De fort mauvaise humeur après avoir commis l'erreur de lire les commentaires sur Internet à son sujet, Black Cat appelle son ami Boris pour qu'il lui trouve une mission. Toutefois, il s'en présente une à elle spontanément quand Mary Jane Watson, à qui elle doit une faveur, lui demande de l'aider à récupérer un enregistrement vidéo compromettant pour sa carrière d'actrice et se trouvant dans... La zone négative !
Combien de comics pourriez-vous spontanément citer que vous qualifieriez de feel good ? Pas de masses ces temps-ci, je pense. Evidemment, c'est un peu la règle du jeu de ce genre de littérature : le drame, le mélodrame, sont de mise, il faut que les héros soient toujours confrontés à des crises, intérieures ou extérieures à eux-mêmes.
C'est un peu l'équivalent de la célèbre formule : "on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments". Mais, et c'est peut-être ce qui correspond à l'époque, les auteurs de comics n'ont pas le coeur léger, ou du moins le coeur à nous faire rigoler. Qui oserait aujourd'hui écrire un titre comme Justice League International à la place de Justice League Unlimited ?
C'est pareil chez Marvel : qui oserait refaire un coup aussi détonant que Nextwave ? Même les jeunes super héros qui apportèrent un vent de fraîcheur à leur apparition, comme Miles Morales ou Kamala Kahn, sont devenus bien sérieux (pour peu qu'ils apparaissent quelque part et qu'ils aient un scénariste convenable).
Encore une fois, cet épisode prouve qu'on peut délivrer les éléments de langage propres aux comics traditionnels (avec du drame, de l'action, du suspense, de l'aventure) sans se prendre trop au sérieux. Ce qui accréditera les soupçons d'annulation prochaine, c'est que, à nouveau, Felicia Hardy fait équipe avec un personnage populaire et on sait que ce procédé est censé attirer des lecteurs jusqu'ici indifférents.
La couverture montre donc Black Cat et Venom mais aussi Mary Jane Watson. Si vous ne suivez pas l'actuelle série Venom, écrite par Al Ewing, je suis désolé de vous spoiler mais sachez qu'à présent l'hôte du symbiote n'est autre que MJ Watson. L'idée peut sembler saugrenue, pourtant Ewing a réussi à la rendre pertinente et surtout à renouveler de manière tonique la série Venom grâce à elle. (Promis, dès que je trouve du temps, j'y reviendrai.)
Avant cela, Felicia Hardy se rend compte que ses récentes mésaventures sont toujours au coeur des discussions et alimentent les commentaires de haters sur les réseaux sociaux (sa sortie avec Daredevil le mois dernier lui vaut des remarques acerbes des fans de l'homme sans peur). Pourtant, elle n'en démord pas et persévère dans son désir de convaincre qu'elle peut être du bon côté de la loi.
C'est là que Mary Jane croise son chemin sous l'apparence de Venom. Comme elle avait payé sa caution la dernière fois qu'elle a été arrêtée, elle convainc Black Cat de l'aider en retour à récupérer un enregistrement vidéo qui compromet sa carrière si un maître-chanteur la fait circuler. Problème : ledit enregistrement est à l'abri dans la zone négative !
Cette histoire est en deux parties et la conclusion aura lieu le mois prochain. G. Willow Wilson prend son temps pour exposer ce qu'elle doit afin que le lecteur ne soit pas perdu : elle explique donc comment MJ est devenue Venom, pourquoi elle a besoin de Black Cat, comment accéder à la zone négative (sans passer par le Baxter building), etc.
Si c'est donc un peu décompressé, on ne s'ennuie pas. Les planches de Gleb Melnikov, de retour après le break du mois dernier, sont toujours aussi énergiques, avec un découpage ingénieux, qui met aussi bien valeur l'accablement qui gagne Black Cat que les apparitions de Venom. C'est un plaisir de voir à quel point l'artiste traduit bien visuellement ce script.
Et j'espère vraiment, mais vraiment, que Marvel ne va pas annuler cette délicieuse série au #10. Parce qu'on a enfin une bonne équipe créative pour faire vivre Black Cat, que c'est une série si fun. Ce serait là, pour le coup, pas du tout feel good.





Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire