jeudi 19 février 2026

CAPTAIN AMERICA #7 (Chip Zdarsky / Delo Diaz & Frank Alpizar)


Nick Fury Jr., Captain America et leur petite bande du SHIELD s'apprêtent à franchir la frontière avec la Latvérie lorsque Red Hulk leur barre la route. Fury Jr. réussit à l'écarter puis le groupe se sépare. Captain America entre dans Doomstadt juste avant que n'y éclate une fusillade entre deux factions rivales pour le pouvoir...


Cet épisode démarre pied au plancher avec une confrontation directe et tendue entre Red Hulk (le général Ross) et la petite équipe du SHIELD (menée par Nick Fury Jr. et Captain America). Chip Zdarsky, pourtant, l'expédie rapidement : l'essentiel se joue ailleurs, en Latvérie où trois groupuscules se disputent le trône laissé vacant par la disparition du Dr. Fatalis.


Dans l'épisode précédent, Fury Jr. les avait présentés à Captain America (et au lecteur) : un certain Salvation représentait le parti True Latveria (et passait pour le successeur affiché de Fatalis, avec des méthodes similaires au tyran), Mara et Melor Sandu (une soeur et son frère) du parti Latveria Liberators, et enfin une certaine Alina incarnant le camp Homeland Party.


Dans la capitale Doomstadt, c'est la guerre civile : Alina prononce un discours devant des civils lorsqu'éclatent des coups de feu tirés par un sniper, vite neutralisé par un des hommes de Fury Jr. (un nommé Castlemore, très habile au couteau). La foule se disperse, il y a des blessés, Alina s'éclipse... Et Captain America fait connaissance avec Salvation...


Celui-ci se démasque et on découvre qu'il s'agit de Marcus Wolf, le résistant rencontré des années plus tôt par Captain America, lors de sa première mission en Latvérie. Si tirer sur son peuple ne plait guère à Steve Rogers, il apprécie que Wolf lui laisse inspecter le château de Fatalis pour voir s'il n'y a pas caché ses armes de destruction massive.

Les dialogues de Zdarsky sont épatants : il nous fait sentir à quel point Wolf a changé et comment, sous son attitude hospitalière avec Captain America, son discours est menaçant (d'accord pour l'inspection du château, mais si des américains pensent contrôler la Latvérie, alors ce sera la guerre). Le scénariste poursuit son exploration de l'état de lieux dans les pages qui suivent.

Tandis que Fury Jr. pense avoir localisé une probable cache d'armes et rappellent donc ses agents et Captain America, ce dernier préfère les rejoindre plus tard. Steve Rogers sympathise avec une (charmante) latvérienne et dîne avec elle et son fils. Leur conversation lui permet de mesurer les forces en présence. Le tableau n'est guère rassurant.

Salvation veut s'imposer autoritairement (même si Marcus Wolf assure que c'est pour mieux préparer des élections démocratiques). Les jumeaux Sandu ne paraissent pas plus fiables, même si eux avancent à visage découvert. Et Alina est vouée à devenir une martyre, prise entre deux feux. Pour la latvérienne, au fond, même si Fatalis était un tyran, au moins tenait-il le pays et le défendait-il avant lui-même.

Zdarsky réserve une surprise de taille à la toute fin de l'épisode en révélant qui est vraiment Alina. On voit que le scénariste est attachée à ne pas écrire ses personnages comme des caricatures et met en scène une guerre de pouvoir complexe, ambiguë, aussi bien pour Captain America que pour le lecteur. Ce n'est pas si fréquent dans un comic book mainstream.

Au dessin, le tandem Delo Diaz-Frank Alpizar confirme tout le bien qu'on pouvait penser de lui après le précédent épisode. La séquence de la fusillade est bien découpée, ce qui témoigne d'un talent certain car si une telle action est mal mise en scène, cela se remarque tout de suite et souligne les défaillances de la narration graphique.

Je pense que là où ils doivent encore travailler, c'est sur l'expressivité des personnages, aussi bien le langage corporel que les expressions faciales. C'est encore un peu limité, un peu raide. Mais Diaz et Alpizar ont un trait très agréable, on sent qu'ils ont l'habitude l'un de l'autre, et surtout qu'ils font de leur mieux. C'est cette application qui fait plaisir.

La série entre vraiment dans le dur et c'est accrocheur et prometteur pour la suite.

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