Sosa, un des chefs de la mafia, organise une fête car son fils adoptif, Jimmy Boy, vient de sortir de prison. Il a appris par un de ses hommes de main, Nick, que Mike, un tueur à gages à son service, a dénoncé Jimmy Boy à la police et il veut se débarrasser de ce "rat". Nick le souhaite aussi depuis qu'il sait que Mike couche avec Alice, sa femme.
Pourtant Nick demande un service à Mike et celui-ci accepte de le lui rendre, même si les instructions qu'on lui donne sont étranges : il doit chloroformer un type qui est dans la maison de Nick. Et sa surprise est totale quand il découvre que l'homme en question est... Nick lui-même ! Une fois maîtrisé pourtant, Nick resurgit et lui explique venir du futur pour empêcher une catastrophe de se produire.
Le Nick du futur a regretté d'avoir balancé Mike à Sosa alors qu'il n'est pour rien dans l'arrestation de Jimmy Boy. Il ne lui en veut pas non plus pour sa liaison avec Alice. Ensemble, avec le Nick du présent, il veut tout faire pour que Mike ne soit pas exécuté par le Baron, un assassin cannibale engagé par Sosa. Mais peut-on faire confiance à Nick ?
Mike & Nick & Nick & Alice est disponible sur la plateforme Hulu, accessible via Disney +. Si je commence cette critique en mentionnant cela, c'est parce qu'en soi c'est la première des bizarreries de cette comédie d'action et de science-fiction car on reproche souvent (et à raison) le fait que les productions des plateformes de streaming soient formatées et celle-ci le contredit.
BenDavid Grabinski, qui a écrit et réalisé ce film, propose un long métrage tellement iconoclaste qu'on le remarque immédiatement par son pitch au milieu d'autres films conçus pour une plateforme. C'est drôle, mouvementé et tordu à souhait, et c'est réussi dans les trois registres. Jamais une partie ne prend le pas sur l'autre, dans un miraculeux équilibre.
Pourtant les histoires de voyage dans le temps sont casse-gueule, alors imaginez si vous les mixez avec des ingrédients de polar et de comédie. De ce point de vue, le résultat fait penser à ces hybrides qu'on voyait dans les années 80 quand Hollywood devait se réinventer après le règne du New Hollywood et ses figures comme Scorsese, Coppola, Cimino, De Palma.
C'était l'époque où Spielberg revitalisait le cinéma d'aventures rétro avec Indiana Jones, Zemeckis s'amusait avec Retour vers le futur, Joe Dante avec le cinéma d'horreur Z (Gremlins). Et c'est cette humeur-là que saisit Mike & Nick... : un objet qui ne se prend pas au sérieux mais explore plusieurs genres dans une même histoire avec sérieux.
Au fond, ce que nous raconte le film, c'est moins une variation sur des gangsters qui cherchent à régler leurs comptes sur fond de triangle amoureux qu'une exploration du thème de la culpabilité. Nick est un homme qui saisit l'opportunité de remonter le temps pour éviter un geste qu'il regrette et qui a conduit à la mort de son ami et à la maternité solitaire de sa femme (enceinte de Mike).
Tandis que Sosa est un mafieux qui ne veut que se venger, Nick veut réparer l'injustice qu'il a commise et infligée. En jouant avec la figure du double, le cinéaste souligne plus subtilement qu'on pourrait le croire les différences de réaction : le Nick du futur est plus posé, le Nick du présent est encore dans le ressentiment.
Mais ça fonctionne aussi quand l'histoire prend le parti d'en rire (et de nous faire rire) : Mike n'est pas le couteau le plus aiguisé du tiroir (il ne comprend jamais rien tout du long) alors qu'Alice pige instantanément que le Nick qui a capturé son double du présent vient donc du futur. Loin d'être un simple objet de querelle entre les deux hommes, elle est celle qui raisonne le plus simplement et logiquement.
Grabinski se montre particulièrement inspiré pour rendre l'intrigue la plus claire possible sans s'embourber dans des explications pseudo-scientifiques. Il l'est tout autant quand il faut passer à l'action comme en témoigne la fusillade finale, digne d'un épisode de John Wick, avec une touche d'absurde absente de cette franchise.
Le casting est épatant : James Marsden est très drôle en assassin ciblé et dépassé tandis que Eiza Gonzalez, toujours d'une beauté renversante, prouve qu'elle est une comédienne remarquable dans la distanciation nécessaire à cet exercice. Quant à Vince Vaughn, dans un double rôle, il réussit à composer un personnage nuancé avec une présence à la fois sobre et imposante.
Il est évidemment regrettable que ce film soit condamné à se noyer dans une masse de productions sans saveur à cause des algorithmes. Mais si vous êtes abonné à Disney +, donnez-lui sa chance, vous ne le regretterez pas.







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