Lorsqu'il s'est battu avec le Lion, Batman a reconnu sa technique de combat : celle qu'enseignait Ted Grant/Wildcat à ses élèves. Il en parle à Black Canary qui évoque Leo Kingsford, avec qui elle s'est entraînée. Bruce Wayne a aussi connu Leo à qui il avait attribué une bourse d'études après l'incarcération de son père, un homme de main de la famille Falcone...
Plus cette histoire avance, plus elle est séduisante et je me rends compte que j'ai manqué de patience avec elle au départ, estimant que Tom Taylor n'avait créé un nouveau vilain, le Lion, sans grand intérêt. Or je l'avoue, je me suis trompé : non seulement le Lion est un adversaire plus profond qu'il n'y paraît mais surtout Taylor a su construire une intrigue palpitante autour de lui.
Sans trop en dire, la chute de cet épisode fait penser à celle du onzième épisode de Watchmen lorsque Ozymandias révèle à Rorschach et le Hibou, après leur avoir expliqué son plan pour forcer les grandes puissances à une paix mondiale, qu'il l'a déclenché depuis plusieurs minutes. Le Lion n'est sans doute pas aussi machiavélique et génial que le personnage d'Alan Moore, mais Taylor a compris le principe.
Quand un méchant révèle son plan, c'est souvent un moment théâtral et aujourd'hui, c'est une convention narrative qui provoque le sarcasme à la fois du héros et du lecteur car la ficelle a été usée. Sauf dans le cas précis où le méchant a déjà activé son plan plusieurs minutes avant de le révéler au héros, laissant ce dernier impuissant et sidéré.
Réussir ce genre de coup montre que le scénariste a confiance en son histoire et sa capacité à surprendre le lecteur quand celui-ci pense que tout est déjà joué. Après tout, on en est droit de penser ainsi quand on vient de lire le cinquième chapitre d'un arc narratif et que le dénouement approche. Sauf que, donc, Taylor a réussi sa manoeuvre : on est aussi stupéfait que Batman.
Ce qui permettrait à Taylor de frapper encore plus fort, ce serait d'oser faire ce que Tom King (avec qui il entretient une fausse rivalité parce que des fans les confondent parce qu'ils ont le même prénom et qu'ils écrivent des séries attachées à Batman) : que l'action du Lion coûte la vie à un proche de Batman, comme lorsque Bane a tué Alfred Pennyworth.
Faut-il y voir un présage quand on a découvert il y a quelques jours les couvertures des sollicitations de DC Comics pour Avril prochain où, pour Detective Comics, Batman est devant une pierre tombale avec à ses côtés Green Arrow et Black Canary ? En tout cas, dans cet épisode, deux membres de la Bat-famille finissent très mal en point...
Pour le reste, ce qui souligne l'efficacité du numéro, ce sont les dessins de Mikel Janin, même si il est à nouveau assisté de deux encreurs, Wayne Faucher et Norm Rapmund. L'artiste espagnol dessine, encre et colorise quelques planches sur la fin mais il est clair qu'il a besoin d'aide pour compléter l'épisode. Toutefois Faucher et Rapmund le soutiennent intelligemment (même si Rapmund, comme toujours, retouche quelques éléments, ce qui est pénible).
Janin doit illustrer des scènes exigeantes parfois, avec de la figuration importante et des cases aux dimensions généreuses (comme celle où Mr. Terrific présente son équipe de savants à Batman pour trouver un antidote au virus du Lion). Mais il s'en sort avec les honneurs, et Faucher surtout permet à son dessin de s'épanouir sans être "corrigé".
Tout cela aboutit à un épisode mais surtout un récit particulièrement haletant, très bien écrit et parfaitement mis en images.





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