GREEN LANTERN, VOL. 6 : WITH THIS RING
(Green Lantern #28-33)
Après avoir vaincu Starbreaker et son armée, les Green Lanterns fouillent les décombres de son château pour y récupérer le Livre d'Oa. Guy Gardner le montre à Hal Jordan dont le nom figure à l'intérieur. Mais en s'approchant de l'ouvrage, Hal est assailli par de sinistres visions du futur. Il les tait pourtant à ses compagnons et à Star Sapphire qu'il retrouve à la Tour de Guet de la Justice League même si elle devine son malaise.
Hal Jordan décide de parler à son ami Green Arrow qu'il aide lors d'une mission. Puis il se rend à Gotham pour être examiné par Batman qui lui conseille de ne pas refouler ce qu'il a ressenti. Il gagne ensuite à Central City pour le protéger car il est la cible d'un mafieux contre qui il doit témoigner lors d'un procès.
Tout d'abord, je dois préciser que le recueil contenant ces épisodes ne sortira en vo qu'en Juillet prochain. Comme j'ai pu les lire en floppies, j'ai voulu en parler tout de suite, tant que je m'en rappelle, pour ne pas avoir à m'y replonger le moment venu. Ce volume se situe donc chronologiquement après le crossover The Starbreaker Supremacy.
La victoire remportée contre le vampire galactique va donner à Jeremy Adams l'occasion de relancer la série pour un tour avec la récupération par le Green Lantern Corps du Livre d'Oa, une sorte de grimoire recelant tous les secrets des Gardiens depuis la nuit des temps. Et dans l'ouvrage figure le nom de Hal Jordan. Comment est-ce possible ?
On n'aura pas la réponse avant un moment mais le scénariste initie le point de départ d'une intrigue qui va bouleverser le coeur même de la série puisqu'à la fin du #32, Hal Jordan confie la protection de la Terre à Kyle Rayner en lui expliquant qu'il doit s'absenter pour une durée indéterminée afin d'enquêter sur la vision du futur qu'il a eue au contact du Livre d'Oa.
Concrètement, ça signifie ni plus ni moins que la série Green Lantern n'aura plus Hal Jordan en vedette mais Kyle Rayner. On continuera à suivre Hal Jordan, mais il ne sera plus au centre des épisodes à venir, occupé à enquêter de son côté pendant que Kyle jouera les héros à Coast City. Or, historiquement, Kyle Rayner a été créé justement comme le remplaçant de Hal Jordan.
Rayner est plus jeune mais, potentiellement, c'est le plus puissant des Green Lantern - il peut devenir le White Lantern. Les relations entre Hal et Kyle ont souvent été assimilées à celle du héros et de son sidekick même si on ne peut pas dire qu'ils aient été partenaires comme, par exemple, Captain America et Bucky Barnes.
Avant cela, ce volume s'affiche clairement comme une transition. On n'a pas d'intrigue véritable, comme si Jeremy Adams reprenait son souffle après The Starbreaker Supremacy. Hal a donc eu un aperçu du futur, terrifiant, et il passe les épisodes à chercher une sorte de réconfort moral auprès d'autres héros. Ainsi a-t-on droit à des team-up avec Green Arrow, Batman, Barry Allen.
Il faut l'avouer et le dire clairement : ce n'est guère passionnant. Adams tourne autour du pot : tout le monde sent que Hal a un gros problème et cherche à lui tirer les vers du nez, mais Jordan ne parle pas du fond des choses. Batman, à ce petit jeu, se montre évidemment le plus cassant mais aussi le plus clair : s'il ne veut pas se confier, alors qu'il règle ses soucis tout seul.
C'est dommage que Adams n'ait pas saisi cette occasion pour confronter Hal Jordan à son côté vantard et que ses amis ne le poussent pas dans ses retranchements, surtout compte tenu des visions lugubres qu'il eues. Le pompon est atteint avec l'épisode 32 où Hal veut demander sa main à Carol Ferris à Paris et où elle lui répond qu'il doit d'abord résoudre le mystère de ce qu'il a vu avant de s'engager dans le mariage.
C'est un peu la faiblesse de Adams comme auteur : la plupart du temps, ses dialogues ne sont là que pour expliquer la situation, ses tenants et aboutissants, et il esquive la part psychologique au profit d'une caractérisation assez légère. C'est un scénariste doué pour faire monter la mayonnaise de ses intrigues, beaucoup moins pour traduire les pensées et émotions de ses personnages - et de son héros en particulier.
Peut-être se montrera-t-il plus inspiré avec Kyle Rayner qu'il a associé à Odyssey, une voleuse de l'espace, avec qui il a fait équipe lors de précédents épisodes aux côtés de Superboy (Connor Kent), juste avant le crossover. Là, tout est à faire, il n'y a pas de relation aussi établie qu'entre Hal et Carol Ferris par exemple, et Kyle n'a pas d'amis comme Green Arrow ou Barry Allen (même s'il est pote avec Superboy et Wally West).
Enfin, le tome se conclut avec l'épisode 33 qui est aussi le 600ème épisode tous volumes confondus. Malheureusement, c'est une déception. Au lieu de fêter ça en grande pompe, on a droit à une enfilade de flashbacks pas terribles plus une back-up story par Ron Marz et Darryl Banks, les créateurs de Kyle Rayner.
Le coeur du numéro voit Kyle et Odyssey chercher des fugitifs échappés des prisons d'Oa à Los Angeles et affronter un producteur de cinéma qui a viré son personnel pour le remplacer par une I.A.. C'est pas fameux, même si c'est sorti au moment même où Disney a licencié tous les artistes qui ont participé à la production design du MCU...
Visuellement, ce sont les montagnes russes : on démarre avec du V. Ken Marion et c'est toujours aussi moche. Franchement, qu'un dessinateur aussi mauvais ait du boulot, et sur une série pareille, ça me dépasse. Puis Carmine di Giandomenico lui succède sur les deux épisodes suivants pour un résultat nettement supérieur mais sans être renversant.
Montos officie sur les deux n° suivants : c'est pas mal. Ce n'est pas pas came, mais ça se lit. Enfin Xermanico revient pour quelques pages du n°33/600 mais on sent bien que c'est juste pour l'occasion (il sera absent pour les trois prochains mois et remplacé par Ig Guara). V. Ken Marion et Dan Jurgens se chargent des flashbacks de ce dernier épisode - no comment (mais vous savez combien j'adore ces deux "artistes"...).
Vous l'aurez compris, ce n'est pas la folie. Six épisodes pour dire si peu, c'est quand même très décompressé et creux. Il faut vraiment espérer que Jeremy Adams se sorte les doigts dans les prochains mois et souhaiter que le retour de Xermanico au mois de Juillet signifie qu'il va à nouveau enchaîner les épisodes.







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