vendredi 19 décembre 2025

THE NEW AVENGERS, VOLUME 1 : KILLUMINATI (Sam Humphries / Ton Lima, Tiago Palma)


THE NEW AVENGERS, VOL. 1 : KILLUMINATI
(The New Avengers #1-5)


Black Widow aborde le Soldat de l'Hiver qui s'est posé au Nouveau-Mexique. Elle évoque une base secrète située au Kamchatka en Russie où seraient pratiquées des expériences sur des villageois kidnappés dans les environs. Ils se rendent sur place avec Wolverine (Laura Kinney) et découvre que le savant derrière ces opérations est le Chacal qui a créé des clones dégénérés des Illuminati : Apex Iron, Luke Charles, Professeur X-Tinction, Mr. Ouroboros, Imperius Rex, Bolt et Guru Strange !


Tandis que Bolt s'occupe du trio de héros, les autres en profitent pour filer avant que Namor, appelé en renfort, arrive sur place et tue le clone de Flèche Noire. Clea Strange surgit à son tour, ayant pisté la trace magique de Guru Strange. Le Soldat de l'Hiver convainc tout le monde de former une équipe provisoire pour rattraper les fugitifs. Mais Bucky Barnes pense qu'un ancien adversaire des Illuminati d'origine pourrait les aider à traquer les clones : Bruce Banner.


Problème : Banner est prisonnier du HulkSpace pendant que son alter ego évolue dans notre dimension. Il faut donc occuper Hulk pour pouvoir parler à Banner sans être remarqué. Quant à Clea, elle priorise sa recherche de Guru Strange alors que Wolverine veut règler son compte au Pr. X-Tinction et Namor à Imperius Rex... Et c'est sans compter le dernier membre de ce groupe qui ne va pas faire l'unanimité...


Je dois la découverte de cette série à un ami qui m'a certifié que c'était une production Marvel suffisamment détonante pour mériter qu'on la lise. The New Avengers a commencé sa publication en Mai dernier pour accompagner la sortie du film Thunderbolts qui a été ensuite rebaptisé The New Avengers


Pourtant ne vous attendez pas à retrouver les personnages du film, en dehors du Soldat de l'Hiver. Sam Humphries, le scénariste, a eu apparemment carte blanche pour choisir des protagonistes venus de tous les horizons, sans trop se soucier de savoir s'ils étaient occupés ailleurs, ce qui donne au résultat final un air de série parallèle, quasiment hors continuité.

Quasiment seulement parce que lorsque l'histoire débute, une discrète allusion au contexte est fournie au lecteur : en Mai dernier, Marvel est en pleine publication de l'event One World Under Doom, dans lequel le Dr. Fatalis est devenu le maître du monde après avoir obtenu (à la fin de l'event Blood Hunt) la cape et l'Oeil d'Agamotto de Dr. Strange.

Mais finalement cela n'a aucune incidence sérieuse sur la série, sinon pour justifier que Bucky Barnes s'est isolé au Nouveau-Mexique pour ne pas d'attirer l'attention de Fatalis. C'est précisément à ce moment que Black Widow resurgit dans sa vie, couche avec lui et obtient qu'il l'aide pour une mission qui va les mener en Russie.

C'est là qu'entrent en scène les Killuminati du titre de ce volume : il s'agit de clones des Illuminati, ces conspirateurs du Bien créés à l'époque par Brian Michael Bendis en marge de son run sur New Avengers, et composés de Charles Xavier, Namor, Black Panther, Flèche Noire, Iron Man et Dr. Strange (Captain America en sera écarté, le cerveau dûment lavé, pour avoir critiqué leurs choix).

Humphries fait de ces clones des versions dégénérés et grotesques, mais tout de même assez flippantes, avec des pouvoirs morbides (le Pr. X-Tinction par exemple se gave en vidant les esprits, Luke Charles est un assassin - qui fait en vérité davantage penser à un Blade psychopathe qu'à Black Panther - , Mr. Ouroboros est un Reed Richards complètement dément, etc.).

A partir de là, le récit développe trois aspects : d'abord comment venir à bout d'une telle bande de vilains ? Réponse : en les éliminant le plus vite possible et sur ce point la série ne perd pas de temps et ne fait pas dans la dentelle. Ensuite, qui a commandé leur création ? On n'a la réponse qu'à la toute fin du 5ème épisode (qui conclut ce tome 1). Et enfin, comment vont fonctionner ces New Avengers ?

Et là il faut reconnaître à Humphries d'avoir relevé brillamment le défi parce qu'il ose ce que Marvel n'a plus osé depuis belle lurette (Dark Avengers de Bendis ?) : il assemble une équipe de fous furieux, qui passent autant de temps à zigouiller des vilains qu'à s'engueuler en eux ou à se charrier. L'improbabilité du casting fait en vérité la qualité du projet.

Réunir Black Widow et le Soldat de l'Hiver, ça, OK. Mais y ajouter Wolverine (Laura Kinney), Clea Strange, Namor, Carnage et, un peu, Hulk, c'est littéralement un groupe si hétéroclite, si dépareillé, si débraillé même qu'il est impossible de croire que des caractères aussi forts peuvent travailler ensemble. Sauf, précisément, pour buter des clones complètement pétés.

Et Humphries réussit surtout cela grâce à l'humour car, oui, The New Avengers est un bouquin très marrant. C'est tellement too much de toute façon qu'on ne peut qu'en rire. Si vous lisez ça au premier degré, c'est juste impossible. Mais par contre si vous le prenez pour ce que c'est, une série B qui flirte avec le Z en l'assumant, alors c'est très rigolo.

Il ne se passe pas une scène sans que l'un des membres ne menace l'autre de l'assassiner après s'être payé sa tronche (Namor qui appelle Laura Kinney "Girlverine" par exemple). Cette tension permanente est contrebalancée par des répliques savoureuses (ainsi, à chaque retour à la base de Bucky, lui et Natasha s'envoient en l'air et les autres s'amusent en disant que "papa et maman sont en train de baiser").

Visuellement, les trois premiers épisodes sont dessinés par Ton Lima, inconnu au bataillon mais qui pourrait bien ne pas le rester longtemps. Le garçon est doué, il emprunte à Immonen, certes sans en avoir le génie, mais on gagne toujours à copier les meilleurs. Puis sur les deux derniers chapitres, il est remplacé par Tiago Palma, moins doué, mais convenable. Lima revient à partir du #6.

C'est très dynamique en tout cas, avec un récit qui exige des artistes de ne pas avoir peur de mettre en images de grosses bastons, et d'animer un casting fourni (on sait que les team books sont énergivores pour les dessinateurs, alors quand on en a qui tiennent les délais, mieux vaut les chouchouter). Lima en particulier se débrouille comme un chef, et on sent qu'il en a encore sous le pied.

J'ignore si une telle série peut durer tant elle est atypique et dans une certaine mesure extrême. Si le film avait gardé son nom de Thunderbolts, ça aurait été un comic book Thunderbolts, mais même sur ce plan, Humphries réussit malicieusement à contourner l'obstacle. La série en est actuellement au #7, ce qui signifie qu'il faudra attendre quelques mois pour un deuxième recueil, que je surveillerai.

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