Vandal Savage commissaire du G.C.P.D., avec l'accord de la maire Poison Ivy, expédie manu militari tous ceux qu'il juge indésirables de vivre au milieu de la population dans un prison haute sécurité sur une île au large. Barbara Gordon se fait capturer et devient le matricule 682281 pour enquêter sur les "suicides" de l'ex-procureur Jennifer Peck et de l'ex-capitaine Dan Rascott...
J'ai pu lire ce premier numéro de cette nouvelle série du DC Next Level grâce à un ami. Je n'avais pas prévu de l'acquérir mais on m'en a dit le plus grand bien et j'ai voulu vérifier sur pièces. Même si ce n'est pas précisé, je pense qu'il s'agit d'une mini-série car l'argument ne me semble pas prévu pour alimenter une ongoing.
Vandal Savage et Poison Ivy, respectivement commissaire principal et maire de Gotham City, se sont entendus pour mettre à l'ombre quiconque pourrait entraver leurs plans. Batman est devenu l'ennemi public n°1 et tous ses acolytes sont aussi traqués. Les morts suspectes d'une ex-procureur et d'un ex-officier de police exigent des investigations. Barbara Gordon se porte volontaire.
Les récits carcéraux, en particulier avec des femmes, ont nourri bien des fictions, particulièrement des séries B où tout était prétexte à des histoires violentes et saphiques. DC a confié cette mission à Mariko Tamaki, avec la volonté manifeste d'éviter ces clichés. Mais la scénariste voulait surtout raconter l'histoire d'une femme en milieu hostile.
De par son histoire, Barbara Gordon est le membre de la Bat-famille le plus intéressant à placer dans cette situation : elle a été une victime du Joker (Killing Joke) même si par la suite elle a retrouvé l'usage de ses jambes, elle a été Batgirl avant que Cassandra Cain ne porte ce nom, elle est la fille de l'ex-commissaire Jim Gordon (devenu désormais un simple agent en uniforme).
A priori, c'est donc la moins forte des alliés de Batman, même si son rôle en tant qu'Oracle en fait une pièce maîtresse du dispositif mis en place par Bruce Wayne, et qu'elle a dirigé les Birds of Prey (c'est hélas ! regrettable que ce titre ne soit plus publié car avec cette série il aurait été intéressant d'observer comment ce que traverse Barbara aurait été exploité).
Néanmoins elle est loin d'être faible : elle a pour elle une mémoire eidétique qui en fait une sorte d'ordinateur ambulant et ce sens de l'observation s'avère fort utile pour identifier détenus dangereux et matons douteux dans le Supermax, ce pénitencier inspiré par Alcatraz (comme la célèbre prison, il est situé sur une île).
Tamaki ne perd pas de temps : elle nous plonge, lecteur et héroïne, dans le vif du sujet. L'arrestation de Barbara, son procès expéditif, sa condamnation, son enregistrement à la prison, et les premières échauffourées dans la cour avec K. Kilter, une détenue dérangée qui prétend être la fille de Double-Face (pas de Harvey Dent mais bien son alter ego).
C'est très efficace et la dernière page donne envie d'en lire plus. Tout cela rend regrettable le fait que la série n'ait pas été confiée à un meilleur artiste qu'Amancay Nahuelpan, avec qui Tamaki avait collaboré sur Crush & Lobo. Le dessinateur n'est pas mauvais, mais il n'est pas non plus très bon.
C'est typiquement quelqu'un à qui profiterait un encreur expérimenté, qui pourrait sinon corriger ses maladresses, en tout cas solidifier son trait. Mais il manque désormais cruellement de finisseur comme le furent des Joe Sinnott, Bob Wiacek, Dan Green Wade von Grawbadger, des professionnels aguerris qui contribuaient à améliorer le travail d'artistes moyens.
Aujourd'hui beaucoup de dessinateurs travaillent sur tablette graphique et assument leur encrage eux-mêmes, mais ce n'est pas donné à tout le monde d'être un bon encreur. On peut être un bon dessinateur et un encreur lamentable, et c'est le cas de Nahuelpan, dont les finitions laissent à désirer et aboutissent à un résultat à peine professionnel.
Pourtant il découpe bien son récit, ses compositions d'images sont habiles, il y a de bonnes idées et de bonnes intentions. Le fait qu'il ait déjà travaillé avec Tamaki joue aussi en sa faveur car il sait traduire ses scripts. On va voir comment ça évolue, s'il tient le rythme mensuel, et espérer que, malgré ses défauts graphiques, la série ne soit pas pénalisée.
Parce que, ces réserves mises à part, c'est un début prometteur.





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