samedi 3 janvier 2026

GREEN LANTERN, VOLUME 1 : BACK IN ACTION ! (Jeremy Adams / Xermanico, Scott Godlewski)


GREEN LANTERN, VOL. 1 : BACK IN ACTION !
(Green Lantern #1-6 + Knight Terrors : Green Lantern #1-2)


Les Gardiens de Oa ont disparu et le conseil des Planètes Unies a pris leur place à la tête du Green Lantern Corps, via son représentant Thaaros. Ce dernier a placé le secteur 2814 et donc la Terre en quarantaine, estimant qu'il y a assez de super héros pour la protéger. Mais Hal Jordan a refusé d'obéir aux ordres et rendu son anneau. Depuis un mois, il vit dans le mobil'home que lui a laissé son frère, sur les hauteurs de Coast City.


Alors qu'un super vilain nommé Steel Fury sème la panique en ville, Hal s'interpose et réussit à contrer ses attaques en formant un nouvel anneau par la seule force de sa volonté. Toutefois, il ne peut voler au-delà de la couche atmosphérique. Pour subvenir à ses besoins, il postule pour redevenir pilote d'essai chez Ferris Aircraft où Carol lui donne sa chance pour diriger des drones. Hal la drague mais apprend qu'elle s'est fiancée à un ingénieur, Nathan Broome.


Pendant ce temps, Sinestro erre lui aussi en ville à la recherche d'un moyen de quitter la Terre. Il attaque les entrepôts de Ferris Air pour attirer l'attention de Hal qui le rencontre dans un bar. Sinestro menace de commettre d'autres attentats si Hal ne lui donne pas sa nouvelle bague...
 

En Mai prochain, cela fera 3 ans que Jeremy Adams a relancé la série Green Lantern. Depuis que Geoff Johns a cessé d'écrire les aventures de Hal Jordan en 2013, le héros a connu des hauts et des bas éditoriaux, quand bien même de bons scénaristes se sont occupés de lui (comme Robert Venditti par exemple). Mais il semble bien qu'avec Jeremy Adams, DC a trouvé l'homme de la situation.


Ce premier tome réunit les 6 premiers épisodes de la série relancée au n°1 après l'event Dark Crisis on Infinite Earths (2022) plus les deux numéros tie-in à l'event Knight Terrors. Adams plonge le lecteur immédiatement dans le feu de l'action comme l'indique le titre de l'album, tout en déstructurant sa narration afin de préserver quelques rebondissements.


Ainsi, le récit va et vient entre des moments forts au présent et d'autres survenus un mois avant. Les Gardiens de Oa ont disparu et le Green Lantern Corps est placé sous la tutelle des Planètes Unies (un reliquat du run de Brian Michael Bendis sur Superman, l'équivalent de l'O.N.U. pour les mondes extraterrestres). Thaaros prend les commandes.

Et ses premières décisions sont radicales : la Terre a assez de super héros pour se passer de Green Lanterns pour la protéger  - d'ailleurs, il y a déjà un gros contingent humain parmi les Lanterns (Hal Jordan, John Stewart, Guy Gardner, Jessica Cruz, Simon Baz, Sojourner Mullein, Keli Quintela). Donc, ils vont tous être repositionnés dans d'autres secteurs de l'univers.

Mais Hal, on l'apprendra dans le tome 2, finira par rendre son anneau et retourner sur Terre, placée en quarantaine. On découvre qu'il se créé un nouvel anneau de puissance dans des circonstances extrêmes puis retrouve un job chez Ferris Air, mais Carol Ferris a refait sa vie avec Nathan Broome (son nom est une dédicace à l'auteur John Broome, qui créa Hal Jordan dans les 50's), un ingénieur.

Et, pour rester en terrain connu, Sinestro rode dans les parages, ainsi que Kilowog (d'une certaine manière...). Adams pose ses jalons méthodiquement, sans beaucoup se presser, ce qui rend la lecture en recueil plus agréable qu'en floppy mensuel. Toutefois il gratifie le lecteur de nombreuses et fréquentes scènes d'action, avec même Flash en guest-star (Barry Allen étant un ami de longue date de Hal Jordan).

