dimanche 8 février 2026

THE UNCANNY X-MEN, VOLUME 1 : RED WAVE (Gail Simone / Javier Garron, David Marquez)

 

THE UNCANNY X-MEN, VOL. 1 : RED WAVE
(X-Men #35 + Free Comic Book Day 2024 : X-Men
The Uncanny X-Men #1-6)


- X-MEN #35 (2021) (Gail Simone / Javier Garron) - La chute et la disparition de Krakoa entraîne la dispersion des mutants. Malicia et Gambit trouvent refuge en Louisiane où ils réfléchissent à leur avenir...


- FREE COMIC BOOK DAY : X-MEN (2024) (Gail Simone / David Marquez) - Jubilé observe l'installation dans l'ancien institut Charles Xavier du Dr. Corinna Ellis et de ses hommes. Elle part en moto et manque d'être renversée par de jeunes chauffards qu'elle retrouve dans un diner en train de harceler une jeune serveuse mutante...


- THE UNCANNY X-MEN (#1-5) : RED WAVE (Gail Simone / David Marquez) - Wolverine a donné rendez-vous à Malicia et Gambit au Mexique pour l'aider à affronter le dragon Sadurang qui possède l'autre Oeil d'Agamotto. Gambit réussit à le lui dérober et promet de le lui restituer dans un an s'il part de la région. Le trio rejoint Diablo dans un hôpital où un jeune mutant, Harvey, très malade, rêve de les rencontrer. Il meurt peu après leur visite. Diablo reste réconforter les parents.
 

Malicia et Wolverine suivent ensuite Gambit chez un ami, Marcus, qui les héberge. Alors qu'ils parlent de l'avenir au coin d'un feu, ils voient sortir de la forêt quatre adolescents qui viennent leur demander de l'aide contre une sorcière. Au manoir de Graymalkin, le Dr. Corinna Ellis détient plusieurs prisonniers mutants dont la plupart acceptent de collaborer avec elle.


Diablo rejoint Malicia, Gambit et Wolverine afin d'entraîner les quatre jeunes mutants - Calico, Jitter, Ransom et Deathdream. Wolverine décide de quitter le groupe pour inspecter les forêts environnantes et tombe sur la sorcière mentionnée par leurs recrues. La bataille tourne au désavantage de Logan...


- THE UNCANNY X-MEN (#6) : THE CHANGE IN OURSELVES (Gail Simone / Javier Garron) - Gambit convainc les quatre jeunes mutants de se rescolariser dans un collège voisin. Mais ils sont aussitôt harcelés par une bande d'élèves et Calico et enlevée par les sbires du Dr. Ellis, tout comme Jubilé alors qu'elle était en train de faire des courses en ville avec Diablo...


En Juin 2024 paraît X-Men (Vol. 6) #34, qui est aussi le 700ème n° de la série. Il marque la fin de ce qu'on appelle l'ère Krakoa initié en 2019 par Jonathan Hickman avec les mini-séries House of X/Powers of X. Un succès critique et commercial, narrativement audacieux, qui a vu les mutants devenir une communauté sur l'île de Krakoa et un Etat souverain.


Le départ de Hickman en 2021, suite à des désaccords éditoriaux avec Jordan White, l'editor des titres X (le scénariste avait prévu une saga en trois actes, son responsable éditorial refusera de suivre ce plan pour exploiter le filon plus longtemps), conduira à une conclusion confuse mais avec un ultime épisode plus satisfaisant, en forme d'adieu à cette période.

White est muté sur une autre franchise et c'est Tom Brevoort, un vétéran chez Marvel, qui reprend en main les mutants. Son ambition : reproduire ce qu'il a accompli sur la licence Avengers dans les années 2000-2010, un triomphe commercial en parallèle de celui des films du MCU. Il recrute de nouveaux auteurs et artistes, relance les titres au #1.

