jeudi 26 mars 2026

IRON MAN #3 (Joshua Williamson / Carmen Carnero)


Après avoir sauvé MODOK des agents que l'AIM avait envoyé pour l'éliminer, Iron Man apprend qu'une guerre des chefs a éclaté au sein de l'organisation terroristes et que Madame Masque a pris l'ascendant sur ses concurrents. Tony Stark retrouve Luna Lucia mais leur déjeuner est interrompu par l'apparition de Pepper Potts puis un appel de l'agent du SHIELD Melinda May qui a d'autres infos...
 

Il est assez étonnant d'observer comment un même auteur peut se comporter chez deux éditeurs différents. Chez DC évidemment Joshua Williamson est dans son domaine, il est un scénariste qui compte, un architecte, ami avec Scott Snyder, aux commandes de Superman. Il pourrait se la couler douce mais il n'a pas fait tout ce chemin pour rien et il se distingue par son dynamisme.


En acceptant de travailler pour Marvel pour qui il voulait écrire une histoire d'Iron Man, sa position est plus ambivalente. D'un côté Marvel accueille une plume de la concurrence et lui donne ce qu'il souhaite. Mais Williamson sait aussi qu'il n'occupe pas la même place que chez DC, c'est une sorte d'invité de prestige mais sans privilège particulier.


Cette dichotomie est remarquable cette semaine où sortent simultanément Superman #36, un titre où il est désormais bien installé et où il peut s'amuser sans qu'on le lui refuse, et Iron Man #3, une série fraîchement relancée où il doit tout prouver comme s'il partait littéralement de zéro. En conséquence, il se montre plus sage avec Iron Man qu'avec Superman.
  

Certes on ne va exiger qu'il réinvente un personnage en trois mois quand au bout de trois ans il s'autorise à écarter Superman de son propre mensuel. Mais il est indéniable que Williamson avance à pas comptés, avec son histoire en tête mais sans vouloir brusquer personne. On peut trouver ça frileux. Ou simplement raisonnable.

Sur le fond de l'intrigue c'est un épisode en creux : on a la confirmation de ce qu'on soupçonnait déjà, guère plus. Il y a une guerre interne au sein de l'AIM, Madame Masque est en position de force, elle prépare quelque chose contre Iron Man. Sur ce dernier point, Williamson a renseigné le lecteur plus que Tony Stark puisqu'on sait ce qu'elle mijote.

Comme il faut bien avancer malgré tout, après que le centre de l'épisode ait donné lieu à une rencontre embarrassée entre Tony, Luna Lucia et Pepper Potts, qui se croisent par hasard, le lecteur est récompensé quand Iron Man se trouve à nouveau (presque) face à face avec sa némésis. Mais c'est à peu près tout, il faudra s'en contenter.

La véritable surprise, même si elle est très fugace, c'est l'apparition de Citizen V au tout début de l'épisode quand Iron Man s'emploie à sauver MODOK des agents de l'AIM. Qui se cache sous le masque de V ? Pas le baron Zemo (il est présumé mort depuis One World Under Doom et il n'aurait pas couvert les arrières d'Iron Man).

Williamson ne réintroduit pas Citizen V pour rien, on le reverra, et il aura certainement une importance majeure dans l'intrigue à venir. Le scénariste titille le lecteur tout du long dans cet épisode où rien de vraiment important ne se passe mais où rien n'est négligeable non plus. Il ponctue un récit trépidant avec un moment savoureux puis repart au combat. Classique, propre, efficace. Pas moins. Pas plus.

Heureusement que Carmen Carnero est là et très en forme, toujours. Je ne dis pas qu'on s'ennuierait sans elle, mais ses planches, superbes, donnent du relief - mieux de la matière à la critique. Voilà une artiste qui avec peu fait beaucoup. Quand l'action domine, elle compose des plans intenses et épiques. Quand le calme revient, elle souligne l'expressivité des acteurs pour que le lecteur ressente ce qu'ils éprouvent.

Les couleurs de Nolan Woodard donnent à la série un look lumineux, chaleureux et très élégant. On pourrait lire des pages comme ça sans se soucier de rien d'autre tellement c'est simplement beau et valorisant pour un script un brin paresseux.

Il est vain de comparer le Williamson de DC et celui de Marvel, même si évidemment on aimerait qu'il fasse preuve de la même audace partout. Iron Man sous sa direction est encore un peu timoré mais plein de promesses. Assez substantielles pour continuer à voir où il veut en venir.

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