GREEN LANTERN, VOL. 2 : LOVE AND WAR
(Green Lantern #7-12)
Il y a quelques mois. La disparition des Gardiens de Oa entraîne la nomination de Thaaros à la tête du Green Lantern Corps. Il prend des mesures drastiques d'entrée de jeu : mise en quarantaine du secteur 2814 (donc de la Terre), redéploiement des Green Lanterns terriens à travers l'univers (Guy Gardner est chargé d'aller arrêter Lobo par exemple). Il demande à Kilowog et Hal Jordan de l'escorter sur Korugar, le monde gouverné par Sinestro qu'il veut convaincre de rejoindre les Planètes Unies.
Mais sur place, Thaaros est la cible d'un attentat que Kilowog déjoue in extremis. Sinestro jure n'y être pour rien et accepte de se joindre aux Planètes Unies comme gage de sa bonne foi... Aujourd'hui, Hal Jordan, coincé sur Terre, reçoit la visite de Razer qui lui explique que quelqu'un manoeuvre pour détruire toutes les batteries rechargeant les anneaux des Lanterns. Il leur faut enquêter mais Hal ne peut quitter la Terre. Il sollicite l'aide de Madame Xanadu.
Celle-ci a déjà reçu, quelque semaines auparavant, la visite de Sinestro pour les mêmes raisons. C'est alors que des agents de Thaaros surgissent et arrêtent Razer. Hal s'enfuit avec le conseil de Mme Xanadu d'aller là où, pour la dernière fois sur Terre, il a senti que son anneau était au maximum de sa puissance... Cependant, Carol Ferris convainc Nathan Broome d'aller se marier à Las Vegas...
Disons-le tout net : ce deuxième tome est en deçà du premier. Du moins sur le plan graphique car, commençons par là, pour laisser à Xermanico le temps de souffler un peu, DC a choisi de le remplacer par Amancay Nahuelpan, un artiste sur lequel l'éditeur semble miser en lui ayant confié auparavant des épisodes de Justice League Dark et, après ce fill-in sur Green Lantern, une mini-série sur Hawkgirl.
Il se peut que Nahuelpan révèle un vrai potentiel s'il travaille encore et améliore sa technique, ce qui est le cas de beaucoup de dessinateurs qui ont démarré moyennement pour atteindre un excellent niveau, mais en attendant, la copie qu'il rend pique un peu les yeux. Il y a beaucoup d'erreurs, des approximations, une narration maladroite.
La comparaison est cruelle après avoir admiré les six premiers épisodes de Xermanico et les quatre derniers qu'il signe sur cet album. C'est d'autant plus dur que Nahuelpan vient prêter main forte à Xermanico sur l'épisode 11 et quand on passe des planches de l'un à l'autre, on ne peut que constater le gouffre qui les sépare.
Xermanico est, lui, en pleine possession de ses moyens. On sent qu'il s'éclate sur cette série et donne tout pour elle. Les décors sont majestueux, les personnages charismatiques, la mise en scène pleine d'énergie, le trait élégant et racé à la fois. Il jongle avec le casting, fourni, sans difficulté, réussissant à donner à chacun une identité graphique forte.
Même quand il doit composer avec des moments plus calmes, sa maîtrise saute aux yeux : c'est la marque des grands. Et puis sa complicité avec le coloriste Romulo Fajardo Jr. fait plaisir à voir : la palette employée est à la fois nuancée et intense, la découverte d'une batterie cachée dans une grotte avec une lumière resplendissante est magnifique, tout comme l'entrée en scène de Star Sapphire.
Mais, donc, si l'ensemble est inégal visuellement, Jeremy Adams confirme, lui, tout le bien qu'il inspirait sur la relance du titre. Comme prévu, l'intrigue se déploie, prend une envergure impressionnante et le rythme est palpitant. Les manigances de Thaaros se font jour, la présence de résistants sur Oa est puissamment evoquée.
Adams injecte un dynamisme de tous les instants dans son récit : il sait faire monter la sauce, puis lever le pied, juste assez pour frustrer le lecteur avant de revenir à la charge et de produire de vrais morceaux de bravoure super héroïques. Green Lantern retrouve un souffle épique et coloré qui rappelle ses grandes heures.
Bien entendu, Adams ne révolutionne rien : les Lanterns de couleurs différentes, les intrigues de palais, le conflit qui couve, la convocation de personnages déjà familiers, tout cela forme une trame qu'il n'a pas inventée. Mais il a au moins le talent pour agréger ces éléments de manière efficace et accrocheuse. Il est impossible de ne pas être pris par cette histoire qui s'accélère fréquemment.
La façon de faire de ce scénariste me fait penser à celle qu'a adopté Joshua Williamson sur Superman, qu'il conduit avec brio : dans les deux cas, on a affaire à des auteurs qui ne sont pas intimidés par la mythologie de leur série, qui embrassent le travail de leurs prédécesseurs, mais ont surtout à coeur d'avancer, re raconter leur propre histoire.
Et ce style décomplexé rend la lecture extrêmement prenante : c'est comme si, littéralement, on revenait aux basiques, ni le scénariste ni le lecteur ne sont écrasés par le héros, ses aventures. C'est un vent de fraîcheur où personne ne prétend réinventer la roue, mais juste avancer, progresser, rendre le tout agréable, divertissant, en intégrant juste ce qu'il faut de nouveauté pour qu'on n'ait pas l'impression d'avoir déjà lu ça avant.
Ce n'est pas un mince exploit quand on a la charge d'un personnage né dans les années 50, dans le cas de Hal Jordan. Pour la suite immédiate, il faudra être un peu plus indulgent et patient puisque le tome 3 est uniquement composé d'épisodes tie-in à l'event Absolute Power. Ensuite, il sera temps de replonger dans le coeur du réacteur....
*
P.S. : N'allez pas vous ruiner en lisant ces épisodes en vf chez Urban Comics. L'éditeur français a fait n'importe quoi : les six premiers n° ont été traduits dans Dawn of Green Lantern tome 1 (25 Euros !) et les six suivants (ceux de ce vol. 2 donc) plus les 12 de Green Lantern : War Journal (avec John Stewart en vedette, par Philip Kennedy Johnson et Montos) dans le tome 2 (35 E !).
Urban reprend la traduction de la série au n° 16 (!) sous le titre Green Lantern One Corps United, présenté comme un "récit complet" et rien ne dit donc que la suite est prévue. L'éditeur a considérablement réduit la voilure de ses parutions, mais la manière dont il publie Green Lantern est une honte. Mettez-vous à la v.o., vous ne le regretterez pas !







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