Les deux vaisseaux amiraux sont les séries X-Men, confiée à Jed MacKay, et The Uncanny X-Men, confiée à Gail Simone. Ce dernier choix peut surprendre dans la mesure où la scénariste s'était quasiment retiré du monde des comics et des gros éditeurs, mais sa personnalité affable a dû convaincre Brevoort qu'elle saurait apporter un nouveau souffle au titre.

D'ailleurs elle et MacKay signent le segment final de X-Men (vol. 6) #35/700, qui est une sorte de teaser pour la relance complète de la collection X. Tandis que Charles Xavier est incarcéré, il observe ses anciens élèves dispersés en train de refaire leur vie après Krakoa, notamment Malicia et Gambit qui se sont retirés en Lousiane avec l'intention de raccrocher leurs uniformes de X-Men.

Puis lors du Free Comic Book Day 2024, on peut découvrir quelques pages de la nouvelle version de The Uncanny X-Men (avec une preview aussi de l'event Blood Hunt), dans laquelle Jubilé assiste à l'installation de nouveaux résidents dans l'institut Charles Xavier avant d'infliger une correction à de jeunes chauffards qui importunent une jeune serveuse mutante dans un diner.

Ces deux avant-goût sont inclus dans ce premier tome. Pour ma part, en Août 2024, quand sort le premier épisode de The Uncanny X-Men écrit par Gail Simone, je suis encore en train de regretter l'ère Krakoa et je me méfie de cette relance qui me paraît bien moins inventive que celle de Hickman cinq ans auparavant.

Je lirai le premier arc de cinq épisodes sans être convaincu et j'arrêterai les frais avant un premier crossover entre X-Men et The Uncanny X-Men. En outre Brevoort planifie de sortir 18 numéros de chaque série par an, ce qui me semble une hérésie, en tout cas pour permettre à l'artiste de tenir les délais (on le sait, rares sont ceux qui parviennent à être aussi productif).

Alors pourquoi y revenir ? D'abord tout simplement parce que je n'ai rien eu à débourser pour relire tout ça (et ce qui vient ensuite). Un ami m'a prêté ses trade paperback en vo et m'a assuré que si, effectivement, le début pouvait frustrer, dans l'ensemble ce n'était pas si mal. Autant vérifier donc. Et puis sans doute aussi que les mutants me manquent et que j'ai voulu me faire un shoot.

Je ne vais pas retourner ma veste et prétendre que j'ai trouvé ça génial à la revoyure. Gail Simone use (et parfois abuse) de grosses ficelles, elle privilégie éhontément certains personnages, en introduit d'autres qui sont horripilants. La situation des Uncanny X-Men (et des mutants en général) manque effectivement cruellement d'audace. On est à de lieues de ce qu'avait proposé Hickman, et même de ce qu'il y a eu après son départ.

Brevoort a sciemment éloigné les mutants pour multiplier les séries et exploiter une franchise désormais sans trait d'union entre ses titres. On ne comprend absolument jamais (car on ne l'explique jamais) pourquoi les mutants se sont ainsi séparés (l'équipe des X-Men dirigée par Cyclope est en Alaska, celle des Uncanny en Lousiane, d'autres sont à New York ou Chicago), alors que la chute de Krakoa aurait dû les convaincre à rester unis.

Au sujet des Outliers, c'est-à-dire les quatre mutants adolescents que vont recueillir les Uncanny X-Men, leur caractérisation et leurs pouvoirs sont pour le moins sommaire et bizarres, mais sans égaler, par exemple la Génération X de Peter Milligan. Et justement, était-ce bien nécessaire de créer de nouveaux jeunes mutants quand tant de précédents sont passés on ne sait où et auraient largement (et sans doute mieux) rempli ces rôles ?

L'intrigue de ce premier arc plus le sixième épisode qui clôt ce tome 1 est rythmée à défaut d'être originale. On a droit à l'apparition d'une énième conquête féminine passée de Charles Xavier, totalement inédite et aux motivations pour le moins grossières. La méchante de l'affaire est une autre variation sur une scientifique anti-mutante qui transforme l'école en prison avec le soutien d'un corps paramilitaire et de mutants collabos.

