mardi 17 février 2026

EXCEPTIONAL X-MEN, VOLUME 1 : DUTY CALLS (Eve L. Ewing / Carmen Carnero)


EXCEPTIONAL X-MEN, VOL. 1 : DUTY CALLS
(Exceptional X-Men #1-5)


Kitty Pryde a laissé sa vie de X-Man derrière elle après la chute de Krakoa. Elle s'est installée à Chicago où elle partage en co-location un appartement avec Priti et travaille comme serveuse dans un bar. Un soir qu'elle se rend à date, elle assiste au refoulement d'une jeune fille, Trista Marshall, à l'entrée d'une boîte de nuit et découvre qu'il s'agit d'une mutante. Le vigile va la rudoyer et Kitty la tire de ce mauvais pas.


Quelque jours plus tard, Kitty assiste à un match de football dans une université en compagnie de Nina lorsqu'un jeune mutant, Alex Luna, est pris à partie par des étudiants dans les gradins. Une joueuse, Thao Tran, vient prendre sa défense mais la situation dégénère en bagarre. Kitty est obligée d'exfiltrer les deux jeunes. Le soir venu, ils viennent frapper la porte de son appartement en compagnie de Trista.


Mais Emma Frost surgit et s'apprête à emmener les trois adolescents à qui elle veut offrir un entraînement. Pour ne pas qu'ils soient sous son emprise, Kitty accepte d'être le co-mentor et Priti, sa co-loc', les invite à s'installer dans une salle de danse qui lui appartient. Peu de temps après, Bobby Drake/Iceberg s'invite dans la partie, éveillant les soupçons de Kitty sur sa présence...


Je poursuis mon retour aux origines de From the Ashes, la refonte des séries X sous la houlette de Tom Brevoort après la fin de l'ère Krakoa. Je pense toutefois m'en tenir là pour cette rétrospective, n'ayant pas la motivation pour relire X-Force (par Geoffrey Thorne et Marcus To). Toutefois j'avais gardé un bon souvenir de Exceptional X-Men et j'ai voulu vérifier ce qu'il en restait.


Déjà, contrairement à X-Factor (et X-Force), cette série ne fut pas annulée au bout de dix épisodes, mais dura jusqu'au 13ème numéro. Une rallonge inattendue vu qu'elle se vendait moyennement. Peut-être est-ce pour cela que, contrairement à Mark Russell et Geoffrey Thorne, Eve L. Ewing est restée dans les petits papiers de Brevoort qui lui a confié la mini-série X-Men United, qui démarre le mois prochain.

Exceptional X-Men est une autre série atypique, signe que Brevoort cherchait quand même à (un peu) expérimenter. Toutefois cela n'a donc pas suffi à convaincre les fans. Ce que proposait Ewing, c'était un peu ce que ne réussit pas à faire Gail Simone, à savoir présenter de jeunes mutants inédits et les rendre attachants, dans un récit avare en action spectaculaire.

C'est l'archétype de la série character's driven : il faudra attendre le deuxième arc pour qu'un méchant apparaisse et que l'histoire prenne un tournant plus dynamique. Avant cela, Eve L. Ewing raconte ce que sont devenus deux des X-women les plus emblématiques après la chute de Krakoa. Et cela devait assurer l'argument principal de la série.

D'un côté Kitty Pryde qui, traumatisée par les événements et ses actes (elle a tué à plusieurs reprises des agents d'Orchis), a raccroché complètement : elle vit à Chicago, en co-location avec une autre jeune femme, travaille comme serveuse. Mais la réalité la rattrape quand elle se met à aider trois jeunes mutants... Dont elle refuse pourtant de devenir le mentor.

De l'autre Emma Frost qui a toujours eu à coeur d'enseigner à de jeunes mutants comment survivre dans un monde qui les hait mais qui a entretenu longtemps une relation compliquée à la fois avec la bonne méthode pour les former et avec Kitty Pryde (même si les deux étaient devenues amies durant l'ère Krakoa).

Finalement les voilà retravailler ensemble. C'est la grande réussite de la série : Ewing réussit merveilleusement à explorer les rapports conflictuels entre ces deux profs et leurs élèves, entre les élèves eux-mêmes, à les caractériser de façon subtile. On n'a même plus besoin de créer un ennemi, la série se lit toute seule et très bien grâce à ce style intimiste.

L'irruption de Bobby Drake/Iceberg vient ajouter du piment à cette recette : d'abord parce que lui et Kitty furent amants (avant que Marvel ne décide que Bobby soit gay -encore une conversion sortie de nulle part), qu'il fit partie des Maraudeurs version Krakoa (sous la direction de Kitty et Emma), et parce qu'on ignore pourquoi il apparaît subitement (mais le mystère sera vite levé et aura des conséquences fâcheuses).

Trois X-Men connus donc et trois inconnus : il n'en faut pas plus pour que Exceptional X-Men soit une des meilleures séries de l'ère From the Ashes. Certes, le rythme est tranquille, la narration un peu décompressée, mais c'était un titre vraiment chouette. En cinq épisodes, on avait là les prémisses d'une histoire prometteuse, qui sortait des sentiers battus.

En prime on avait Carmen Carnero au dessin, tout juste après Captain America : Sentinel of Liberty. L'artiste italienne s'est imposée en quelques années comme une des meilleures et aussi, ce qui n'est pas rien, comme une des plus régulières : elle enchaînera dix épisodes (même si sur le 10ème elle était aidée par Federica Mancin qui lui succédera jusqu'à la fin).

Carnero a un trait d'une élégance rare, très expressif, très naturaliste. Ses personnages ont tous une apparence propre, réaliste, même quand, dans le cas d'Alex Luna, il se distingue des autres plus nettement. Ses décors sont soignés et son découpage se distingue par une vraie fluidité et des trouvailles de première classe.

Marvel a eu le nez creux en la récupérant (elle végétait chez DC auparavant) et la chouchoute depuis (elle dessine désormais Iron Man dont la relance par Joshua Williamson a débuté le mois dernier). Et surtout il ne la sépare pas de son coloriste favori, Nolan Woodard, qui sait valoriser son dessin avec une palette sobre et nuancée.

Une excellente surprise donc. Suite et fin dans le tome 2.

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