mercredi 4 mars 2026

VENOM #250-254 (Al Ewing / Terry Dodson & Todd Nauck, Paco Medina, Carlos Gomez)

 

 

 

VENOM #250-254
(Ecrit par Al Ewing /
Dessiné par Terry Dodson & Todd Nauck : #250 ;
Paco Medina : #251-252 ;
Carlos Gomez : #253-254)


Lorsque l'alliance Kree-Skrull apprend que les Chitauri ont une nouvelle reine, un espion Skrull est envoyé en mission d'infiltration pour obtenir des informations à ce sujet. Il découvre à son arrivée que les Chitauri ont été colonisés par les Klyntars, les symbiotes. L'espion prend la fuite et regagne une base Kree elle aussi colonisée : l'alliance Kree-Skrull a entre temps éclaté. Direction : la Terre pour alerter Venom du retour de Knull, le roi des symbiotes, mais le vaisseau de l'espion se crashe avant...


Cependant le sénateur Kevin Krask explique à Luke Cage qu'il a nommé le Dr. Octopus à la tête du SCAR (l'agence chargée de capturer les symbiotes). Venom patrouille en ville lorsqu'il surprend le malfrat Blue Streak ayant commis le braquage d'une banque. Rick Jones/Toxin le stoppe mais le SCAR s'en mêle...
 

Venom prête main forte à Toxin en changeant son apparence pour ne pas être capturé mais la situation dégénère. Luke Cage intervient pour séparer Octopus et ceux qu'il veut capturer. Défait, humilié, vexé, Octopus décide de s'allier à Madame Masque qui affirme savoir qui est le nouvel hôte de Venom...


Madame Masque attaque plusieurs cadres de l'AIM - Alessandro Brannex, Monica Rappaccini, Andrew Forson - pour prendre le contrôle de l'organisation. MODOK en prison lui en confie la direction. Cependant, le nouvel hôte de Venom réussit à localiser Masque pour l'empêcher de divulguer son identité secrète...


Equipée d'une armure, Madame Masque est prête à affronter Venom...

Bon, hé bien, j'ai décidé de poursuivre la série Venom après avoir lu la mini All-New Venom que j'ai apprécié. Pour cela, j'avais cinq épisodes de retard à rattraper pour être à jour, alors que le crossover Death Spiral entre les séries Amazing Spider-Man et Venom a débuté le mois dernier.

Les dix numéros de All-New Venom permettaient à la fois de jouer sur le mystère entourant l'identité du nouvel hôte de Venom et aussi de revenir à la série régulière Venom pile-poil pour son 250ème épisode. Celui-ci se présente comme un chapitre avec une plus forte pagination pour l'occasion et deux segments : le premier tease le retour de Knull, le roi des Symbiotes, le King in Black créé par Donny Cates et Ryan Stegman ; le second est un flashback dispensable sur l'époque où Eddie Brock était Venom.

Al Ewing ne brille pas particulièrement mais prépare le terrain en vue de l'event estival, Queen in Black, qui débutera en Juillet prochain. Knull n'est donc pas mort - ou plutôt il ne l'est plus et quelqu'un l'a ramené à la vie pour servir ses propres plans. Je ne vais pas spoiler qui a ranimé Knull mais Ewing fait preuve d'une vraie suite dans les idées quand on sait qu'il écrit également les aventures de Thor...

Si le flashback n'apporte rien de plus à ce qui s'annonce, il a l'avantage d'être bien dessiné par Carlos Gomez tandis que la partie au temps présent a besoin de Todd Nauck (pour les scènes dans l'espace avec l'espion Skrull) et Terry Dodson (pour les scènes à New York avec Venom) et il faut bien reconnaître que même si je n'aime pas Nauck, il s'en sort mieux que Dodson dont les pages sont d'un niveau indigne de lui.

Les épisodes suivants (#251-254) peuvent se lire comme un arc complet, bien que Al Ewing continue à semer pour le futur de la série. C'est un peu acrobatique d'en parler dans la mesure où je m'emploie à ne pas révéler (pas encore) le nom du nouvel hôte de Venom. Toutefois, on peut y arriver dans la mesure où s'il s'agit d'un élément de l'intrigue, d'autres choses se passent.

Depuis la nomination de Dr. Octopus à la tête du SCAR jusqu'à la prise de contrôle de l'AIM par Madame Masque, on n'a pas le temps de s'ennuyer. Ewing réussit à mixer humour et action avec une étonnante maîtrise, car s'il avait déjà prouvé son savoir-faire pour l'action, en revanche on ne soupçonnait pas qu'il puisse être drôle.

Cette dose d'humour ne plaira sans doute pas aux fans qui préfèrent Venom en anti-héros violent et monstrueux. Pour ma part, je trouve que ça fonctionne très bien parce que ça correspond à qui est désormais l'hôte du symbiote. On ne verse pas non plus dans la parodie ou la farce, mais Ewing glisse quelques moments savoureux (comme lorsque Venom prend l'apparence de Iron Man, version armure noire et jaune, courant après Blue Streak).

Surtout cette légèreté permet de rendre, par contraste, plus intense l'affrontement entre Venom et Madame Masque qui a découvert l'identité de l'hôte. Les deux adversaires lâchent leurs coups, la bataille est épique, destructrice et les antagonistes n'en resteront pas là. Je me demande si Marvel n'est pas en train de faire de Mme Masque leur nouvelle grande vilaine, puisqu'elle est aux prises avec Venom et Iron Man quasiment en même temps.

Ce qui est intéressant aussi se déroule au second plan, d'abord avec Luke Cage dont on apprend que la fin de son mandat de maire de New York approche. Le héros se demande s'il va se représenter - et s'il en aura les moyens, car il s'est mis à dos un sénateur en cheville avec le SCAR. On sent que les responsabilités d'édile lui pèsent et en même temps il a conscience que ce poste lui permet de résoudre plus de problèmes concrets qu'en tant que justicier.

Ensuite, on assiste au putsch de Mme Masque qui prend les commandes de l'AIM (ça colle avec ce qui se passe dans Iron Man actuellement), mais son coup de force va lui valoir des représailles des cadres de l'organisation (qu'elle a tentés de tuer). Et avec MODOK en prison, elle va devoir se déployer pour tenir contre tout ce monde.

Visuellement, après la déception du #250, la série retrouve des couleurs puisque Paco Medina s'installe sur les épisodes 251-252 : artiste solide sans être exceptionnel, Medina s'acquitte du job avec beaucoup d'application et me semble être le parfait remplaçant pour Carlos Gomez quand celui-ci aura besoin de souffler.

Gomez revient au #253 et signe aussi le #254 : il peut faire valoir une fois encore ses qualités de storyteller impeccables dans deux chapitres qui abondent en action. Sous son crayon, Mme Masque est aussi sexy que dangereuse et tout comme Medina, il s'amuse comme un fou avec les nouvelles aptitudes du symbiote, développées grâce aux inspirations de son nouvel hôte.

Si on m'avait dit que j'aimerai autant lire Venom, je ne l'aurai pas cru. Mais c'est simplement excellent : Al Ewing a donné un coup de fouet iconoclaste au personnage et il est accompagné par des artistes irréprochables, très réguliers. Par les temps qui courent, chez Marvel, c'est plus qu'appréciable.

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