jeudi 19 février 2026

CAPTAIN AMERICA #6 (Chip Zdarsky / Delo Diaz & Frank Alpizar)


La disparition du Dr. Fatalis a plongé la Latvérie dans le chaos et plusieurs factions rivales se disputent sa gouvernance. Captain America est informé par Tony Stark et Sam Wilson que s'y trouveraient des armes de destruction massive. Mais les Avengers ne sont pas autorisés à y aller. Nick Fury Jr. et quelques volontaires comptent le faire à leur place...


Tout d'abord, je vais arrêter de dire que j'arrête une série, comme je l'ai fait pour Captain America, parce que, évidemment, quant je me rends compte de mon erreur, je passe pour un imbécile. Quand on lit une série, on en parle, et quand on arrête de la lire, on n'en parle plus, mais on n'annonce pas théâtralement qu'on arrête de la lire. Ceux qui lisent les critiques se fichent de savoir si et pourquoi vous arrêtez de lire quelque chose : ils le constatent.


C'est vrai néanmoins que je pensais arrêter Captain America. Pas parce que c'était mauvais, mais parce que j'étais déçu que Valerio Schiti fasse un break et ne revienne qu'au #10, remplacé par des artistes que je ne connaissais pas ou n'appréciais guère. Moi qui réclame l'indulgence des fans quand un dessinateur a envie de souffler, je n'ai guère été indulgent avec Schiti sur ce coup-là, et incidemment avec Captain America.


Il y avait aussi le fait que Chip Zdarsky avait très tôt annoncé que son run sur Captain America allait préparer le terrain pour l'event estival de Marvel, Armageddon, et ça, ça m'ennuyait encore plus parce que la perspective d'un event me rend toujours méfiant, en particulier chez Marvel. Et puis un faisceau d'indices m'a laissé entrevoir que Zdarsky allait peut-être faire quelque chose qui valait le coup.


Par exemple, j'avais bien aimé Devil's Reign, son event quand il écrivait Daredevil, et ensuite, cette fois, tout indique qu'on a enfin un scénariste qui va développer une intrigue autour d'un véritable serpent de mer chez Marvel, à savoir tous ces super soldats inspirés par Steve Rogers/Captain America, l'Arme X (Wolverine...), la Chambre Rouge (Black Widow) et compagnie.

Je me rappelle d'un article dans la défunte revue "Comic Box" à l'époque de New Avengers de Bendis qui soulignait le fait que la majorité des membres de l'équipe étaient issus d'expériences dérivées de celle du super soldat : Luke Cage, Spider-Woman, Sentry, Wolverine (et même, indirectement, Iron Man). Pourtant Bendis n'en a rien fait.

D'autres cobayes existent dans l'univers Marvel : Fantomex, Man-Thing, Isaiah Bradley, Nuke... Et peut-être seront-ils de la partie dans Armageddon - même si je pense que Zdarsky et Marvel veulent continuer à exploiter le vide laissé par la disparition du Dr. Fatalis depuis One World Under Doom. On verra en tout cas le moment venu.

Ce qui est avéré, c'est qu'à partir de ce 6ème épisode de Captain America, Zdarsky enclenche un compte à rebours comme l'indique la couverture (5 mois avant Armgeddon et ce numéro date de Janvier). Le scénariste sort aussi cette semaine le premier chapitre de la mini Wolverine : Weapons of Armageddon (dont je vous parlerai), avec le même procédé.

Après un premier arc se déroulant dans le passé, au début des années 2000, désormais la série se passe de nos jours et, dans la chronologie Marvel, après l'event One World Under Doom donc (actuellement disponible en vf, dans la revue "Marvel World"). Je sens que, pour être à jour, je vais devoir lire cet event que j'ai zappé (et qui est, paraît-il, très bien).

Fatalis a disparu, il semble être mort (mais je ne vous spoile pas comment - je me suis fait spoiler, donc je me garderai bien de faire la même chose). La Latvérie est en plein chaos, il n'y a plus personne aux commandes - ou plutôt il y en a trop qui voudrait prendre la place laissée vacante. C'est ainsi que débute ce deuxième arc de Captain America.

Nick Fury Jr., grâce à l'entremise de Tony Stark et Sam Wilson, renseigne Steve Rogers sur la situation et le risque que se trouvent en Latvérie des armes de destruction massive, ce qui semble plus que probable. Fury Jr. a assemblé un petit groupe d'agents et souhaite que Captain America les accompagne sur place.

Mais le général "Thunderbolt" Ross, lui aussi, contacte avec Rogers pour qu'il torpille la mission d'inspection de Fury Jr.. Steve choisit de suivre ce dernier plutôt que lé général. Mais celui-ci a été détenu, avec d'autres officiers, par Fatalis durant des mois et considère la Latvérie comme un Etat ennemi, même en l'absence de son dirigeant. Pour Ross, peu importe s'il y a ou non des armes en Latvérie, il faut prendre le contrôle du pays.

Zdarsky mène son affaire magistralement. Tous ces barbouzes qui lorgnent sur la Latvérie, tous les prétendants au trône, les doutes qui assaillent Captain America, le fait que les héros à pouvoir ne sont pas les bienvenus là-bas, la bande de Fury Jr., le ressentiment de Ross, tout est là pour aboutir à un cocktail explosif et le cliffhanger de l'épisode le prouve.

Même disparu, Fatalis est encore bien là : c'est ce qui fait la grandeur d'un vilain de qualité. Quand il est bien écrit et utilisé, c'est peut-être le meilleur antagoniste qui soit (et c'est bien pour cela qu'il a vite relégué Kang aux oubliettes même dans le MCU). Fatalis n'est pas un méchant classique, quand il a eu la possibilité d'étendre son règne, il a souvent surtout voulu prouver qu'il voulait faire de la Terre un monde meilleur.

Son problème, c'est qu'il a voulu imposer cela et si l'intention est louable, la méthode la condamne - et lui avec. Face à Captain America, Zdarsky a montré un Fatalis admiratif mais aussi confronté à son opposé, un démocrate forcené qui défend d'abord la liberté des peuples à choisir leurs chefs. Evidemment, entre Fury l'espion et Ross le militaire, la position de Rogers n'est pas plus simple et il entend bien veiller à ce que ça dérape pas davantage.

Schiti en pause (même s'il continue de signer les couvertures de chaque épisode), Marvel a confié à deux inconnus les dessins : Delo Diaz et Frank Alpizar travaillent ensemble sans qu'on sache bien qui fait quoi (dessin pour l'un, encrage pour l'autre ? Personnages pour l'un, décors pour l'autre ? Ou bien un partenariat total sans répartition précise des tâches ?).

Le résultat fait penser à plusieurs artistes : un peu de Jim Cheung (époque Crossgen), un peu de Travis Charest (à des tout débuts). Ce n'est en tout cas pas mal du tout. Parfois c'est maladroit, surtout quand on compare avec le trait plus énergique et l'expérience en matière de découpage de Schiti, mais on aurait pu plus mal tomber c'est sûr. Il y a du potentiel.

Dommage que Diaz et Alpizar ne restent que jusqu'au #8 et que le #9 sera, lui, dessiné par le médiocre Jan Balzadua (un de ces gribouilleurs médiocres que Marvel trouve toujours à caser quelque part). Schiti sera de retour au #10, en Mai, juste avant Armageddon (donc ma théorie selon laquelle ce serait lui qui dessinerait l'event tombe à l'eau).

Bref, j'ai bien fait de ne pas vraiment lâcher l'affaire. Et j'enchaîne donc avec le n°7, qui vient de sortir, ce Mercredi.

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