mercredi 14 janvier 2026

DC K.O. #3 (of 5) (Scott Snyder / Javi Fernandez)


Superman, Lex Luthor, Cyborg, Wonder Woman, Aquaman, Zatanna, Guy Gardner et le Joker sont les huit quarts de finalistes du tournoi pour la désignation du Roi Oméga. Pour cette nouvelle manche, le Joker qui a accumulé le plus d'énergie Oméga peut choisir un partenaire provenant de n'importe où/quand. Les autres peuvent rappeler un concurrent déjà vaincu...
 

Je ne vais pas dire que DC K.O. est un event génial, mais il est extrêmement divertissant en tout cas. Et rien que pour ça, merci à Scott Snyder. Oubliées les Crisis avec des intrigues tortueuses, les méchants qui se font dessouder à la fin de façon prévisible, les rebondissements convenues, le sentiment qu'un (ou plusieurs) editor(s) ont corrigé la copie du scénariste...


Avec DC K.O., on revient aux basiques. Les plus vieux d'entre vous se souviendront peut-être du Tournoi des Champions publié en 1984 par Marvel, écrit par Bill Mantlo et dessiné par John Romita Jr., traduit par Lug. A cette époque, on ne parlait pas encore d'event, mais ce fut pourtant le premier à en établir les règles. Je l'ai lu alors que j'avais 11-12 ans, ce fut une claque.


Pensez : on trouvait dans une même histoire en un seul album tous les héros connus (et d'autres moins connus) en train de se mettre joyeusement sur la tronche pour le plaisir du Collectionneur et de la Mort durant cinq épisodes (tiens, comme DC K.O.). Même si l'encrage de Pablo Marcos dénaturait beaucoup le dessin de JR Jr., c'était trop cool et Mantlo était quand même un fabuleux scénariste.


Scott Snyder n'est pas mal non plus. Non, d'accord, il a tendance à en faire trop, et encore une fois, ici, il se fait plaisir en s'abandonnant à toutes les outrances. Les quatre demi-finalistes à l'issue de cet épisode n'ont rien de très surprenant, on peut le lui reprocher, mais n'empêche quel spectacle, quelle générosité dans le wtf.

Au fond, en débarrassant l'event de tous ses oripeaux, en revenant à la baston et à la surenchère des rebondissements, Snyder a l'air de dire, en premier aux editors : "arrêtez d'inventer des histoires inutilement compliquées et prétendant révolutionner l'exercice. Donnez aux lecteurs du fun, allez-y à fond, et publiez un event juste pour le show."

Et ça marche. Si les deux premiers épisodes pouvaient faire craindre une succession de bagarres toujours plus spectaculaires, à mesure que ce troisième chapitre se déploie, toujours dans la démesure si propre à l'auteur, on comprend que DC K.O. avance vers une nouvelle étape, certes imparable, mais intense et amusante à la fois.

Ainsi, pas besoin de chercher bien loin pour deviner où Snyder va nous entraîner pour le prochain volet. Le suspense ne réside pas tant dans l'identité du challenger de Darkseid (en prévenant que cet event serait centré sur Superman, le scénariste a coupé l'herbe sous le pied de tout le monde) que dans les conséquences qu'amènerait la victoire de l'homme d'acier pour lui-même et le reste du DCU.

Dark Knights : Metal avait posé les fondations de l'Omnivers (l'ensemble cosmique des multivers), Death Metal avait élévé Wonder Woman au rang de divinité (en la retirant du monde des vivants un temps). Qu'adviendra-t-il de Superman ? Et de Darkseid ? La question pour ce dernier n'est pas rhétorique quand on a lu The New Gods de Ram V (même si la suite n'arrivera pas de sitôt).

Pour ce mois-ci, Javi Fernandez a eu encore du pain sur la planche en mettant en images de affrontements complètement barrés. La seule présence du Joker assure au lecteur des surprises et le dessinateur sert à merveille les délires de Snyder pour que le clown du crime ne soit pas qu'un simple outsider face à des adversaires plus puissants a priori.

Le retour de héros tombés lors de rounds précédents ou absents du tournoi est l'occasion pour Fernandez de produire des pages où les pouvoirs de chacun sont illustrés de manière toujours puissante et originale, mais dans le respect des capacités de chacun - même si Supergirl prend quand même cher à cause d'un Luthor au sommet de son machiavélisme.

Même si la vf que proposera Urban sera certainement lesté de tie-in diluant l'énergie et la rapidité du récit, DC K.O. sera quand même un plaisir à ne pas zapper. Ce n'est certes ni fin ni subtil, mais ça ne signifie pas que la qualité est absente. Et quand Jim Lee et Scott Snyder jurent que désormais, après ça, il n'y aura des events DC que s'il y a un motif valable, on a envie d'y croire.  

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La couverture undressed de Javi Fernandez :

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