vendredi 3 avril 2026

JSA #18 (Jeff Lemire / Gavin Guidry)


La JSA se forme enfin lorsque tous ses membres comprennent qu'ils ne peuvent gagner qu'ensemble contre Ultra-Humanite et ses acolytes...


Ce 18ème épisode conclut donc l'arc Year One de JSA et le moins qu'on puisse dire est que ça aura été laborieux. Au bout de six mois, Jeff Lemire assemble enfin l'équipe dont les héros admettent qu'ils ne pourront venir à bout de leurs ennemis qu'ensemble. C'est le propre de toutes les équipes de super héros, mais c'est amené sans inspiration, sans souffle.


Comme j'ai déjà exprimé mon insatisfaction à plusieurs reprises sur cette histoire et la manière dont le scénariste l'a conduite, je ne vais pas me répéter. C'est un ratage dans les grandes largeurs mais d'abord parce que Jeff Lemire n'a su, à aucun moment, justifier la nécessité de raconter ce qu'il nous a livrés. Et c'est bien connu, quand on n'a rien à dire, on ferme sa g....


Passe encore qu'il ait voulu réviser les circonstances dans lesquelles les membres de la JSA ont décidé de former un groupe, mais encore eut-il fallu l'écrire avec un peu d'intensité. Or ce qui a cruellement fait défaut aussi à ces six épisodes, c'est bien cette absence de rythme, d'énergie -  ce qui maintient le lecteur en éveil, lui donne envie de lire le prochain numéro.


Surtout, et pour en finir sur ces points narratifs, on aurait pu croire que revenir sur les origines de la JSA contiendrait quelque chose pour une histoire à venir, comme si, dans le passé, se trouvait un élément à exploiter pour la série. Mais ça n'a même pas été le cas, d'où ce sentiment de remplissage, d'un arc pour meubler avant de revenir aux affaires courantes.

La vérité, c'est que DC, dans une production globale de qualité, a un problème avec ses team books : Justice League Unlimited semble n'être qu'un vaisseau supportant les events (la série étant elle-même issue de l'un d'eux, Absolute Power) et Mark Waid n'utilisant que très peu le potentiel de ce qu'une telle série permet (avec des héros tous réunis sous la bannière de la Justice League).

Titans a également beaucoup de mal à décoller : Tom Taylor n'en a rien fait, John Layman a produit un grand arc inégal mais efficace avant de céder sa place récemment à Tate Brombal qui procède à une redistribution des rôles. Birds of Prey a été annulée après avoir sombré péniblement. Le bilan est tout de même désastreux.

Je ne pense pas continuer à suivre JSA même si le prochain arc revient au présent, avec le retour du Spectre et celui du dessinateur Diego Olortegui (mais qui, on le sait, ne peut enchaîner les épisodes comme Dan Mora sur JLU). Jeff Lemire m'a découragé avec Year One, je ne pense pas qu'il soit l'homme de la situation pour cette série à cause de sa gestion du casting et de ses intrigues.

L'échec de cette histoire revient aussi à Gavin Guidry. Sans vouloir l'accabler davantage alors qu'il est devenu entre temps le nouvel artiste de la série Flash (reprise par le scénariste Ryan North), il résume bien le problème des team books en général chez DC (mais pas que), à savoir qu'il est devenu très dur de trouver un artiste capable de soutenir ce genre d'exercice.

Bien sûr, il y a le talent et Guidry, sans en manquer, me semble surtout trop tendre, encore en progrès. Mais DC n'a pas, à l'exception de Mora donc, quelqu'un en mesure de livrer des épisodes avec une série de ce calibre. Désormais les editors doivent avoir au moins deux dessinateurs en alternance sur un team book sinon c'est un défilé de fill-in. (Marvel est confronté au même problème.)

Quand James Robinson et David Goyer puis Geoff Johns écrivaient JSA puis Justice Society of America, ils avaient à leur disposition des Stephen Sadowski, Leonard Kirk, Peter Snejbjerg, Dale Eaglesham, Fernando Pasarin, Jerry Ordway, c'est-à-dire soit des artistes très solides et réguliers, soit moins rapides mais complémentaires.

Tout cela, ces six épisodes l'ont démontré : la nécessité de trouver au moins deux dessinateurs de qualité équivalente se partageant le tâche, l'urgence pour Lemire de raconter des histoires plus compactes et inspirées, et le besoin pour DC de se pencher sérieusement sur ce qu'ils ambitionnent pour leurs séries d'équipe.

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