CAPTAIN MARVEL, VOLUME 6 : STRANGE MAGIC
(Captain Marvel #27-30)
- STRANGE MAGIC (Kelly Thompson / David Lopez, Jacopo Camagni) - En 2052, Carol a rencontré la fille de James "Rhodey" Rhodes... Et découvert qu'elle n'était sa mère. Pour ne pas compromettre la paternité de Rhodey, Carol a préféré le quitter. Dévastée, elle ne quitte plus son appartement et ne répond plus aux appels de Jessica Drew. Celle-ci la force à se ressaisir en l'inscrivant à un speed dating. La soirée tourne au fiasco et Carol finit dans un bar où elle trouve Dr. Strange... Avec qui elle finit la nuit au lit !
Après cette aventure sans lendemain, Carol pense avoir trouvé une solution pour empêcher le futur apocalyptique qu'elle a connu de se produire. Ove tirait sa force d'une combinaison entre la magie de sa mère, Amora l'Enchanteresse asgardienne, et d'Atlantis. Carol demande donc à Strange de lui enseigner la magie pour retrouver et vaincre Ove. Il refuse catégoriquement.
Carol se tourne vers d'autres super héros aux pouvoirs magiques qui suivent l'avis de Strange. Elle décide alors de solliciter Amora elle-même, sans lui révéler qu'elle compte éliminer son futur fils...
C'est un tome très court que ce sixième volume de la série puisqu'il ne compte que quatre épisodes, quand bien même le trentième est plus long puisqu'il possède une back-up story. Toutefois, malgré sa brièveté, il est bien meilleur que le précédent tome.
A vrai dire, on regrette surtout que Kelly Thompson n'ait pas produit une seule et même histoire comprenant les épisodes 22 à 30 car on a bien là la suite et fin de l'arc The New World. Et ainsi composée, cette histoire devient plus complète, plus palpitante. C'est un peu un acte manqué, mais au final la scénariste réussit un exploit en rattrapant son coup.
A la fin de la précédente aventure donc, Carol décidait de rompre avec Rhodey car elle avait rencontré dans le futur la fille de ce dernier et elle n'en était pas la mère. On retrouve donc Carol en pleine dépression. Jusqu'à ce que Jessica Drew/Spider-Woman prenne les choses en main. Sans mesurer les conséquences.
L'épisode qui ouvre ce tome (le #27) est une merveille de drôlerie, qui prouve de quoi Kelly Thompson est capable quand elle s'adonne à la comédie, un registre où elle a déjà brillé (notamment quand elle écrivait West Coast Avengers). Les scènes s'enchaînent à un rythme soutenu, provoquant les rires par le drame qu'endure l'héroïne et les moyens que met en oeuvre sa meilleure amie pour qu'elle aille mieux.
Une soirée de speed dating calamiteuse plus tard, Carol finira dans le lit de Stephen Strange (qui, comme Matt Murdock, est quand même un gros queutard). Mais Thompson n'a pas fait cela que pour la déconne - au contraire : elle va exploiter cette péripétie pour construire le récit qui suit et où Captain Marvel doit s'initier à la magie pour espérer empêcher le futur catastrophique qu'elle a vu de se produire.
Le twist, assez épatant, que la scénariste va trouver, c'est de pousser Captain Marvel vers l'Enchanteresse pour neutraliser Ove, c'est-à-dire le futur fils d'Amora elle-même. La ruse fait long feu et aboutira à une confrontation musclée et une résolution trouble. Mais l'ensemble est redoutablement efficace et tordu à la fois.
David Lopez, qui avait été le partenaire privilégiée de Kelly Sue DeConnick lorsqu'elle écrivait Captain Marvel, revient donc sur le titre pour dessiner l'épisode 27. Ses personnages très expressifs, son trait rond, limite cartoony, sa narration simple et directe, font des merveilles jusqu'à la chute irrésistible. Il faudrait vraiment qu'un jour le run de DeConnick et Lopez soit réédité en vo.
Puis c'est Jacopo Camagni qui s'occupe des trois épisodes suivants. C'est assez poignant de lire ses planches puisque ce jeune artiste est mort récemment (le 1er Mars 2026) à seulement 48 ans. Très actif, il avait une grande carrière devant lui et Marvel venait de lui confier une nouvelle série (Generation X-23).
J'ai découvert Camagni quand il a succédé à Valerio Schiti et Stefano Caselli sur le titre S.W.O.R.D. (écrit par Al Ewing). Il avait ce trait élégant et expressif, d'une suavité assez exceptionnelle, qui en faisait un excellent narrateur graphique. Ici, déjà, il faisait preuve d'un grand talent, notamment dans les passages les plus drôles, mais aussi dans les scènes d'action qu'il savait rendre très puissantes.
Tout concourt à faire de ces épisodes et de cet arc une franche réussite.
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- RIPPLES (Jamie McKelvie) - Après les récentes épreuves qu'elle a traversées, Captain Marvel décide de rendre visite à Ms. Marvel (Kamala Kahn). Elle veut savoir pourquoi la jeune fille la considère comme un modèle super héroïque alors qu'elle a l'impression d'accumuler les erreurs...
Pour fêter le trentième épisode de la série, Marvel a confié au dessinateur Jamie McKelvie (Young Avengers, The Wicked + The Divine) une back-up story d'une dizaine de pages où il est aussi scénariste. Et c'est une jolie démonstration.
McKelvie avait un sujet tout trouvé en montrant une rencontre entre Carol Danvers et sa super fan Kamala Kahn alias Ms. Marvel. Il interroge cette dernière sur les raisons pour lesquelles elle a repris l'ancien alias de Carol et pourquoi elle la trouve exemplaire. C'est l'occasion d'une balade dans le quartier où habite Kamala et d'un dialogue à bâtons rompus, à la fois touchant et franc.
Le résultat est vraiment concluant : si McKelvie est un peu bavard, il explicite clairement et intelligemment pourquoi Captain Marvel, en plein doute, inspire Ms. Marvel. Pas de grande déclaration grandiloquente ni d'effusion, mais un échange à la fois drôle et émouvant entre deux super héroïnes, deux générations, une même vocation.
Visuellement, c'est bien entendu magnifique. McKelvie est un artiste prodigieux et bien trop rare (sa série chez DSTLRY, One For Sorrow, est en suspens depuis Novembre 2024 !), raison de plus pour savourer chaque planche. C'est beau à tomber à la renverse tout simplement. Espérons qu'il refera vite parler de lui.
Voilà, c'était la dernière critique sur cette série, dont je n'ai pu me procurer que les six premiers tomes. Si je peux acquérir les suivants pour un bon prix, je reprendrai ces reviews en espérant boucler le run de Kelly Thompson.






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