SHE-HULK, VOL. 2 : JEN OF HEARTS
(She-Hulk #6-10)
Patsy Walker/Hellcat remet à Jen le dossier du Valet de Coeur enregistré dans les archives des Avengers. Au cabinet juridique, elle reçoit la visite de Diablo qui souhaite l'engager pour qu'elle défende les intérêts de Krakoa, la nation mutante. Mallory Book accepte, malgré son souhait de ne représenter aucun surhumain, car elle sait qu'un tel client est excellent pour ses finances. Le soir venu, au cours d'un dîner chez elle, Jen se rapproche intimement de Jack...
Après avoir passé la nuit ensemble, Jack et Jen conviennent de se retrouver plus tard dans la journée car, ce samedi, elle doit repasser au cabinet juridique aider Andy. Ce dernier lui demande de défendre Victor Mancha et un Fatalibot qu'une procureur compte rendre responsable des méfaits du Dr. Fatalis. Après cela, Jen se rend chez April et Mark Booth qui la piègent et dont elle comprend qu'ils ont été les geôliers de Jack...
Ce deuxième tome de She-Hulk par Rainbow Rowell continue sur la lancée du premier, mais la scénariste va creuser l'intrigue concernant la disparition du Valet de Coeur pendant des années. Celui-ci ne se souvient que de peu de choses, mais il sait qu'il a été fait prisonnier pendant une longue période. Et récemment, alors que lui et Jen buvaient un thé à la terrasse d'un bar, il a été pris à parti par un colosse du nom de Mark Booth avant que la femme de ce dernier ne le calme.
Avant d'aller plus loin toutefois, Rowell établit ce que le lecteur avait deviné depuis un moment : She-Hulk et le Valet de Coeur deviennent amants. Jack Hart, quasiment dépossédé de ses pouvoirs, n'est plus un danger pour Jen Walters et leur attirance l'un pour l'autre était manifeste depuis qu'il s'était crashé dans le salon de son appartement.
Jen s'est d'abord comportée comme une sorte d'infirmière, puis d'amie, tandis que Jack lui témoignait de la gratitude. Mais leur complicité était le signe que les choses pouvaient aller plus loin. Jen en tant que She-Hulk ne craint rien ni personne tandis que le Valet de Coeur savourait de ne plus représenter une menace pour les autres.
La scène de leur rapprochement est très belle, et Rowell réussit à l'écrire avec fraîcheur et sans timidité. C'est d'ailleurs une de ses grandes qualités comme auteur : là où beaucoup actuellement font de grands discours sur les sentiments, la tolérance, s'enfonçant dans un prêchi-prêcha lourdingue, aux accents woke insupportables, cette scénariste se dispense de tout ça et le résultat brille par son naturel.
Au lieu de nous seriner sur la femme forte qu'est She-Hulk, au propre comme au figuré, Rowell est beaucoup plus sensible et subtile et croque son héroïne avec plus de complexité, tout comme le Valet de Coeur n'est pas un homme déconstruit, là encore au propre comme au figuré, mais un personnage plus nuancé, dont elle parvient à faire autre chose qu'un super héros avec un look kitsch.
Rowell, en vérité, c'est l'anti-Gail Simone : au lieu d'essentialiser ses personnages, elle les prend tels qu'ils sont, ne cherche pas à en faire des symboles de quoi que ce soit, et s'attache plutôt à montrer leur humanité. C'est aussi ainsi qu'elle opère avec le couple Booth, qui n'est pas une simple paire de méchants savants diaboliques.
Oh, bien sûr, il ne s'agit pas d'adversaires extraordinaires, mais Rowell, là aussi, en fait des figures à part : enviant la santé de She-Hulk qui leur apparaît comme un modèle, avec sa force physique, son intelligence, ils ont entrepris de percer son secret et de devenir à leur tour des Hulk aussi brillants qu'elle. Evidemment, tout ne va pas se passer comme prévu.
Cet arc se termine de manière dramatique, non pas en assombrissant le ton de la série, mais en remettant en question son postulat de départ. Les jeux sont (re)faits, rien ne va plus. Comment She-Hulk va-t-elle réagir à ce nouveau statu quo ? Son idylle avec Jack Hart y résistera-t-elle ? Autant d'interrogations à suivre dans le prochain tome qui verra la fin de cette relance de la série.
Rowell n'oublie pas de traiter des à-côtés en montrant Jen au travail avec des dossiers aussi savoureux qu'épineux : en 2022, on est encore en pleine ère Krakoa pour les mutants et Diablo engage Jen pour défendre les intérêts juridiques de la nation X. Plus drôle : elle est amenée à défendre un Fatalibot qu'on veut faire condamner pour les crimes de son créateur.
Au dessin, Luca Maresca achève sa mission en signant les épisodes 6 et 7 : le résultat est impeccable, on sent que Marvel a des projets plus ambitieux pour lui (même si, à cette heure, quatre ans après, l'éditeur continue à ne lui confier que des mini-séries).
Puis Maresca transmet le témoin à Takeshi Miyazawa, un autre artiste expérimenté mais que Marvel a l'habitude de balader de titre en titre. Il se charge des épisodes suivants, du 8 au 10, et maintient la qualité à un excellent niveau. Malgré ces changements de dessinateurs, She-Hulk a toujours belle allure.
Ces épisodes ont été traduits en vf par Panini Comics dans un 100% Marvel. Suite et fin de cette première partie du run de Rainbow Rowell très vite...






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