Cependant Marvel et Brevoort n'ont pas été chien avec Gail Simone : elle a pu choisir les membres de son équipe et elle a sélectionné les personnages les plus populaires - Malicia, Gambit, Wolverine, Jubilé et Diablo. Une formation réduite avec laquelle elle aurait déjà pu beaucoup faire, si elle n'avait pas ajouté les quatre jeunes nouveaux (à la rigueur, si elle voulait tant donner des élèves à ce groupe, un ou deux auraient suffi).

Ce qui est intéressant, c'est qu'elle ne pose pas son équipe comme une équipe justement : Malicia et Gambit ont plutôt envie de se poser au début, Wolverine refuse de rejouer les profs, Diablo ne se joint à eux que parce que sa soeur (Malicia donc) le lui demande, et Jubilé est là parce que Logan y est (elle est depuis toujours sa protégée).

Simone établit l'équipe par la force des choses : ils ne vont pas sauver le monde car ils en ont tous assez que la majorité des homo sapiens détestent les homo superior, ils restent dans leur coin, hébergés par un ami humain de Gambit, ne se mêlent pas aux autres. Et ne passent à l'action que pour sauver les nouveaux arrivants. C'est malin, bien fait, bien pensé.

Dans quelques rares scènes, on voit que Malicia n'a pas rompu le contact avec Cyclope, même s'il y a une certaine tension entre eux (les X-Men en Alaska sont plus actifs et Scott Summers reste ce donneur d'ordres, ce que tolère moyennement Anne-Marie Lebeau). Pas de quoi (pas encore...) voir les deux équipes se mettre sur la gueule (même si les actions du Dr. Ellis divisent).

Dans le sixième épisode, les jeunes mutants sont rescolarisés et évidemment rien ne se passe bien. L'une d'eux est enlevée et Jubilé aussi d'un autre côté. Comme ces épisodes ont déjà été traduits en vf (dans la revue X-Men), je ne spoile rien en vous disant qu'elles seront libérées dans le crossover Raid on Graymalkin (Uncanny X-Men #7-8 et X-Men #8-9). Ce crossover a fait l'objet d'un tpb à part et est totalement dispensable pour reprendre les deux titres ensuite.

Au dessin, Javier Garron, qui avait brillé sur les Avengers de Jason Aaron signe les planches du segment de X-Men (vol. 6) #35/700 puis de The Uncanny X-Men #6. J'adore son travail, même si depuis je l'ai perdu de vue (il collabore avec Gerry Duggan à des crossovers Godzilla-Marvel). Son trait très expressif et détaillé et son découpage fluide sont un régal.

Le reste, c'est-à-dire l'extrait du FCBD et les cinq épisodes de l'arc Red Wave, est illustré par David Marquez, qui faisait là son vrai grand retour chez Marvel après son bref passage chez DC (où il a notamment oeuvré sur Batman/Superman, la mini Batman : Killing Time de Tom King puis un arc de Justice League, avec Bendis). 

Il rend une copie très tonique dans laquelle on peut voir comment son style a digéré l'influence du manga mais aussi un trait plus brut, avec des hachures. Le rythme de parution soutenu imposé par Brevoort a pour effet que plus les épisodes se succèdent, moins les décors sont soignés (quand ils ne sont pas carrément zappés).

Toutefois, quand il doit mettre en images des scènes d'action, Marquez fait parler son talent et il est capable de rendre l'exercice toujours aussi énergique et excitant, avec de vraies démonstrations de force de la part des personnages, dans des compositions très équilibrées. Mais bon, quelle idée de vouloir publier 18 # par an !

The Uncanny X-Men est une lecture qui n'est pas sans défaut, loin de là, mais qui est indubitablement distrayante. Gail Simone joue parfois trop la facilité et le projet est très classique. Mais c'est effectivement moins nul que ce dont je me souvenais. A confirmer donc. 

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