité.
D'ailleurs, vous avez peut-être remarqué que Marvel ne communique plus en termes de statu quo : fini le temps des "Marvel Now", "All-New All-Different Marvel" et j'en passe. On en pense ce qu'on veut, mais ça avait le mérite d'ouvrir de nouvelles périodes éditoriales, de dater le lancement de titres, de collections, de gammes.
Désormais, Marvel publie des mensuels, les prolonge, les annule, mais il n'y a plus de périodes, d'ères. Quand DC structure ses publications avec des signaux comme "New 52", "Rebirth", "All-In", "Next Level", osant lancer des séries casse-gueule, mais soutenus par des équipes artistiques ambitieuses, Marvel ne fait même plus semblant d'encadrer ses titres et de les confier à des artistes capables d'attirer le lecteur.
C'est assez pathétique en vérité. Tant que Spider-Man, X-Men, Avengers fonctionneront suffisamment pour supporter ce système, il n'y aura aucune remise en compte. Mais cela signifie surtout qu'éditorialement ni CB Cebuski, ni Tom Brevoort n'ont de réelle vision d'ensemble - autre que de sortir une tonne de comics chaque mois et de compter les morts ensuite.






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