jeudi 16 avril 2026

LOBO #2 (Skottie Young / Jorge Corona)


Devenu la nouvelle vedette d'un reality show produit et diffusé par l'Omni Omega+ Entertainment Corporation, Lobo subit un relooking extrême et doit surveiller son langage mais aussi revoir ses méthodes de chasseur de primes pour ne pas froisser le public. Qui, lui, veut un vrai héros et des adversaires prestigieux...


Si j'ai été déçu par Batwoman dans la collection de comics DC Next Level, laissez-moi vous assurer que Lobo dériderait n'importe qui. Skottie Young fait feu de tout bois dans ce deuxième épisode qui conclut déjà le premier arc de la série. Pas sûr que le dernier des czarniens en sorte indemne, mais le lecteur aura beaucoup ri de ses mésaventures.
 

Young a donc fait du "main man" la vedette d'un reality show où il joue son propre rôle de chasseur de primes mais pour lequel il doit être rhabillé et son langage fleuri adouci. Chassez le naturel, il revient au galop : Lobo continue à s'exprimer grossièrement en brutalisant excessivement ceux qu'il doit capturer. L'audience périclite, les téléspectateurs sont horrifiés.


Lors d'une séance avec les cadres de la compagnie qui l'emploient, Lobo comprend qu'il doit se comporter en héros mais aussi se frotter à des adversaires plus connus et coriaces. Comme l'empereur Aquaman. Peu importe que ce dernier n'ait commis aucun délit, il fera une cible parfaite pour que le public soit conquis.


On a alors droit à un affrontement dévastateur entre les deux antagonistes, aucun des deux ne retenant ses coups mais chacun voulant humilier l'autre. C'est violent mais drôlissime même si ça ne résout pas le problème et aboutit à une nouvelle crise en interne sur l'image de la nouvelle star des médias et la manière dont les spectateurs le perçoivent.

On peut trouver l'approche un brin foutraque et excessive, mais rappelons-nous que Keith Giffen et Roger Slifer ont créé Lobo comme la caricature des super héros hyper brutaux qui pullulaient déjà dans les comics dans les années 80. Par la suite, il deviendra encore plus outrancier, jusqu'à l'absurde. On peut donc affirmer que Skottie Young ne fait que respecter les fondamentaux.

Mais sa lecture de Lobo s'accompagne d'un humour iconoclaste : rien n'est sacré ici, pas même d'inclure Aquaman, élevé récemment dans sa série au rang d'Emperor, pour une baston sanglante et déjantée dans l'espace. C'est franchement réjouissant de voir DC laisser un auteur aller aussi loin, sans souci des convenances, libre de s'amuser avec les jouets des autres (sans que cela ait d'impact sur le travail d'autres scénaristes).

Autre motif de jubilation : le dessin de Jorge Corona. Il règne sur cette série un esprit punk que le style graphique renforce. Corona n'a pas peur de la jouer cradingue, avec des tâches d'encre dans les marges, et une expressivité caricaturale qui souligne l'excentricité du propos. Lobo est un personnage bigger than life, à la fois grotesque et irrésistible, et à qui ce traitement convient idéalement. 

Encore une fois, le grand moment qu'est la bagarre entre Lobo et Aquaman est une merveille à cet égard, mais dès la première page, on a déjà envie de rire aux éclats en assistant à la séance de relooking de Lobo, puis à la fin avec l'échange entre Lobo et le patron de l'Omni Omega+ Entertainment Corp. où son ressentiment est le prétexte à un défouloir tout aussi radical/

J'adore cette série qui se vautre avec indécence dans l'excès le plus tordant. C'est vraiment bon de lire un comic book aussi insensé, aussi déconnant par les temps qui courent. Longue vie à Lobo !

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