X-MEN : RAID ON GRAYMALKIN
(X-Men #8-9-10 &
The Uncanny X-Men #7-8)
L'équipe des X-Men dirigée par Cyclope est basée en Alaska et le Fauve se rend à Merle pour y rencontrer les shérif. Il est arrêté et capturé en chemin par une équipe des forces paramilitaires du Dr. Corinna Ellis qui l'enferme dans une cellule du manoir de Graymalkin, l'ancien institut Charles Xavier reconverti en prison. Elle va le livrer au gouvernement de Terra Verde pour les exactions qu'il y a commises. Hank McCoy retrouve au manoir, parmi d'autres détenus mutants, Jubilé et Calico...
En apprenant la capture de Calico et Jubilé, Malicia décide d'aller les libérer et contacte Cyclope qui désapprouve d'abord son plan avant de se raviser lorsqu'il apprend l'enlèvement du Fauve. L'équipe de Cyclope attaque le manoir de Graymalkin où elle retrouve celle de Malicia. Les deux formations s'affrontent d'abord avant de revenir à la raison lorsque Calico, Jubilé et le Fauve s'évadent...
C'est alors que le Dr. Ellis lâche sur eux les mutants qu'elle a convaincus de collaborer avec elle. Diablo et Psylocke profitent du chaos pour aller libérer le professeur Charles Xavier, également retenu dans ces murs. Ellis fait alors appel aux services de Phillip Scurvy, un télépathe surpuissant pour empêcher cela...
Ce crossover entre les séries X-Men et The Uncanny X-Men est symptomatique de la méthode Tom Brevoort sur la franchise X : à peine les deux deux titres ont-ils achevé leur premier arc qu'il organise leur réunion et leur affrontement. L'affaire a cependant le mérite de ne pas prendre trop de temps : 4 épisodes plus un cinquième qui montre les conséquences des actions de l'équipe de Cyclope.
Après la fin de l'ère Krakoa, les mutants sont donc dispersés et les deux équipes les plus emblématiques résident aux extrémités de l'Amérique du Nord : Cyclope et ses fidèles sont basés en Alaska tandis que la bande à Malicia habitent en Louisiane. Si Malicia et compagnie se tiennent à l'écart des humains, ne désirant plus chercher à cohabiter avec eux, Cyclope et les siens sont plus actifs et enquêtent sur des mutants dont les pouvoirs se manifestent non pas à la puberté mais à l'âge adulte.
Pour justifier la réunion des deux formations, Jed MacKay et Gail Simone ont un argument tout trouvé : l'institut pour jeunes surdoués de Charles Xavier à Graymalkin, Wortchester, est devenu la propriété du Dr. Corinna Ellis qui l'a transformé en prison pour mutants. Elle tire ses financements de plusieurs sources, notamment de la Terra Verde, un pays (fictif) d'Amérique latine.
Ceux qui ont lu X-Force durant l'ère Krakoa se souviennent que le Fauve y a mené des exactions, révélant son côté le plus sombre, prêt à tout pour assurer la protection de l'Etat mutant. Aujourd'hui, Ellis le fait capturer pour le livrer aux autorités de la Terra Verde pour ses crimes passés en échange d'un gros chèque.
En parallèle, dans The Uncanny X-Men #6, on a assisté à la capture de Jubilé (qui faisait des courses en compagnie de Diablo) et de Calico (une des Outliers qui faisait sa rentrée scolaire) par les mêmes sbires de Ellis. Les deux filles retrouvent donc le Fauve au réfectoire du manoir. Malicia apprend que ses amies sont portées disparues grâce à Diablo tandis que Cyclope ne découvre le kidnapping du Fauve qu'ensuite.
Le reste aboutit donc aux assauts conjugués des deux équipes sur Graymalkin, chacune pour libérer leurs amis. Mais la mission va se compliquer quand Malicia entreprend de sortir Charles Xavier de là alors que Cyclope y est fermement opposé, considérant que Xavier les a toujours manipulés, trahis et qu'il mérite de rester incarcéré.
Ces épisodes ayant déjà été traduits en vf par Panini, je ne spoile rien en disant que chacun repartira avec ceux qu'ils sont venus chercher, mais que Xavier restera effectivement dans sa cellule. Cela aboutit à un énième schisme entre mutants : Malicia ne pardonnant pas à Cyclope d'avoir abandonné Xavier.
