mardi 24 mars 2026

CAPTAIN MARVEL, VOLUME 3 : THE LAST AVENGER (Kelly Thompson / Lee Garbett)


CAPTAIN MARVEL, VOL. 3 : THE LAST AVENGER
(Captain Marvel #12-16)


Qui est cette femme qui s'en prend aux Avengers les uns après les autres ? En tout cas, ni Thor, ni Iron Man, ni Black Panther ne réussissent à la vaincre. She-Hulk résiste plus longtemps et découvre son identité mais, trop surprise, elle est neutralisée aussitôt après. Le commanditaire de ces agressions mortelles est un certain Vox Supreme...


Et en s'emparant des dépouilles de chaque Avenger, il poursuit un objectif précis qui est de créer de nouveaux guerriers kree plus puissants en combinant leur ADN à ceux des héros de la Terre. Même si son exécutrice ne fait pas de quartier, elle paraît agir sous la contrainte car des enfants kree réfugiés en divers points sur le territoire américain sont dans la ligne de mire de son maître...


En entamant la deuxième année de son run sur la série, Kelly Thompson a eu visiblement à coeur d'offrir un point d'entrée aux lecteurs qui n'avaient pas encore eu la curiosité de la lire. Par conséquent, on peut très bien démarrer Captain Marvel par ces épisodes sans avoir lu les onze précédents. J'imagine même que l'expérience peut être jubilatoire...


... Car Captain Marvel est absente de son propre titre. A sa place on suit une succession de batailles épiques entre une femme mystérieuse, le visage entièrement recouvert d'un casque, et qui réussit l'exploit de battre à plate couture des héros aussi puissants que Thor, Iron Man, Black Panther et même She-Hulk !


C'est lors de ce dernier affrontement que le lecteur comprend que cette tueuse redoutable n'est autre que... Carol Danvers elle-même ! J'aurai aimé écrire cette critique sans spoiler cette partie, malheureusement c'est quasiment impossible, ne serait-ce que pour les illustrations accompagnant le texte de cet article.

Mais à défaut de savoir qui s'en prend ainsi aux Avengers, demeure la question essentielle du récit : pourquoi ? Pourquoi Captain Marvel, en plus de se cacher derrière un masque intégral et un costume plus sombre, élimine-t-elle ses co-équipiers ? La réponse paraîtra à certains un peu décevante en fonction des attentes qu'on y attache, mais le résultat, à défaut d'être original, est efficace.

Surtout on devine l'intention derrière cette histoire très riche en action, parfois violente, construite comme un compte à rebours. Lorsque Captain Marvel apparaît dans son propre film en 2019, Kevin Feige insiste lors de la promotion pour que les spectateurs la considèrent comme la plus puissante des héroïnes, suggérant qu'elle jouera un rôle décisif lors de la confrontation attendue entre les héros et Thanos.

Kelly Thompson ne semble pas avoir besoin qu'on lui dise d'insister sur ce même point pour accorder ses violons : il est évident qu'elle aussi veut prouver que Carol Danvers est capable de vaincre quiconque lui barre la route, les Avengers en premier. Et comme Jason Aaron a assemblé une formation redoutable, ce qui s'annonce sera effectivement corsé.

La scénariste démarre pied au plancher en opposant Thor à Captain Marvel, comme une note d'intention qui signifierait au fan que "vous allez voir ce que vous allez voir". Est-ce que ça fonctionne ? Comme dans la majorité des comics super héroïques, tout dépend de votre capacité à croire à l'invraisemblable - la fameuse suspension consentie de crédulité. 

En relisant cette histoire que j'avais découverte au moment de sa parution, je vois bien que Thompson cherche d'abord à se convaincre elle-même, notamment avec Thor (qui est quand même un dieu) et ensuite avec She-Hulk (que Carol réussit à vaincre grâce à l'effet de surprise). Elle est plus inspirée quand il s'agit d'opposer Carol à Iron Man, Black Panther et surtout Captain America.

La scène avec Captain America est la plus réussie du lot parce que le personnage fait montre d'une telle noblesse et d'une telle intelligence face à la situation que tout le récit prend une autre dimension. C'est peut-être pour cela que Steve Rogers est toujours supérieur aux autres : son expérience, son autorité morale, la finesse de son analyse dépassent le commun des héros.

Quant au vilain, Vox Supreme, j'ai appris qu'il était apparu auparavant dans la mini série Death of the Inhumans (de Donny Cates et Ariel Olivetti). C'est un méchant aux motivations génériques, et c'est la faiblesse de ce scénario où le lecteur est plus happé par les combats que livre Captain Marvel que par l'issue de celui qui inévitablement va la voir affronter Vox Supreme.

C'est un peu la faiblesse de Thompson (mais pas qu'elle) : un manque d'imagination pour inventer de vrais bons adversaires, à la fois originaux et vraiment dangereux, qui fassent douter le lecteur du sort de la bataille. Parfois, elle développe une idée séduisante et accrocheuse (comme Star, dans le tome précédent). Parfois, elle sort quelque chose d'un peu trop quelconque (l'Homme Nucléaire).

Carmen Carnero partie, c'est donc à Lee Garbett que Marvel confie la partie graphique. Sa prestation sur le titre se limitera à deux arcs (celui-ci et celui du tome 5). C'est un choix astucieux dans la mesure où son style ne tranche pas trop avec celui de Carnero. Il est plus direct dans sa narration, son trait est plus simple mais en conservant Tamra Bonvillain aux couleurs, la cohérence est préservée.

Garbett a pas roulé sa bosse depuis ses débuts en Angleterre et ses va-et-vient entre DC et Marvel. Ce n'est sans doute pas l'artiste le plus remarquable qui soit, mais son travail est toujours impeccable, il s'adapte facilement aux scripts qu'on lui confie. Ce que confirme sa collaboration avec Kelly Thompson. Inutile d'ajouter que j'attends beaucoup de son passage sur Daredevil, en compagnie de Stephanie Phillips à partir d'Avril prochain.

L'ensemble de ce tome 3 est donc un peu inégal, mais demeure fidèle à l'essence du run de Kelly Thompson, qui sait composer de vrais page turner, et réussit à animer Captain Marvel comme une héroïne aussi divertissante que les vedettes des Avengers.

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