Suite à la découverte d'un artefact dans la chambre forte de la zone négative, Black Cat et Mary Jane Watson sont propulsées dans un passé alternatif. Peter Parker n'a jamais été mordu par une araignée radioactive, Gwen Stacy n'est pas morte... Et si c'était une chance à saisir ?
Alors, tout d'abord, un point sur la série : dans les dernières sollicitations Marvel pour le mois de Juin prochain, on a pu voir que Black Cat #11 serait publié. Ce qui signifie que le titre n'est pas annulé. Mais ça reste à confirmer et pour cela il faudra attendre le catalogue pour Juillet (qui devrait être disponible la semaine prochaine).
Je reste donc prudent même si je suis heureux que ça ne se termine pas au #10 comme la rumeur le suggérait. Ce qui paraît plus certain en revanche, c'est que le mois prochain s'achèvera cet arc avec Black Cat et Mary Jane Watson/Venom, dont l'intrigue connaît ici un sort qui est loin d'être un simple amusement.
G. Willow Wilson est une scénariste qui excelle dans la caractérisation de ses personnages : elle réussit souvent à les rendre sinon réalistes en tout cas multidimensionnels, ce ne sont pas de simples héros ou méchants, d'un bloc. C'est particulièrement remarquable dans Poison Ivy et, si elle s'est montrée d'humeur plus légère avec Black Cat, cette fois elle se fait un peu plus grave.
Souvent les bons scénaristes se distinguent par leur capacité à faire ressortir des personnages quelque chose de riche, de profond, alors même que leur situation récente frustre les fans. Et c'est ce qui se passe ici avec MJ Watson, dont beaucoup se demandent ce qui a pris à Marvel d'en faire l'hôte de Venom ou de la marier à Paul Rabin.
Si j'aime beaucoup l'idée d'en avoir fait Venom, il est vrai que Paul Rabin est un vrai caillou dans la chaussure, c'est un peu le Terry Long moderne (référence au mari de Donna Troy dans New Teen Titans). Sans charisme, introduit de manière grotesque, il est devenu ce type que personne ne peut supporter. D'autant plus quand on a lu Ultimate Spider-Man par Hickman où Peter et MJ formaient un couple avec enfants.
En attendant de savoir ce que Paul Rabin deviendra (même si le crossover Death Spiral donne une indication...), G. Willow Wilson avec son voyage dans une temporalité alternative explore ce qui aurait pu advenir des "femmes de Peter Parker". Une sorte de mini What if...? en somme, où Gwen Stacy ne serait pas morte (et mariée à Flash Thompson), où Felicia Hardy aurait épousé Peter, où MJ serait devenue une star de cinéma...
Mais, cruauté savoureuse, Wilson ausculte aussi ce qui se serait certainement passé avec les années qui se seraient écoulées dans ce monde-là. Felicia Hardy rejetée par ses enfants, MJ doublée par de plus jeunes actrices. Subsiste l'amitié entre elles deux et la prise de conscience commune et simultanée que, finalement, leurs vraies vies valent quand même le coup.
La mélancolie, à peine perturbée par un saut dans un futur complètement zinzin lui, rend l'épisode étonnamment touchant. Etonnamment parce qu'on est saisi par la lucidité de ce que les deux héroïnes traversent. Et aussi parce qu'on ne s'attendait pas à ça après 8 épisodes plutôt rigolos, bondissants, décalés. Black Cat est décidément une série surprenante.
Et la dernière page ménage un rebondissement intrigant qui pourrait révéler l'identité de celui qui veut compromettre MJ...
Gleb Melnikov se montre très à l'aise dans ce registre plus intimiste et son trait très expressif convient à merveille au script de Wilson. Andrés Genolet vient lui prêter main forte et dessine les pages 15 à 19 (la scène dans le futur) en réussissant à imprimer rapidement sa marque (bon sang, donnez à Genolet une série ! Il mérite mieux que de jouer le fill-in).
Plus que jamais j'espère que Black Cat va durer parce que c'est vraiment un projet très sympa, formidablement écrit et dessiné, et qui fait du bien à Marvel.





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