Alors que Lex Luthor pensait avoir gagné la couronne de Roi Oméga, Doomsday/Time Trapper, instruit de son rôle vis-à-vis de l'issue du tournoi, permet à Superman d'affronter Darkseid en lui injectant toute son énergie Alpha. Désormais, les deux adversaires vont se battre non seulement pour le salut de la Terre, mais aussi celui du Multivers...
Wow ! Ce dernier chapitre de DC K.O. est tout de même assez costaud et ébouriffant. Comme les crédits de l'épisode l'indiquent, et même si c'est incontestablement l'oeuvre du chef d'orchestre Scott Snyder, il n'a pas été seul à opérer sur cette conclusion puisque Joshua Williamson est aussi de la partie - légitimement puisqu'il est question de Superman et un peu de la Légion des Super Héros (dont il va écrire la nouvelle série).
On peut dire que ce dernier numéro est lui-même construit comme une mini série en soi, d'abord avec une ouverture, un morceau principal, et un final. Le tout est très grandiloquent, over the top, bigger than life, choisissez ce qui vous excite le plus, en tout cas ça dépote, c'est épique, ça envoie du bois, ça dynamite, ça ventile.
On a donc bien droit, malgré ce que voulait nous faire croire le précédent épisode, à une confrontation entre Superman et Darkseid, et ça castagne sévère. Mais peut-être pas de la manière la plus convenue : en effet, il ne s'agit pas de savoir qui est le plus fort, qui a la plus grosse (couronne !), et qui finira au tapis. L'enjeu et l'issue sont ailleurs, comme déplacés.
Investi d'une puissance telle qu'il peut effectivement rivaliser avec Darkseid, Superman doit disputer un combat qui se joue sur plusieurs niveaux, et cela fait penser aux jeux vidéo, avec des paliers de difficulté, des étapes à franchir. C'est cela qui donne le sentiment que l'épisode est pensé, conçu comme une mini série dans la mini série, avec une abondance de péripéties et de rebondissements.
Alors, oui, sans doute que le sort du combat en frustrera certains, qui auraient aimé une résolution plus franche au lieu d'une série de teasers sur les prochaines productions DC et une (inévitable) future Crisis. Mais à quand cette dernière aura-t-elle lieu ? Snyder et Williamson ont promis que les events DC seraient désormais actés seulement quand une excellente occasion le permettra.
Autrement dit : pas aussi régulièrement que chez Marvel ? Je pense quand même qu'il faut rester lucide et admettre que DC ne fera pas l'impasse sur au moins un event par an, soit une histoire cantonnée à un personnage phare, ou une équipe, soit quelque chose de plus global.
Dans la mesure où DC semble surtout produire des events assez brefs (4-5 épisodes comme Beast World, Knights Terror, Absolute Power, DC K.O.), ça reste digeste. Mais dans le cas d'une nouvelle Crisis, cela semble inévitable qu'on aura droit à une saga plus longue avec des tie-in en nombre, quelque chose de plus proche de ce qu'a fait Marvel récemment avec One World Under Doom.
Ce qui est encore plus avéré, mais qui était prévu, c'est que le dénouement de DC K.O. impacte fortement Superman. Comme Wonder Woman après Death Metal, le personnage semble parti pour ne plus être présent, au moins physiquement, pour quelques mois. Cependant, léger spoil, il n'est pas mort. Et cela ouvre la voie au prochain arc narratif de Joshua Williamson pour la série de l'homme d'acier.
Le plus étonnant et quelque part le plus décevant avec DC K.O., c'est bien la manière dont Snyder, très en amont, a prévenu tout le monde que Superman serait touché et Williamson lui a emboîté le pas en nous faisant comprendre avec le retour au premier plan de Superboy Prime que non seulement celui-ci aurait droit à une rédemption mais, mieux encore, à son nom en haut de l'affiche.
Dans cet épisode, Snyder brasse large et on reconnaît là sa touche, celle d'un scénariste qui déborde, qui en veut toujours plus - comme hier avec le concept d'Omnivers (une multitude de multivers) et aujourd'hui avec une référence à... Doomsday Clock, la "suite" (lol) de Watchmen par Geoff Johns et Gary Frank, et qui place Superman dans une position christique (décidément, c'est une manie chez les Snyder - Zack Snyder voyait le personnage ainsi dans ses films).
Toutefois Snyder ne va pas jusqu'à reconvoquer Dr. Manhattan (ouf !), mais lui substitue quasiment Superman en disant, comme Johns, que le kryptonien représente une force cosmique face à laquelle le multivers réagit... Bon, je trouve ça vraiment too much, ce n'est pas ce que je préfère, et Snyder, là, en fait trop à mon avis. Espérons que Williamson ne cherche pas à surenchérir le moment venu.
Visuellement, l'épisode est magnifique : l'ouverture par Xermanico subjugue par son élégance et son ampleur, le ton est donné. Puis Javi Fernandez reprend les commandes et il donne tout ce qu'il a dans le moteur : l'affrontement final est sublimé par un découpage à la fois explosif et inventif, c'est du grand spectacle. Enfin Wes Craig, qui avait été là pour le lancement de DC All-In, revient pour conclure ce grand show.
Et maintenant ? DC Next Level ! Des séries ont déjà été annoncées et commencent dès le mois prochain : Batwoman (Greg Rucka + Dani), Lobo (Skottie Young + Jorge Corona), Deathstroke : the terminator (Tony Fleecs + Carmine di Giandomenico), The Deadman (W. Maxwell Prince + Martin Morazzo), The Fury of Firestorm (Jeff Lemire + Rafa de Latorre), Zatanna (Jamal Campbell), The Demon, Jonah Hex, La Légion des Super Héros, Shadow of the Bat...
DC voit grand, ose - tout ne rencontrera certainement pas le succès, mais on peut créditer l'éditeur d'une volonté claire de proposer des comics pour tous, avec des équipes créatives souvent surprenantes, alléchantes. Sans oublier les fondamentaux, les essentiels, les incontournables... De quoi donner des regrets à ceux qui ne lisent que la vf tant Urban Comics a réduit la voilure de ses traductions.
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La couverture "undressed" de DC K.O. #5 par Javi Fernandez :







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