GREEN LANTERN, VOL. 3 : POWER OF WILL
(Green Lantern #13-15 + Absolute Power Task Force VII #3 +
Zero Hour 30th Anniversary Special #1)
Amanda Waller a déclenché sa guerre contre les métahumains avec ses alliés Failsafe, la Reine Brainiac et une armée d'Amazo qui ôtent aux super héros leurs pouvoirs. Hal Jordan a été capturé et il est détenu sur l'île de Gamora avec d'autres surhommes. Pendant ce temps, sur Oa, la résistance s'organise contre Thaaros qui réprime les rebelles implacablement.
A Las Vegas, inconsolable depuis le départ de Carol Ferris, Nathan Broome se voit investi des pouvoirs d'un anneau de puissance. Sur Korugar, la destruction de la batterie de son anneau jaune provoque la rage de Sinestro, résolu à se venger. Carol Ferris a, elle, été secourue par la JSA qui se réfugie dans la tour du Dr. Fate. La Justice League s'est établie sur l'île de Themyscera...
Au programme de ce tome 3, Jeremy Adams se plie à l'exercice du tie-in. Nous sommes alors en pleine publication d'Absolute Power, l'event écrit par Mark Waid et dessiné par Dan Mora et qui narre la guerre éclair lancée par Amanda Waller contre les métahumains qu'elle rend responsable des catastrophes endurées par les civils.
J'ai déjà écrit ce que je pensais de cette histoire qui, sur une idée efficace, manquait singulièrement de souffle vu son format (quatre épisodes). Mais les séries impactées ont permis d'ausculter les répercussions sur l'univers DC avec plus ou moins d'inspiration. Et il faut bien le dire : Jeremy Adams ne se montre guère motivé.
Il n'avait déjà pas fait d'étincelles en devant s'interrompre au moment de Knight Terrors, et s'il fait mieux ici, c'est sans se montrer plus passionné par le sujet. On peut le comprendre : il s'emploie à redonner de la vigueur à sa série et DC le court-circuite en lui imposant de s'aligner sur une intrigue qui ne l'intéresse pas car elle est à des lieues des préoccupations de son héros.
De fait, la capture et la détention de Hal Jordan semblent être des passages un peu forcées dans le déroulement d'Absolute Power : alors que Green Lantern doit déjouer les manoeuvres de Thaaros sur Oa, le voilà détourné de sa mission et éloigné de ses amis résistants pour être mêlé à la guerre d'Amanda Waller.
Ce n'est pas déplaisant à lire, mais à tout prendre, on préfère les moments, trop brefs hélas !, où Adams nous rappelle ce qui se passe sur Oa et combien l'absence de Hal Jordan risque de coûter cher aux autres membres du Green Lantern Corps opposés à Thaaros. Par ailleurs, ce qu'il traverse est pour le moins convenu.
Bien entendu, il s'évade vite de l'île de Gamora et rejoint la Justice League alors basée sur l'île de Themyscera où il va faire équipe avec Wally West (Barry Allen ayant perdu ses pouvoirs) pour saboter des installations de Waller. C'est l'occasion de belles scènes d'action et de camaraderie entre Flash et Green Lantern (même si Hal et Wally, ce n'est pas pareil que Hal et Barry).
Le recueil comprend aussi l'épisode 3 de Absolute Task Force VII qui permet de découvrir où est passée Carol Ferris pendant ce temps. Prise en charge par la JSA, réfugiée dans la tour du Dr. Fate, elle ne peut se résoudre à rester les bras croisés et en part pour se battre. Elle aide Dove (du duo Hawk & Dove) et retrouve Nathan Broome dans une situation pour le moins inattendue (et, à mes yeux, assez grotesque)...
En fin de volume, DC a ajouté au sommaire le numéro spécial du 30ème anniversaire de Zero Hour, un des pires events de l'éditeur. Jeremy Adams n'y participe pas, laissant l'écriture à Peter J. Tomasi et Dan Jurgens. C'est tout à fait dispensable sauf à considérer que Zero Hour est une histoire qui méritait qu'on y revienne, ce que je ne pense pas. Mais bon, ca remplit un album un peu maigre.
Les dessins sont assurés par Fernando Pasarin pour les épisodes de Green Lantern : j'ai découvert cet artiste lorsque Geoff Johns écrivait Justice Society of America en 2007-2009 et qu'il alternait les épisodes avec Dale Eaglesham et Jerry Ordway. C'est un graphiste de grande valeur, très professionnel, qui a déjà pas mal roulé sa bosse chez DC.
Sa prestation est une fois de plus irréprochable, même si son trait n'a rien perdu de sa raideur. Toutefois, Pasarin soigne les décors et est à l'aise avec n'importe quel personnage, on a le sentiment qu'il arrive sur la série comme s'il la dessinait depuis toujours, sans effort, et c'est tout de même assez remarquable.
Pour le n° d'Absolute Task Force, c'est Marco Santucci qui s'y colle et comme Pasarin, c'est un bonhomme sérieux, très compétent, techniquement très solide. Son trait est plus rond, mais s'inscrit dans ce registre réaliste classique très agréable à lire. Lui aussi est impeccable quoi qu'on lui donne à faire.
Est-ce qu'on peut se passer de ce tome ? Difficile à dire. Dans le cadre de l'intrigue propre à Green Lantern, on s'écarte du sujet, c'est indéniable. Cependant, c'est toujours risqué de zapper des épisodes quand un scénariste construit une histoire sur le long terme. Et puis on reste gâté sur le plan visuel.





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