Tandis que les Howling Commandos de Nick Fury Jr. sont toujours à la recherche des armes de destruction massives du Dr. Fatalis, Captain America suit Alina von Fatalis dans un endroit à l'abri des yeux et des oreilles qui traînent pour lui présenter ses alliés, Melor et Mara Sandu. Ceux-ci veulent aussi mettre la main sur cet arsenal avant Salvation/Marcus Wolf...
Si j'ai tenu à commencer la critique des sorties hebdomadaires par Captain America (alors que j'avais prévu de le faire avec le 4ème volet du crossover Amazing Spider-Man/Venom : Death Spiral), c'est pour me débarrasser du plus mauvais truc que je lirai cette semaine. Et c'est d'autant moins rassurant que je me suis rendu compte de trois choses.
La première, c'est que c'est affreusement mal dessiné. Si le tandem Diaz-Alpizar a fait plutôt du bon taf (au point d'être choisi pour illustrer le futur event Armageddon) et que Valerio Schiti reviendra (enfin !) le mois prochain, je craignais de lire cet épisode donné à Jan Bazaldua. Et j'avais raison de le craindre car c'est très mauvais.
Bazaldua est un (ou une ? Je ne sais plus comment dire : c'était un mec, maintenant il a changé de sexe... En tout cas, ne comptez pas sur moi pour l'écriture inclusive et tout ce bullshit woke) dessinateur médiocre mais à qui Marvel fait confiance en lui filant régulièrement du travail, histoire de saloper une série sur laquelle un très bon artiste a besoin de souffler.
Ses planches sont abominables : la composition des images est à chier, ses personnages ne ressemblent à rien, les scènes d'action sont nazes. Rien de rien ne va. Comment un nullos pareil trouve du travail quand tant d'autres sont là à attendre, après avoir fait des études de dessin et/ou doivent se contenter de mini séries en attendant qu'un editor ouvre les yeux ? Mystère.
Ensuite l'histoire : dans cet épisode, tout en fait est mal fichu. Chip Zdarsky progresse laborieusement avec des personnages qu'il a inventés mais qui sont dénués du plus élémentaire charisme et dont les rôles sont redondants. A quoi bon écrire trois factions de prétendants au trône de la Latvérie quand deux suffirait amplement puis que sur ces trois, deux justement ont scellé une alliance.
Sans surprise, on découvre que sur les trois prétendants en question, celui qui a la plus sale gueule de méchant... Hé bien, devinez quoi ?... C'est lui, le méchant ! Et ses deux rivaux sont des gros naïfs obligés de se cacher dans les égouts pour discuter de la manière de le prendre de vitesse. Mais le méchant est tellement méchant qu'il est même presque pire que Fatalis, ce qui n'est pas rien.
Il y a une scène où, suite à une explosion qui l'envoie dans le décor, Captain America, groggy, revient à lui dans une fosse et il découvre là un charnier. Ce qui aurait pu (dû !) être saisissant d'horreur est complètement désincarné par le dessin, complètement à la ramasse, incapable de transcrire l'horreur du moment, mais aussi par le script, incapable de donner la mesure de cette atrocité autrement que comme une malheureuse péripétie.
Zdarsky se ramasse quand même terriblement sur une scène aussi délicate. Mais le malaise est encore plus prégnant quand on se rend compte que cet arc suit la même courbe descendante que le premier de la série. Souvenez-vous : ça partait très fort, puis plus ça avancez, moins c'était intense, pour finir par devenir complètement à plat.
Et là, rebelote ! C'est comme si Zdarsky n'arrivait pas construire ses arcs en gardant la tension qu'il injecte au départ. C'est tout de même problématique car, sur Daredevil, il tenait le lecteur sous pression avec brio. Je n'ai pas lu son run sur Batman, qui a beaucoup divisé. Mais là, ça s'effiloche, et ça fait deux fois de suite.
Surtout, je n'ai pas l'impression qu'il sache quoi faire de Captain America. Il le trempe dans des barbouzeries où, évidemment, son sens du devoir et de l'honneur ne peut pas faire bon ménage avec les méthodes de Fury Jr. ni les celles des prétendants au trône de la Latvérie. Et le voilà dans la peau d'un mec qui veut dézinguer Salvation après avoir découvert un charnier (je comprends qu'il ait la rage, mais Steve Rogers a vu des horreurs durant la seconde guerre et il n'est pas parti la fleur au fusil comme là).
Marvel, entre temps, comme c'est son habitude, n'a pu s'empêcher de spoiler le pitch d'Armageddon et on sait maintenant de quoi il va retourner (je ne vous spoile pas si vous n'êtes pas au courant), mais bon, vous pouvez faire une croix sur la promesse d'un event qui creuserait enfin la question sur tous les super soldats.
Bref, tout ça m'interroge. Je vais finir cet arc (qui s'achève au #10). Mais après, même avec le retour de Schiti au dessin ? Quant à Armageddon, je vais là aussi finir Wolverine : Weapons of Armageddon. Mais, je vous l'avoue, ma motivation, qui avait bien grimpé, vient de dégringoler considérablement. Et si ceux qui doutaient des capacités de Zdarsky à devenir un des architectes de Marvel pour les deux prochaines années (avec Hickman, lui aussi, en pleine chute d'inspiration) avaient raison...





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