mercredi 14 janvier 2026

BLACK CAT #6 (G. Willow Wilson / Andrés Genolet)


Surprise en pleine nuit au lit (en charmante compagnie), Black Cat doit se présenter  devant un tribunal de vampires à cause du préjudice qu'elle aurait infligé au baron Razumovski. Elle obtient un délai d'une heure pour trouver un avocat. Et son défenseur sera Matt Murdock...


Selon le site Bleeding Cool, la série Black Cat serait prochainement annulée, au n°10 - c'est le nombre d'épisodes que donne Marvel pour décider du sort d'un titre désormais. Comme Rich Johnston, le rédac' chef de ce site, est souvent bien informé, il y a tout à craindre que le couperet va tomber en Mai prochain. Et ce sera bien dommage.


Depuis le début de sa parution, et alors qu'elle ne figurait pas dans ma liste de lecture, Black Cat a été une des meilleures surprises de la Maison des idées moisies qu'est devenue Marvel. Un projet fun, bien écrit, bien dessiné, qui s'est efforcé d'exister alors que son héroïne est éditorialement liée à Spider-Man dont le run actuel oblige G. Willow Wilson à des références constantes.


Et pourtant, la scénariste s'en sort mieux que bien : elle qui a réussi, chez DC, à imposer Poison Ivy comme héroïne d'une série régulière, et qui a créé Ms. Marvel avant que Marvel en fasse n'importe quoi, a trouvé un ton original pour divertir le lecteur. Mais il semble donc que, de lecteurs, il n'y en ait pas assez pour satisfaire l'éditeur de la série.


Alors évidemment on peut choisir de voir le verre à moitié plein et se dire qu'il vaut mieux un petit run d'une dizaine d'épisodes bien troussé qu'un autre qui s'enliserait et pour lequel Marvel ne consentirait pas davantage d'effort de promotion. Mais tout de même, c'est bien désolant de voir qu'une série aussi sympa ne plaît pas. Faut-il que les "Marvel zombies" aient pris l'habitude de lire de mauvaises choses pour ne pas aimer un titre pareil...

C'est d'autant plus triste que ce sixième épisode est particulièrement réussi. Ce n'est jamais facile d'écrire un comic book de super héros avec humour sans tomber dans parodie, mais Wilson réussit cela avec brio. Depuis le début, elle croque une Black Cat malicieuse qui brise le quatrième mur, qui tente de convaincre qu'elle peut être héroïque en luttant contre les préjugés à son encontre.

Cette fois, Wilson exploite le contentieux qui oppose le baron Razumovski, un vampire, à Black Cat : il lui reproche d'avoir fait capoter un deal avec deux jeunes mafieux et exige réparation. Elle obtient d'avoir un avocat et comme elle a croisé précédemment Daredevil, elle lui demande de contacter Matt Murdock.

Pas évident de représenter une voleuse qui n'a pas sa langue dans sa poche. Qui plus face à un vampire qui a soudoyé les juges et fait valoir qu'il connaît mieux comment gérer les affaires que son adversaire grâce au privilège de l'âge (c'est pas faux). Les dialogues sont flamboyants, dignes d'une screwball comedy, tous les curseurs poussés à fond dans le burlesque pur.

Wilson sait surtout que pour bien réussir cet exercice il ne faut pas que ses personnages cherchent à être drôle et c'est précisément pour cela qu'on ne peut réprimer de vifs éclats de rire à plusieurs reprises, les situations étant plus loufoques les unes que les autres tandis que les "acteurs" jouent au premier degré. La chute de l'épisode souligne l'insouciance de Black Cat et l'affliction de Murdock à merveille.

Ce bijou est cette fois dessiné par Andrés Genolet, qui a auparavant fait valoir ses qualités sur des séries She-Hulk (écrites par Rainbow Rowell). Si j'ai apprécié ce qu'a fait Gleb Melnikov jusque-là (et il revient au prochain numéro), la prestation de Genolet est remarquable. Son trait est superbement expressif et plus réaliste que celui de Melnikov.

Quoiqu'il arrive à la série, j'espère vraiment qu'on reverra aussi bien Melnikov que Genolet. Quant à Wilson, elle poursuit Poison Ivy chez DC, vous savez cet éditeur qui ose et qui, surtout, laisse du temps aux séries pour s'installer, et au lecteur de les apprécier. 

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