Surtout, et c'est la grande réussite de cette première histoire, on voit que Adams en garde sous le pied et voit loin. Un peu comme Johns en son temps, il consacre d'abord ses efforts à réintroduire Hal Jordan après Dark Crisis, lui réservant plusieurs surprises, mais il suggère une intrigue qui s'inscrit sur le long terme, avec les Planètes Unies sur Oa, la disparition des Gardiens, la quarantaine de la Terre...

Les team books privilégient, pour des questions de place, l'histoire aux personnages, tandis que les séries consacrées à un héros doivent être soignées avec la caractérisation. Hal Jordan n'est pas toujours le Green Lantern préféré des fans (qui favorisent John Stewart à cause du cartoon La Ligue des Justiciers ou Guy Gardner à cause de Justice League International). Adams s'efforce de le rendre sympathique.

Ainsi à plusieurs reprises, pour l'humaniser, en faire un personnage plus attachant, il le met dans des situations inconfortables pour son ego (quand il découvre les limites de son nouvel anneau, le fiancé de Carol). Le beau parleur séduisant, arrogant même, est alors obligé de composer avec ce qu'il ne peut changer et le lecteur apprécie de le voir perdre un peu de sa superbe tout en s'accrochant pour lutter dans l'adversité.

La présence de Flash dans l'épisode 4 est une pépite : la complicité entre Barry Allen et Hal Jordan est parfaitement traduite, et là encore si Barry n'est pas/plus forcément le Flash préféré des fans (à l'inverse de Wally West), ça reste le mien et j'aime voir ces deux héros se vanner mais aussi se confier l'un à l'autre. N'oublions pas que ce sont eux qui ont incarné le silver age de DC et donc révolutionné la continuité de l'éditeur.

Au dessin, Adams peut s'appuyer sur un artiste de première classe avec Xermanico, sans doute le dessinateur qu'il fallait pour que les lecteurs ne pensent plus à Ivan Reis, le partenaire de Johns. Il signe d'abord de superbes couvertures peintes, et ses planches sont magnifiques, pleines d'énergie, avec des personnages bien campés et des décors très fouillés.

Le talent de Xermanico éblouit aussi quand il met en scène des scènes comme la séance de simulation de vol avec des avions de chasse et des drones dans un décor de canyons. Le découpage de cette séquence est tellement dynamique qu'on a l'impression d'être avec Hal Jordan dans la cabine d'un jet. De même l'épisode avec Flash montre que l'artiste maîtrise aussi bien le scarlet speedster que le Green Lantern.

Xermanico peut lui-même compter sur l'aide d'un coloriste remarquable avec Romulo Fajardo Jr. dont la palette fait des merveilles pour rendre compte des effets divers représentant les forces en puissance, les paysages, la sensation de vitesse. Scott Godlewski arrive durant le dernier épisode pour aider Xermanico à boucler ses planches à l'heure sans que cela ne jure trop (bon, après c'est vrai que Godleswki est un bon cran en dessous).

Le programme serait parfait si la série, à peine lancée, n'avait pas interrompue dès le deuxième épisode par l'event Knight Terrors et deux épisodes assez ternes, bien que toujours écrits par Jeremy Adams.


Eduardo Pansica les met en images, mais ne termine pas le second, qui est complété de manière très gauche par l'encreur Jordi Terragona. Contrairement à d'autres séries impactées par cet event, l'inspiration n'est pas au rendez-vous et se contente de revenir sur des peurs bien connues de Hal Jordan, qu'il n'a guère de difficultés à surmonter.

Mais cela ne suffit néanmoins pas à gâcher le plaisir qu'on a eu à lire l'album. C'est une excellente reprise qui a été saluée par la critique et surtout plébiscité par le public, refaisant de Green Lantern un vrai hit (pas encore au niveau où l'avait menée Johns mais suffisamment pour que DC laisse le scénariste tranquille). Le Père Noël ayant été généreux pour me laisser plusieurs volumes sous le sapin, à bientôt pour de nouvelles critiques de ce run prometteur...