L'album se termine par un épisode de X-Men où Cyclope répond à Lundqvist, leader de O.N.E. (Office of National Emergency) qui veille au respect de la loi par les mutants en Alaska, de ses actions à Graymalkin. L'échange est tendu et Cyclope l'emporte sur le fil en menaçant Lundqvist : s'il l'arrête ou s'en prend aux mutants, alors sa femme (Jean Grey/Phénix) reviendra et détruira tous les humains en représailles !
Tout ça n'est franchement pas très bon. Pas nul, mais pas bon non plus. On assiste à un affrontement idéologique entre Malicia et Cyclope comme jadis entre Wolverine et Cyclope (la mini Schism), c'est du réchauffé. En même temps durant le raid sur Graymalkin, X-Men et Uncanny X-Men prennent quand même le temps de plaisanter et finalement Ellis laisse filer tout le monde.
Jed MacKay et Gail Simone auraient pu en profiter pour expliquer pourquoi les deux équipes (et les mutants en général) se sont dispersés depuis la chute de Krakoa. Mais on sent que Brevoort n'a pas envie de justifier cela et donc ça reste injustifié. Tout juste doit-on se contenter d'une équipe (X-Men) qui continue à défendre des mutants en s'opposant aux autorités et une autre (Uncanny X-Men) qui continue à vivre de manière isolée (la Louisiane se substituant à l'île de Krakoa en somme).
Tout cela révèle un manque flagrant de direction sur toute la franchise. Non seulement les séries ne communiquent plus vraiment entre elles, mais surtout tous ces mutants qui formaient il n'y a pas si longtemps une communauté unie, un Etat, sont désormais artificiellement décomposés, comme si rien ne subsistait du passé récent (bon, maintenant, Brevoort a annoncé X-Men United, qui pourrait revenir sur ce statu quo..).
Même si Jonathan Hickman avait prévu la fin de Krakoa dans sa saga initiale, il n'en reste pas moins qu'avec la reprise en main de la franchise X par Brevoort, priorité est donnée à la multiplication de séries sans qu'on saisisse très bien pourquoi qui choisit tel camp (Forge avec X-Force, Angel puis Havok avec X-Factor, Kitty Pryde et Emma Frost avec Exceptional X-Men, Ms Marvel avec Nyx).
Hickman avait trouvé avec Krakoa, la nation X, le moyen de réunir tous les mutants (ou quasi) sous un même "toit" et en le justifiant intelligemment et audacieusement. Brevoort revient à une logique plus marchande : sans refuge commun, les mutants sont aux quatre vents et donc on lance plein de séries pour montrer où ils sont, ce qu'ils deviennent, même si, pour la plupart, c'est absurde.
En revanche, l'intrigue de Raid on Graymalkin est plus un prétexte pour évoquer l'éléphant dans pièce (Charles Xavier) que pour motiver la libération du Fauve, Calico et Jubilé. Xavier a une fois de plus dérapé à la fin de l'ère Krakoa : mérite-t-il, comme le pense Cyclope, qu'il paie et reste enfermé ? Ou qu'on le libère lui aussi car il reste le mentor des mutants ? Ce sera tranché plus tard, avec le crossover (impliquant cette fois toutes les séries X) X-Manhunt.
Visuellement, ce crossover voit défiler pas moins de six artistes pour cinq épisodes. Ryan Stegman dessine seul X-Men #8 puis reçoit le renfort de Federico Vicentini sur le #9 avant d'être carrément remplacé par Netho Diaz sur le #10. Dans tous les cas, c'est assez médiocre, en plus d'être donc très inégal.
David Marquez est aidé par Edgar Salazar sur Uncanny X-Men #7, puis remplacé par Javier Garron sur le #8. C'est déjà plus concluant et j'aurai adoré que Marquez et Garron restent les deux artistes réguliers, en alternance, sur UXM. Cela aura permis à chacun de souffler tout en maintenant de la qualité sur cette cadence effrénée de 18 épisodes/an.
Cette parenthèse, superflue, refermée, Jed MacKay et Gail Simone vont pouvoir reprendre leurs séries tranquillement... Jusqu'à X-Manhunt.






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