L'autre grand mérite de ce crossover, c'est la simplicité de son argument : Starbreaker réussit donc à priver l'univers d'émotions et à libérer du même coup les Sun-Eaters, une armée capable de ravager des planètes pour les dominer sans que la population n'oppose de résistance (puisqu'elle est amorphe). Sans héros pour les contrarier, quel espoir ?
A partir de là, le récit déploie ses ailes sur un rythme soutenu. On pourra déplorer qu'en cours de route Adams ait cru bon d'inclure le retour d'un autre vilain qui fera des siennes dans un futur proche : ça alourdit le propos inutilement et ça aurait pu attendre. Un autre point m'a un peu chiffonné concernant le rôle de John Stewart, donc on aurait pu penser que Adams et Hampton allait lui donner plus d'impact (alors que c'est traité un peu par-dessus la jambe).
Je suis aussi dans l'expectative de ce que Adams compte faire de Dan Garrett/Blue Beetle I qu'il a ressorti dans le tome 5 et dont on pouvait espérer qu'il soit plus présent ici, or il n'en est rien. D'ailleurs c'est la même chose pour Connor Kent/Superboy et Odyssey, trop en retrait alors qu'ils auraient été des renforts non négligeables dans cette bataille.
Ces réserves écartées, on passe un très bon moment et le crossover se savoure comme une réunion au sommet entre les deux séries avec un vrai bon adversaire au menu. Les scénaristes donnent à leurs personnages l'occasion de briller, ce n'est pas seulement Hal Jordan et les autres Lanterns mais bien un collectif qui est sollicité.
Visuellement, on est tout aussi gâté : Xermanico dessine les épisodes 7 et 9 de Green Lantern et livre des planches absolument splendides, rehaussées par les couleurs luxuriantes de Romulo Fajardo. Il est toutefois, hélas ! remplacé par l'abominable V. Ken Marion sur le #8, mais je pense que c'était inévitable puisqu'il a participé à DC K.O. et qu'il devait se réserver du temps pour le #600 (Legacy). Toutefois, la série aurait bien besoin d'un bon dessinateur pour suppléer Xermanico parce que Marion, c'est juste pas possible.
Fernando Pasarin, lui, est aux commandes des épisodes de Green Lantern Corps et sa prestation est tout bonnement impressionnante. On a droit à des splash et des doubles pages de folie avec une multitude ahurissante de personnages, des décors super chiadés. C'est du très haut niveau, comparable à du George Pérez des grands jours.
Hormis donc quelques bémols mineurs, ce crossover est excellent et confirme la bonne santé des deux séries. On n'est vraiment pas grugé et c'est quand même assez rare pour être dit. Quel dommage qu'Urban Comics n'ait pas publié ces titres en vf (ou si mal quand ça a été le cas) !







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