Le Dr. Fatalis a sacrifié sa vie pour sauver celle de sa filleule, Valeria Richards, qu'il avait accidentellement tué en affrontant les super héros. Foggy Nelson et Cole North viennent informer les Fantastic Four et la jeune fille qu'elle a hérité de la colossale fortune de son parrain... Cependant que le général Thaddeus "Thunderbolt" Ross est rapatrié aux Etats-Unis après avoir croupi des mois durant dans les geôles de Fatalis...
Will of Doom, soit les dernières volontés de Fatalis, est une one-shot qui se présente à la fois comme la conclusion de l'event One World Under Doom et la rampe de lancement pour l'event Armageddon qui débutera au mois de Juin prochain. Je vais donc spoiler ce qui survient à la fin de OWUD pour en parler et je préviens tout le monde en début d'articles avec un panneau.
Dans le 9ème et dernier numéro de One World Under Doom, le Dr. Fatalis sacrifie sa vie pour sauver celle de sa filleule Valeria Richards. Elle avait déjà tenté dans le #8 de le raisonner en lui demandant d'abandonner ses projets impériaux mais il se battait déjà contre une horde de super héros venus le détrôner après avoir appris comment il avait augmenté ses pouvoirs magiques.
Ayant (temporairement) privé les mutants de leurs pouvoirs, il s'était ensuite servi de son armure pour produire des échardes projetées contre ses adversaires pour les neutraliser, et l'une d'elles avait atteint mortellement Valeria. Dévasté, Fatalis avait imploré les Vishanti de la ressusciter, en vain. Il s'était alors adressé au Tribunal Vivant qui lui rappelait qu'un tel souhait avait un coût.
Puis, enfin, Fatalis, à l'agonie, visitait une ultime fois Reed Richards pour lui laisser son masque à l'intérieur duquel étaient gravées ses dernières volontés. On apprend ici qu'il lègue sa fortune à Valeria qui peut en disposer à sa guise. En parallèle, l'armée américaine rapatrie le général Thaddeus "Thunderbolt" Ross qui a passé les derniers mois dans les geôles latvériennes et plante un drapeau des Etats-Unis sur place.
Ce n'est pas, comme on aurait pu s'y attendre, Ryan North qui écrit cet épilogue mais Chip Zdarsky. Cependant on peut facilement imaginer que ce dernier a consulté son collègue, tout en assumant qu'il était le prochain auteur du futur event Marvel, Armageddon. De fait Zdarsky conclut la saga de North et en profite pour lancer la sienne.
Dans les deux cas, c'est très bien écrit. Valeria rechigne à toucher la fortune de son parrain, moins parce qu'il s'est mal comporté et que ce pactole peut être de l'argent sale, que parce que Fatalis lui manque. Entre les deux s'est toujours nouée une relation pleine d'amour et de respect : Valeria appréciait son parrain et Fatalis admirait sa filleule.
Elle change d'avis toutefois et se rend à Doomstadt incognito avec sa mère et son oncle, Johnny Storm. Des Fatalibots reconstruisent déjà le Doom castle, point de départ d'un jeu de piste qui doit mener la jeune fille en un point précis : la Doom island, havre de paix de son parrain, seule propriété dont elle ne se séparera pas - et dont elle fera la base d'un projet secret (y compris pour sa famille) très intrigant...
Cela concerne donc la partie post One World Under Doom. Pour la partie pré Armageddon, Zdarsky récupère le général Ross qui fut détenu par Fatalis (avec d'autres prisonniers particuliers) durant sa prise de pouvoir sur le monde. Ross ne trouve rien de mieux à faire, avant de quitter la Latvérie que d'y planter un drapeau américain, sa manière à lui de prévenir que son pays en prendra le contrôle.
On retrouve alors dans le script de Zdarsky ce qu'il développe depuis peu dans Captain America, à savoir des suspicions sur des stocks d'armes de destruction massive en Latvérie et la volonté des Etats-Unis de mettre le main dessus. Ce sera au coeur d'Armageddon et du but que s'est fixé Ross, d'où surgira la crise à venir, mobilisant les héros contre Red Hulk, figure guère plus rassurante que Fatalis pour veiller sur un tel arsenal.
Au passage Zdarsky souligne à quel point le règne de Fatalis a jeté le trouble sur la communauté super héroïque quand le Secrétaire d'Etat reproche ouvertement à Reed Richards de ne pas avoir prévu que son ennemi allait commander comme il l'a fait. L'accusation peut sembler injuste mais elle renvoie à une question récurrente sur le rôle des super héros, incapables d'empêcher les super vilains de recommencer à délirer.
Le tout est illustré par Cafu : ce dernier a travaillé notamment sur Iron Man lors du run de Christopher Cantwell. Son style réaliste et précis se prête bien à cet état des lieux glaçant, même si on peut trouver que son trait manque quelque peu d'expressivité et de dynamisme. Toutefois, il serait injuste de déconsidérer le résultat, très abouti.
Ce one-shot démontre aussi que Marvel semble avoir adopté une sorte de modèle pour ses events désormais : ceux-ci en effet s'enchaînent très régulièrement, c'est entendu, mais surtout se suivent comme les épisodes d'une série à part entière. Les conséquences de l'un dictent les prémisses de l'autre et ainsi de suite. Faut-il s'attendre à ce que Armageddon dans sa conclusion indique ce que sera son successeur ?
En tout cas, Zdarsky et Marvel ont promis (mais les promesses n'engagent que ceux qui les font) qu'à l'issue des cinq épisodes d'Armageddon la situation des super héros dans l'univers Marvel serait aussi fortement ébranlée qu'à l'époque d'Avengers : Disassembled de Brian Michael Bendis, qui avait engendré la série New Avengers et toute une collection de récits (House of M, Civil War, Secret Invasion...).






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