lundi 16 février 2026

X-FACTOR, VOLUME 2 : KNOW YOUR ENEMY (Mark Russell / Bob Quinn)


X-FACTOR, VOL. 2 : KNOW YOUR ENEMY
(X-Factor #6-10)


La capture des membres de X-Term ne suffit pas au général Mills, furieuse après avoir découvert que Frenzy renseignait le Mutant Underground des missions de X-Factor. Havok quitte son poste après que Polaris lui ait expliqué que l'armée avait fermé les yeux sur les exactions commises par Orchis sur Krakoa.


Angel, rétabli, reprend donc le commandement de X-Factor. La situation politique mondiale est bouleversé depuis que Dr. Fatalis, désormais détenteur des attributs du Dr. Strange, s'est proclamé empereur. L'équipe doit se rendre sur l'île de Genosha, propriété d'Ethan Farthing, où se trouve une I.A. dont Fatalis ne doit absolument pas prendre possession. Mais la mission va être compliquée par Black Wolf, une force de soutien composée de mutants tchétchène.
 

Cependant, Charles Xavier s'évade du manoir-prison de Gramalkin et les X-Men le traquent jusqu'à Genosha. Frenzy, avertie par le professeur de sa position, convainc Havok d'aller l'aider. Sur place, Alex Summers trouve sur son chemin son propre frère, Cyclope, bien décidé à rendre Xavier aux autorités...


Contre toute attente, Mills demande à Havok et Frenzy de retrouver Black Wolf qui n'a pas détruit, comme prévu l'I.A. de Fartech sur Genosha mais s'en est emparé pour la revendre au plus offrant. X-Factor ne saura rien de cette mission car Mills envoie l'équipe sur une autre affaire...


Ce second tome de X-Factor vient en fait confirmer que la série était une anomalie dans le programme de Tom Brevoort. Les ventes n'étaient de toute façon pas bonnes (les fans de mutants ont dû être trop désarçonnés), et, selon la promesse de l'editor, un titre avait dix numéros pour convaincre, faute de quoi il serait annulé une fois ce terme franchi (ça n'a pas été automatique, mais j'y reviendrai).

Sans doute X-Factor était-elle déjà condamnée quand ces cinq nouveaux épisodes ont été commandés et le fait que la série ait dû composer avec l'event One World Under Doom (pour l'épisode 7) et le crossover X-Manhunt (pour l'épisode 8) n'a rien arrangé. Pourtant il faut saluer Mark Russell qui a réussi à slalomer entre toutes ces histoires sans lâcher la sienne.

Le ton comique et sarcastique du premier tome est quand même beaucoup moins prononcé. Les dialogues sont là pour nous rappeler que le scénariste maltraite volontiers ses héros, leur inflige des humiliations constantes, s'autorise du out of character (qui a depuis été balayé sous le tapis, comme pour ce qui concerne Angel, un autre X-Man aussi mal considéré que Havok).

Comme le titre du recueil l'indique, il s'agit ici de connaître son ennemi et en l'occurrence, il est partout, multiple et très retors. La fin est plutôt happy, mais c'est un trompe l'oeil. En même temps, Russell a l'intelligence de traiter le couple Havok-Polaris de manière adulte, en actant que s'ils s'aimeront toujours, ce qui les liait autrefois n'existe définitivement plus et qu'à présent il leur faut vivre séparément.

Le passage par One World Under Doom est évoqué directement dans le #7 et plus indirectement dans le #9, avec l'équipe Black Wolf qui est indigne de confiance. Russell une fois encore renvoie dos à dos ces mercenaires et le général Mills, qui manipule Havok et Frenzy en leur confiant une mission qui en dissimule une autre.

Le crossover X-Manhunt est abordé avec adresse via la rivalité de longue date entre Scott et Alex Summers. La fuite de Charles Xavier devient un nouveau prétexte pour les deux frères d'étaler leurs différends. Mais cette fois, aucun vainqueur ne se dégage : en réalité, le professeur va profiter de leur confrontation pour prendre la poudre d'escampette.

Mon gros regret est donc que Russell, en devant se plier aux tie-in, n'ait pas pu animer ses personnages aussi bien que dans le premier tome. L'humour de la série y perd énormément, mais on peut s'interroger légitimement sur la manière dont Brevoort a plombé le titre pour précipiter son arrêt. Sans doute que la prochaine version de X-Factor sera confiée à un auteur moins provocateur...

Bob Quinn enchaîne les épisodes avec une aisance rare. Il aura signé l'intégralité des dessins de la série, avec une régularité qui force le respect (mais qui n'a cependant pas suffi à Marvel pour qu'il se voit confier une nouvelle série ensuite). 

A tout point de vue, ce run de X-Factor aura été un ovni. Pas toujours subtil ni même respectueux, mais vivifiant, insolent, et drôle (au moins dans sa première partie). Qui saura ranimer ce titre ? Pour cela, il faudra un émule de Peter David, ce qui n'est facile (même si je verrai bien Gerry Duggan s'y essayer). Mais je pense plutôt que la série va connaître les oubliettes (comme, hélas ! New Mutants, disparu de la circulation depuis la fin de Krakoa)...

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